I. L’analyse du sujet
– Ce sujet, centré sur une seule notion du programme, le bonheur, est assez classique, et sa compréhension ne présente pas de difficulté particulière. La question de la recherche du bonheur est souvent traitée comme telle au cours de l’année. Le seul danger est donc comme toujours de se lancer sans avoir aucune connaissance de la manière dont on aborde philosophiquement cette notion, et de s’en tenir à des lieux communs sur le bonheur. Inversement il faut faire attention de ne pas plaquer sur le sujet un cours qui aurait par exemple traité la question de savoir s’il faut satisfaire tous ses désirs pour être heureux : ce n’est pas exactement le sujet.
– Le sujet porte sur la recherche du bonheur, et sur le rapport entre être heureux et rechercher le bonheur. Il faut donc commencer, au moins au brouillon par se donner une définition générale du bonheur (état de satisfaction compète et durable), et le distinguer du simple plaisir, qui provient de la satisfaction d’un désir. Éprouver du plaisir, ce n’est pas être heureux, car le plaisir se dissipe alors que le bonheur est permanent. Il faudra donc bien faire attention de ne pas confondre les deux : on peut rechercher le plaisir, et l’obtenir, sans pour autant trouver le bonheur.
– « trouver le bonheur » est une expression intéressante : on trouve en général ce qu’on cherche, mais on peut aussi chercher sans trouver, et trouver quelque chose qu’on ne cherchait pas, ou plus. Par ailleurs, cela donne une dimension assez concrète à l’idée de bonheur : le bonheur peut se trouver, c’est donc qu’il est extérieur à celui qui le cherche, comme un objet, ou un lieu. On pourra se demander si cette conception du bonheur est juste, ou si le bonheur est plutôt un état qui caractérise le sujet lui-même. Par ailleurs on peut aussi s’interroger sur les moyens de la recherche du bonheur : quand on cherche quelque chose, on peut procéder avec plus ou moins de méthode, s’il faut chercher le bonheur pour le trouver, le succès de cette recherche dépend sans doute de la méthode choisie. Par ailleurs le bonheur est ici posé comme une fin : il faudra donc mobiliser le repère du programme « moyen / fin » pour se demander s’il existe des moyens grâce auxquels on peut trouver le bonheur, et lesquels.
– La question vient interroger la pertinence de la recherche du bonheur. Or la recherche du bonheur c’est ce qui caractérise l’homme : finalement ce que l’homme fait c’est toujours en vue du bonheur qu’il le fait. Il