I. Analyse du sujet
On s’attendait un peu à un sujet sur l’Interprétation, notion qui n’était pas encore tombée directement au baccalauréat. Elle apparaît dans un énoncé sans vraiment de surprise qui oppose l’interprétation à la connaissance.
La connaissance serait du côté de la logique et de la rigueur, exacte, nécessaire, démontrée et prouvée. Alors que l’interprétation serait du côté, de la subjectivité, une sorte de "bricolage" intellectuel, à défaut de connaissance plus certaine, et en attendant de pouvoir en établir une. Connaissance rigoureuse contre connaissance "par provision", comme aurait pu dire Descartes.
II. Problématique du sujet
Il faut évidemment définir les deux termes de l’énoncé.
En latin, *interpres* désigne celui qui traduit une langue dans une autre. Par extension, l’interprète est celui qui explique, éclaircit, traduit. On en garde aujourd’hui la trace dans l’appellation de traducteur-interprète.
De façon plus générale, on interprète un signe ou une parole dont le sens n’est pas donné d’emblée, qui se présente de façon énigmatique, ambiguë, incomplète ou carrément inconnue.
L’interprétation est de ce fait largement abandonnée à la subjectivité avec toutes les déformations qu’elle peut engendrer.
Un adage italien dit ainsi "Traduttore, traditore", ce qui signifie "Un traducteur est un traître".
Toute interprétation serait déformation, et notamment à partir de la nature et des intérêts du sujet qui l’énonce.
En regard de l’interprétation, la connaissance apparaît nécessaire et certaine. Elle se présente avec les formes de l’objectivité que sont d’une part, la démonstration et d’autre part, les preuves expérimentales, ce qui met la raison de chacun en mesure de s’approprier ses résultats.
À la différence de l’interprétation subjective, la connaissance est ainsi objective et partageable.
L’expression "à défaut" joue un rôle clé dans l’énoncé car elle hiérarchise les deux éléments. L’interprétation ne serait là que pour combler le vide de la connaissance et comme en attente d’une connaissance vraiment digne de ce nom.
III. La boîte à outils : idées et connaissances utiles pour traiter le sujet
– Il convient clairement de partir des définitions et de ce qui, dans les définitions, peut opposer l’interprétation à la connaissance.
– On peut leur donner une expression philosophique par exemple à partir de la théorie de la connaissance chez Spinoza. Celui-ci montre en effet que nous formons le plus souvent des "idées inadéquates"