Mon existence est-elle la première chose dont je sois assuré ?

Je suis en terminale S et j'ai eu 14 pour cette dissertation complètement rédigée.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: angele4 (élève) •

Existence et être sont des termes apparemment équivalents. Mais cette équivalence est trompeuse, car l'être peut se dire de 2 façons. Dire d'une chose qu'elle est, c'est poser son existence; dire ce qu'elle est, c'est définir son essence. L'existence, par conséquent, renvoie à l'être, non en tant qu'essence, mais à l'être en tant qu'il s'oppose au néant. Si l'existence ne résulte d'aucune nécessité, si l'espoir d'en fonder l'intelligibilité en un être logiquement nécessaire est ruiné, elle est pure contingence. La tâche de la penser ne disparaît pas pour autant, bien au contraire. Contre ce qu'il considère comme les excès de la pensée spéculative, et notamment contre Hegel, le philosophe danois Kierkegaart réaffirme que l'existence doit-être, au contraire, le point de départ et le but de toute pensé. Plus encore que de l'existence, c'est alors de lui-même comme existant que le penseur doit prendre conscience. C'est en effet à partir de l'existant, c'est à dire de l'homme comme étant cet être capable de s'ouvrir à l'expérience originelle du simple fait d'être là, que l'existence peut prendre un sens. C'est pourquoi l'existence est d'emblée non pas l'objet d'une définition, mais d'une interrogation: être ou ne pas être? ou encore: pourquoi existons nous? La question de l'existence émerge du néant et de la mort mais essentiellement de la conscience.

Par la découverte du cogito, Descartes a montré que la démarche de celui qui recherche une connaissance certaine doit partir de la conscience de soi comme d'un fait premier absolument hors de doute. Mais on distingue deux sortes de conscience psychologique: la conscience spontanée et la conscience réfléchie.
La première est celle qui accompagne toutes les pensées et tous les actes d'une personne et par laquelle ces pensées et ces actes sont simplement éprouvés,vécus par cette personne. La seconde est celle dans laquelle une personne se saisit elle-même comme conscience, c à d est consciente d'être consciente. La conscience est alors essentiellement cette présence à soi d'une pensée qui réfléchit, donc se penche sur ce qu'elle éprouve spontanément et l'examine. Le philosophe Alain analyse ainsi cette démarche: "celui qui agit avec vitesse et sûreté ne se pose pas de question; il n'en a pas le temps. Il manque aussi de cet examen contemplatif qui fait qu'on dit: "je sais que je sais; je sais que je désire; je sais que je veux". Pour prendre conscience, il faut se diviser soi-même". Un tel point de vue s'inscrit donc dans la problématique de Descartes, qui a donné à la conscience de soi une place proprement fondamentale dans la philosophie.

Le projet de Descartes n'est pas de proposer une description de la conscience psychologique: il est de parvenir à la vérité, du moins à une vérité dont la certitude soit indubitable. Mais cette recherche philosophique le conduit à donner une proposition centrale à la conscience de soi. Pour parvenir à une certitude fondamentale, Descartes décide en effet de se débarrasser "une bonne fois" de tous les préjugés reçus depuis son enfance: "je pensais qu'il fallait que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s'il ne me resterait point, après cela, quelque chose en ma créance, qui fût entièrement indubitable".
Ce doute de Descartes est volontaire, systématique et radical. Il porte surtout ce dont il est possible de douter et rien n'échappe à un tel doute, sauf le doute lui-même: "je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, je fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité: je pense, donc je suis était ferme et si assuré que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capable de l'ébranler, je jugeais que je pouvais la recevoir sans scrupules pour le premier principe de la philosophie que je cherchais". C'est pourquoi la conscience de soi, au terme du doute, est la saisie d'elle-même pas la pensée dans une intuition si évidente qu'il est tous à fait impossible
de douter de sa vérité. De plus, je sais que j'existe et il ne m'est pas possible de croire le contraire sans me contredire. Car si je n'existait pas, je ne pourrais justement pas croire le contraire. La conscience ne peut faire l'objet d'aucun doute. Ce qui ne fait pas de doute non plus, c'est que je suis bien conscient de ce dont je suis conscient. De ma propre existence, j'en suis aussi certain que de ce qui m'apparaît.

Je peux douter de l'existence de tout, sauf de celle de moi-même, qui suis en train de douter. En plus, ce dont je doute n'existe peut être pas, mais j'en suis conscient. De là, l'idée que tout l'univers intérieur de ma conscience, c à d ce que je pense, imagine, comprends, perçois, est un domaine de connaissances absolument certaines, dont peuvent être déduites, également avec certitudes, d'autres connaissances. Si l'on considère que notre existence n'est pas la 1ere chose dont on est assuré, l'enjeu est alors de trouver une chose dont on pourrait être assuré ans être assuré de notre propre existence.