I. Analyse du sujet
Un sujet classique de philosophie politique sur le rapport entre le citoyen et l’État, qui renvoie au rapport ambigu que chacun entretient avec l’État, à qui l’on demande de résoudre tous nos problèmes ou difficultés, en particulier d’ordre social et économique, et à qui l’on reproche en même temps de trop intervenir dans notre vie et de réduire notre liberté individuelle.
En d’autres termes, nous attendons tout de l’État en pensant ne rien lui devoir. C’est cette attitude contradictoire que le sujet nous invite à interroger et clarifier.
La notion du programme est « L’État », dans le chapitre « La politique ». La question renvoie aussi au concept de devoir (et implicitement à celui de droit) mais aussi à l’idée de dette. Le « nous » désigne en même temps chaque individu et la communauté politique toute entière à laquelle il appartient.
L’État, c’est la structure institutionnelle de la Nation, ou communauté politique, qui organise la vie en société sur un territoire déterminé. Il apparaît lorsque le pouvoir s’institutionnalise et cesse d’être personnifié. Il permet la permanence de la souveraineté au-delà de la diversité des individus qui exercent le pouvoir ou des régimes politiques successifs (monarchie, démocratie parlementaire, etc...). Il suppose par là même l’existence de la chose publique (res publica, en latin), c’est-à-dire d’un espace public, commun à tous.
La notion de devoir est inséparable ici de celle de droit, dans la mesure où tout État par ses institutions organise un État de droit, c’est-à-dire un système de lois réglant les relations entre les membres d’une même communauté et fixant ainsi des droits et des devoirs à chaque citoyen. Tout droit définit un espace de liberté qui renvoie nécessairement à un ensemble d’obligations. Au-delà de ce sens juridique, il fallait se demander si n’avions pas aussi une obligation morale envers l’État, et s’interroger plus largement sur l’idée de dette (Serions-nous redevables financièrement, politiquement, moralement, ou même existentiellement envers l’État ?).
II. La problématique du sujet
Tout approfondissement du problème suppose implicitement une certaine conception de L’État. Il faut peut-être se déprendre d’une vision caricaturale de l’État comme un pouvoir surpuissant et tentaculaire qui nous imposerait de multiples contraintes et limiterait voire supprimerait notre liberté individuelle. Si l’État est le représentant de l’intérêt général et si sa finalité est l’organisat