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Existe-t-il pour l'homme des questions sans réponse ?

Entièrement rédigée par moi-même. Note obtenue : 12.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: Luvadea (élève) •

Pour Socrate, le philosophie est fille de l'étonnement. En effet, c'est en s'étonnant sur l'origine des phénomènes et en cherchant à les comprendre que l'homme a vu se dessiner la possibilité d'expliquer le réel, et par extension, d'atteindre la Vérité. C'est ainsi que nombre de savants se sont engagés dans cette démarche pour découvrir ce qui est, comme Galilée remettant en question le géocentrisme. Il s'agit alors de traduire les résultats des recherches grâce aux outils innés et acquis de l'homme, dans un langage propre à l'homme : la science. Vue dans son sens large comme l'ensemble des savoirs, elle est ainsi le domaine qui, rassemblant les connaissances acquises depuis l'aube de l'humanité, s'efforce sans cesse de comprendre le monde et de le rendre intelligible à l'esprit humain, dans sa poursuite de la Vérité. Cependant, l'homme peut-il réellement pouvoir prétendre réaliser un tel objectif ? Peut-il tout connaître et ainsi atteindre la Vérité ? En soulevant ce problème, on peut se demander alors premièrement quels sont les outils de l'homme pour connaître qui, comme on le verra deuxièmement, ne sont pas tout-puissants pour élucider à eux-seuls les questions sur le réel. Au contraire, ils se révèlent comme les moyens de préciser ces questions sur le réel et ainsi de poser les bonnes questions.

I Si en l'homme réside une soif de connaître, il faut alors se demander si l'homme dispose des moyens pour l'étancher.

1) Le sujet nous mène donc tout d'abord à nous interroger sur la capacité de l'homme à comprendre le monde réel dans son intégralité. L'homme se présente en effet comme la seule créature terrestre ayant pu réaliser sa propre existence et celle du monde, et ce à partir du moment où il a commencé à raisonner à partir de ses sens. Il a alors compris qu'il n'était pas la nature, comme l'animal, mais dans la nature, ce qui l'a amené à se poser des questions sur ce monde autre que lui-même. Le problème alors posé est de savoir si parce que l'homme peut acquérir la connaissance de lui-même par son habilité à raisonner dans un monde qui est sensible, s'il peut aussi raisonner de manière à acquérir la connaissance absolue ? Sa condition et ses moyens humains, raison et sens, peuvent-ils l'amener à trouver les réponses aux questions qu'il se pose sur le monde réel ? Il faudrait ainsi définir ces moyens dont l'homme dispose.

2) Si les sens sont le propre de toutes créatures vivantes à travers leur enveloppe charnelle, la raison se réduit exclusivement à l'esprit humain et se fait pièce maîtresse de sa capacité à prendre conscience et à comprendre, et de sa différence ; mais surtout, elle est l'outil essentiel pour l'homme qui lui permet d'atteindre la Vérité. Les rationalistes du XVIII° siècle voyaient en effet en elle, le pouvoir ultime et unique capable de discerner le vrai ; cette conception a bien sûr été plus tard relativisée avec l'intérêt que portait l'expérience des sciences. Elle demeure ainsi la capacité de réflexion et de compréhension quant à interpréter les sens, et tenter ainsi de connaître le réel : elle synthétise sens et connaissances pour en produire de nouvelles. C'est effectivement en dégageant trois questions essentielles, établies par Kant, que la raison rend compte des problèmes qu'elle est en mesure de résoudre : que puis-je connaître ? que dois-je faire ? qu'ai-je à espérer ? À la première question qui nous intéresse directement, Kant répond : les phénomènes. Cela signifierait-il que l'homme ne peut réussir qu'à résoudre ce qui est d'ordre matériel ? Kant exclut effectivement la métaphysique des choses qui, selon lui, ne résout rien du fait de la méthode de fonctionnement de la raison.

