Croire, est-ce renoncer à savoir ?

Correction sous forme de plan donné en classe par le professeur, puis complété.

Dernière mise à jour : 02/02/2022 • Proposé par: claire (élève)

I. La croyance est un obstacle au savoir

a) Croire s'oppose au savoir

La croyance est l'adhésion immédiate à une idée, à un être, à ce qu'on entend, voit, sent,… Elle s'opère sans distance critique ou vérification. Savoir au contraire c'est la possession de connaissances solides, c’est-à-dire rationnelle, objectives. Les savoirs sont fondés sur la preuve, c'est-à-dire la démonstration ou l'expérimentation. Croire est donc l'opposé de savoir puisque l'un suppose le recul et la vérification des faits quand l'autre se passe de tout questionnement. Bachelard dans L'Esprit scientifique oppose ainsi l'opinion à la science: "La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion.", en dénonçant plus loin dans l'opinion "L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances.". Croire c'est dès lors ne pas penser, alors que la science se fonde sur la réflexion.

b) Croire éloigne du savoir

Par exemple, dans une affaire criminelle, si l'"on croit" qu'un suspect est le coupable, on ne démontre qu'une intime conviction, une impression. Mais cela est source d'erreur évidemment, car on fait alors preuve de passivité, et on accepte tel quel une illusion. Si au contraire "on sait" qu'une personne est le coupable, alors cela veut dire qu'on fonde notre jugement sur des connaissances solides, qu'un tiers en observant les mêmes faits pourra de même le valider. C'est d'ailleurs une autre différence entre croire et savoir: on croit pour soi-même, et l'on ne peut pas partager, sinon que facticement l'intime conviction, alors que le savoir se partage, se discute, s'affronte avec les hypothèses d'autrui. Croire c'est se reposer sur une probabilité. Croire en la culpabilité d'un individu, c'est finalement ne pas savoir s'il est coupable ou pas, et s'arrêter à l'intime conviction qu'on a de sa culpabilité. Croire représente ainsi le danger de prendre son opinion pour une vérité sans chercher à savoir.

II. Le rejet de toute croyance est un obstacle au savoir

a) Le savoir implique un esprit d'examen

On peut reprendre la définition de l'esprit critique par Alain dans Propos sur les pouvoirs: "Penser, c'est dire non.[...] Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu'il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien". Il faut savoir confronter sa pensée à elle-même, sinon on exerce plu

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