philosophie • dissertation

Vouloir retourner à une vie naturelle a-t-il un sens pour l’homme ?

Publié le : • Proposé par : D. Moulinier (professeur)

Ce corrigé, originellement sur le site apprendre-la-philosophie.blogspot.fr, a été importé comme une archive au format PDF à télécharger.

# Vouloir retourner à une vie naturelle a-t-il un sens pour l’Homme ?

6-7 minutes

## Introduction

On parle souvent d’un « retour » à la nature, comme si l’on s’était éloigné de la nature, comme si l’on présupposait que la nature a été « perdue » ou souillée avec la civilisation moderne. Mais vouloir retourner à une vie naturelle peut-il avoir un sens pour l’Homme ?

Par « vie naturelle » on entend d’abord vivre « dans » la nature. La Nature, c’est l’ensemble des choses qui existent indépendamment de l’homme ; mais l’on parle aussi d’une « nature des choses », en signifiant par là ce qui les caractérise essentiellement. De sorte que « vie naturelle » peut aussi s’entendre de deux manières : d’abord cela évoque la vie « sauvage » ou la vie « dans » la nature, mais aussi cela signifie une vie plus essentielle, plus pure, plus simple, peut-être plus libre... De la même manière, il ne faut peut-être pas prendre le verbe « retourner » au pied de la lettre ; au figuré, on « revient » à quelque chose lorsque l’on s’y intéresse à nouveau, lorsque cette chose redevient une valeur ou un bien, bref lorsque nous décidons de lui redonner un sens.

Le problème est donc se savoir si la nature peut à nouveau servir de référence, si elle a une valeur suffisante dans l’existence de l’homme civilisée. Celui-ci peut-il continuer à ignorer la nature, c’est-à-dire son environnement, et prétendre la dominer ? Inversement, est-il bien raisonnable de prétendre « revenir » à un « état de nature » qui n’a peut-être jamais existé pour l’homme, en tant qu’être essentiellement culturel ?

Cependant, après avoir éliminé les solutions de facilité, il restera à montrer que le « retour à la vie naturelle », loin d’être une utopie négative, prend aujourd’hui la forme d’une préoccupation très sérieuse : rien moins qu’un « retour » au respect de la nature et de l’homme.

# plan du developpement

I – L’homme peut-il continuer à détruire la nature extérieure et à bafouer la nature qui est en lui ? La civilisation a-t-elle corrompu l’homme ?

1) Dès le 18e siècle, la méfiance envers l’idéologie du "progrès" s’est manifestée. Rousseau, par exemple, regrette que le progrès technique et matériel rime trop souvent avec "progrès des inégalités". Le développement technique accroît inutilement nos besoins et nous fait perdre le goût pour les choses simples et naturelles. Il ne cesse de rappeler que l’homme dispose d’un trésor de qualités (bonté, conscience, intelligence) placé en lui par la nature, qu

Téléchargez le document au format PDF
Obtenez un accès immédiat à tous les contenus premium