Transition : Si la raison se révèle alors incapable de résoudre des problèmes d'ordre métaphysique, cela signifie-t-il que l'homme ne puisse pas tout connaître ?

II Il convient ainsi de contester le pouvoir de la raison : elle n'est qu'humaine et le demeure.

1) Le premier problème de la raison provient de sa méthode, notamment pour ce qui est de la résolution de problème par la métaphysique, donc en dépassant le réel qui est. En effet, dans une telle situation, la raison ne peut plus se fonder sur l'expérience, fondement du réel, pour synthétiser et connaître, mais sur les principes que lui accorde le bon sens. Kant dénonce justement la pertinence de ces principes qui, parce qu'ils ne reposent justement pas sur le réel connaissable, portent des vérités contestables, car non démontrées par la raison. La raison ne peut donc explique ce qui est au dessus d'elle, parce qu'elle est soumise à la condition humaine et que celle-ci ne peut s'élever au niveau de la métaphysique, qui relève de la croyance. Les questions ainsi résolues ne le demeurent que partiellement et superficiellement.

2) De ce problème découle le second : de la raison limitée par l'espace et le temps, découle les limites de la condition humaine. L'homme est en effet en quelque sorte condamné par sa subjectivité. Il est sans cesse obligé de faire un choix, même s'il est celui de ne pas choisir, parce qu'il est humain, comme le précise Sartre. Il ne pourra jamais voir le Vrai dans son intégralité car sa condition de mortel fait obstacle à sa capacité de connaître d'une part ; mais surtout, sa raison pose des questions insolubles. La science se contente en effet de proposer une représentation du réel, parce qu'elle est faite par des hommes et leur subjectivité. Il semble difficile dans ces conditions de percevoir la Vérité à travers des énonciations toujours réfutables et relatives.

Transition : Si l'homme sait que ses connaissances sont incertaines, comment peut-il espérer savoir la Vérité ?

III La raison permet avant tout de poser les bonnes questions avant de prétendre pouvoir les résoudre.

1) En effet, si la science ne peut jamais établir de solution unique à un problème, c'est en critiquant le procédé de construction de cette solution hypothétique à un problème que l'on en vient à mieux connaître le problème posé. Les faiblesses, toujours existantes, d'une solution proposée, amènent à soulever de nouvelles questions sur les moyens de résoudre le problème, et donc d'atteindre un peu plus le Vrai. C'est ainsi que Popper souligne l'intérêt des erreurs, qui au final, nous permettent d'apprendre.

2) Finalement, c'est en ce sens qu'en tentant de résoudre des problèmes par des raisonnements toujours réfutables parce qu'humains, que l'homme vient à se poser dans cesse de nouvelles questions. C'est ce tâtonnement qui le fait progresser vers le Vrai. Plus l'homme connaît ou tente de connaître, plus il se pose de nouvelles questions qui demeurent sans réponse, jusqu'à ce que de plus pertinentes en soient révélées au détriment des précédentes, car plus susceptibles de se rapprocher du Vrai. L'homme ne peut pas tout connaître, il ne peut qu'essayer de se rapprocher de la Vérité, par l'effort critique et sa raison.

Conclusion

À la question de savoir si l'homme peut tout savoir et répondre à toutes ses questions existentielles ou autres, il a été question de s'interroger sur la capacité de l'homme à savoir. On a vu que l'homme pouvait connaître grâce à sa raison, mais qu'il demeurait cependant humain et ne pouvait s'élever au-delà de ce qui constitue son cadre d'humain. La métaphysique, qui ne résout rien scientifiquement, reste un choix de valeurs à des questions nécessaires. Pourtant, c'est en tentant de savoir, au risque de se tromper, que l'homme progresse. S'il ne peut pas atteindre la Vérité absolue, il peut essayer de modestement de s'en rapprocher en apprenant de ses erreurs. Il reste un être de liberté : libre à lui de déterminer les valeurs qui donneront sens à sa vie.