I. L’analyse du sujet
Ce sujet ne présente pas a priori de grandes difficultés : la question est claire, et renvoie à des notions du programme de manière assez classique puisqu’elle interroge les rapports entre le droit et la morale. En effet ce que j’ai le droit de faire, c’est d’abord, ce qui est permis par la loi, et ce qui est juste, c’est ce qui n’enfreint pas les lois, d’une part ; mais c’est aussi ce qui est moralement bon. La première approche permet donc de cerner assez rapidement le problème. Cependant il faudra faire attention de ne pas confondre ce sujet avec d’autres, qui lui sont proches, et qui sont plus habituels : il ne s’agira pas par exemple de se demander si la loi est toujours juste, ni si je peux désobéir à la loi. Il est très fréquent de se demander si ce qui est illégal peut être juste (peut-on désobéir à la loi ?) or ici on demande si ce qui est légal peut être injuste ! Le risque de substituer au sujet proposé un autre plus familier ou déjà connu peut donc se présenter, si l’on n’est pas attentif à l’intitulé précis de la question
« Ce que j’ai le droit de faire », c’est ce qui n’est pas interdit. Le droit en effet c’est ce qui est défini par la loi. Le terme droit se traduit « jus » en latin, qui est aussi la racine étymologique du terme « justice ». Les deux notions sont donc liées. Ce qui est juste, c’est ce que le droit autorise. Il faut cependant, dès l’analyse du sujet, se demander : autorisé ou interdit par qui ou par quoi ? D’où vient ce droit ? On pensera très vite à la loi politique, qui pose les obligations et les interdits pour tous les citoyens. Mais il y a aussi une série d’autres interdits, dans l’éducation par exemple, ou dans le monde du travail (réglementation propre à une entreprise). Il faudrait donc penser aux différents types d’autorité qui accordent ou non des droits. Le droit peut aussi découler de la nature. Il se confond alors simplement avec la force. C’est ce droit naturel que Rousseau décrit comme « un droit illimité à tout ce qui tente l’homme et qu’il peut atteindre ». Dans ce cas, le droit est strictement proportionné à la force et définit seul la justice qui se confond avec ce que chacun est en mesure de défendre par ses propres moyens. Les conséquences d’un tel droit ont bien été vues par Hobbes : il engendre un état de guerre de chacun contre chacun avec pour conséquence pour l’homme que sa vie « est alors solitaire, besogneuse, pénible, quasi animale et brève. »
Par ailleurs on sait qu’il y a