Amorce
On peut partir de Frankenstein pour aboutir aux risques des machines. Ou parler du luddisme, avec protestation contre les machines, qui prennent le travail des hommes.
Poser le problème du sujet
On peut poser le problème du rapport entre l’homme à la machine : doit-il la craindre ou en faire son alliée ?
Problématique
Différence entre la question de l’utilisation et la question de la machine en elle-même.
I. La machine, produit de l’homme, créatrice de progrès
a) Définition machine/outil
L’outil n’utilise que la force musculaire, alors que la machine est un assemblage de pièces destiné à produire une fin grâce à une énergie autre que humaine.
C’est le résultat d’un progrès technique, c’est la conséquence des connaissances humaines, résultat du développement du savoir. La machine possède une indépendance à l’homme, c’est pour cette autonomie qu’on peut craindre la machine.
Le décalage dont peut provenir le danger potentiel de la machine est le décalage entre la machine, produit de l’homme, et la machine, qui devient indépendante de l’homme. Étymologiquement, machine vient du grec ancien "makhana", qui désigne un "outil, machine, dispositif", mais aussi une "ruse, une ingéniosité". La machine serait alors une ruse de la nature, qui peut se retourner contre l’homme. Dans le champ sémantique du mot machine, on retrouve de même la machination, et donc le danger.
b) L’homme créateur de la machine
L’homme crée la machine, la règle et l’alimente. Il peut la faire fonctionner et l’arrêter, c’est lui qui en définit la fonction. On utilise la machine car l’homme n’est pas capable de faire de faire ce qu’elle fait l’homme ne fait pas aussi bien, n’est pas très précis. La machine est le signe de l’intelligence de l’homme et aussi de la spécificité de l’homme par rapport à la nature. Machine est conséquence de connaissances, mais permet aussi de nouvelles connaissances. Par exemple, le microscope a permis de connaître les microbes.
c) Le but de la machine
La machine peut de même amener le progrès technique. Grâce aux machines, on produit plus en moins de temps donc on peut faire plus d’investissements dans d’autres choses, et avoir ainsi une rendement plus important. Selon Bergson, la caractéristique de l’homme est d’être capable de fabriquer des machines qui le rende indépendant (pas entièrement) de la nature (machines agricoles, médicales…).
La machine est une donc application technique de la connaissance de l’homme, qui lui permet à l’homme de progresser, de s’affranchir à l’égard de la nature. L’humanité est elle la qualité qui fait que l’homme est homme. L’homme ne devient homme qu’en se distinguant de la nature et en la maîtrisant, grâce aux machines.
II. La machine destructrice
Mais l’homme est un créateur imparfait car il n’a pas la connaissance absolue, donc les choses qu’il crée risquent d’être imparfaites, d’où la possibilité de craindre les machines.
a) Les nouvelles machines et la cybernétique
Mais une machine ne sert pas toujours à ce pourquoi elle a été créée, on peut donc détourner les machines à des buts négatifs au lieu de buts positifs. On assiste depuis la 2e guerre mondiale à un perfectionnement des machines. Avec la révolution cybernétique, il y a eu l’ invention d’un certain nombre de machines qui sont capables de corriger elles-mêmes leurs propres erreurs. Les machines sont donc de plus en plus capables de faire des choses de plus en plus compliquées avec un besoin de moins en moins important de l’homme. Mais les machines ne sont pas encore capables de se reproduire entre elles.
Les machines travaillent ensemble, elles sont connectées entre elles par des réseaux. Cela constitue un nouveau danger car à l’intérieur d’un réseau, il peut y avoir des problèmes compliqués à arrêter, comme la propagation d’un virus, des catastrophes en chaîne dans les usines, etc.. Face au réseau, l’homme est plus en danger que face à une seule machine.
b) Les risques de la déshumanisation
La place des machines implique de même la déshumanisation car la communication des hommes entre eux (face à face) diminue. C’est de plus en plus à l’homme de s’adapter à la machine alors qu’avant c’était le contraire (ex : le travail à la chaîne)
c) Les dangers du dérèglement et des conséquences
Elles sont capables de se dérégler car elles ne sont pas parfaites malgré toutes les mesures préventives. Le risque zéro, la sécurité absolue ne sont jamais possibles. De même sans parler d’accident imprévus, les conséquences de l’utilisation des machines sont parfois irréversibles, comme la pollution produite qu’il est de plus en plus difficile à maîtriser.
Il faudrait donc perfectionner les types de sécurité pour éviter les problèmes. Mais ce n’est pas possible car il est difficile de penser à tous ces types de dérèglement : des machines plus perfectionnées impliquent des dérèglements plus perfectionnés. De plus, il faut que les procédures de sécurité de la machine soient actionnées par l’homme.
III. L’utilisation (des machines), danger ultime
La question se pose alors sur l’utilisation de la machine.
a) L’homme pour le meilleur et pour le pire
Dans l’exemple de la centrale Tchernobyl, malgré les mesures de sécurités très importantes et le risque presque nul d’accident, un accident s’est produit, non pas tant à la machine elle-même qu’à l’utilisation qu’en fait l’homme. Dans l’exemple la voiture, c’est peut être la meilleure des inventions pour le transport, mais peut être la pire si on regarde les accidents et morts causés. Si la machine devient mauvaise, c’est qu’elle est mal utilisée par l’homme. Dans le mythe de Prométhée (Protagoras, Platon, 320d-322b) il est donné aux hommes la technique (art du feu) mais pas la prudence, pas les règles de la juste utilisation de la machine (science politique).
Une machine est un objet. Or un objet ne possède pas de signification indépendante en dehors de celle que lui donne l’homme. Mais un objet diffère d’un sujet (être humain). Un objet n’existe que par l’intermédiaire que va en faire l’homme, alors que le sujet existe par lui-même. En Chine, les garçons sont préférés aux filles, donc lors d’une échographie si une fille est détectée il y a la possibilité d’IVG : le fœtus n’est pas alors pas considéré comme sujet mais comme objet. On pourrait à l’inverse considérer des machines comme sujets - dès lors pourrait-on prioriser la survie d’une machine à un humain ?
b) La question du possible
La technique décide de ce qui est possible mais elle ne définit pas ce qui est souhaitable (cela relève de la science politique). Le passage du possible au souhaitable doit être décidé par l’homme, le législateur qui doit autoriser ou pas l’utilisation d’un certain nombre de machines. C’est donc l’homme qui est responsable de l’utilisation dangereuse des machines.
Les machines augmentent dans des proportions incontrôlables la puissance de l’homme. Celui qui hésiterait à égorger son prochain à main nue (parce qu’il y a chez l’homme, comme chez tous les animaux, des processus d’inhibition de l’agressivité), pourrait tirer un coup de revolver ou ou prendre la décision de lancer une bombe atomique, parce qu’ici on n’éprouve pas immédiatement l’effet de la décision. Il suffit, grâce à un instrument technique, d’appuyer sur un bouton pour déterminer un carnage.
Conclusion
Les machines ont été créées pour aider l’homme à s’affranchir de la nature, et ainsi améliorer ses conditions de vie. Mais dans l’évolution de la société, on se rend bien compte que l’on ne peut plus se passer de certaines technologies. L’homme se retrouve donc coincé par les machines dont il doit accepter la présence.
La machine qui rend possible des tas de choses peut alors devenir un danger, par son pouvoir de destruction, par le détournement qui peut en être fait, mais c’est alors un danger qui provient de l’homme lui-même plutôt que de la machine même.