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Naît-on libre ou le devient-on ?

Dissertation entièrement rédigée en trois parties :
I. L'homme n'est vraiment libre à la naissance par les contraintes physiques
II. Mais l'homme est libre à la naissance par la loi
III. Surtout nous naissons avec la possibilité de devenir libre

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: remif (élève) •

D'après Jean-Jacques Rousseau, "l'homme est né libre, et partout il est dans les fers". L'homme posséderait donc une liberté de principe ou naturelle dès la naissance et qui s'atténuerait après a cause de contraintes dues à la société et aux événements imprévus.
Mais on pourrait se demander si l'homme est vraiment libre à la naissance. D'une part, les hommes naissent tributaires et dépendants, soumis à la nature, à des règles et des conventions de sa société. D'un autre coté, on peut dire que l'homme nait libre parce qu'il possède déjà des dispositions (potentialité, qu’il faudra développer) dès la naissance, comme la capacité de penser, de rêver, de désirer. Enfin dans une troisième partie, nous nous demanderons si, à défaut de naître totalement libre, nous ne cherchons pas à le devenir.

I. L'homme n'est vraiment libre à la naissance

L’homme ne nait pas totalement libre car il dépend de ses besoins vitaux : un homme est forcement obligé de manger et de boire ainsi que de se reproduire pour survivre et proliférer l’espèce. Le petit homme est donc soumis aux lois de la nature. Ces besoins naturels entravent aussi la liberté des adultes mais ils sont d’autant plus contraignants pour le nouveau-né parce qu’ils le rendent totalement dépendant d’un individu plus âgé. Par exemple, un nouveau-né est obligé de se faire changer, soigner, ou nourrir par un autre individu.

De plus, l’homme dépend des contraintes qui lui sont propres : il n’a pas choisi son sexe, son aspect physique ou s’il possède un handicap particulier. On peut comprendre que ses choix de vie seront effectués en fonction de ces données. Par exemple un handicapé moteur ne pourra pas faire un cross dans les mêmes conditions qu’un enfant valide. Notons qu’il est reste libre de chercher des solutions pour surpasser ces difficultés.
Enfin, L’homme nait dans une société qu’il n’a pas choisie. Il est soumis à des règles, des conventions, des lois, dès sa naissance et cette société influe sur l’aspect de cette individu, sont comportement, sa façon de penser, et même sa manière d’être. En particulier, l’enfant n’a pas le choix de ses parents qui seront ses instructeurs, ses modèles, Il ne choisit donc pas sa propre éducation. Dans un autre ordre d’idées, un homme naissant dans un peuple indigène, ou sous développé, tel que Tarzan va naturellement se comporter différemment d’un Parisien. De même, il y a 100 ans tout les enfants en France devaient être baptisés dans la première semaine, ce qui montre bien les règles et l’obligation, donc le non choix de leur religion. De plus, il y a des conventions incrustées dans les traditions dès le plus jeune âge qui montrent que la liberté n’est pas totalement offerte dès la naissance. Par exemple, en Espagne on perce les oreilles des petites filles dans les premières semaines. Enfin, le choix du prénom est aussi une forme contraire à la liberté, puisque le prénom que l’on va porter toute notre vie n’est pas choisi pas nous mais décidé par nos parents.

Pour conclure cette première partie, nous pouvons voir que le moment de la naissance n’est pas marqué par la liberté mais bien plus par le nécessité et la contingence. En effet l’homme ne choisit pas ses parents, sa famille, il est obligé de se restreindre à des besoins vitaux, il est également souvent obligé de se limiter à des coutumes traditionnelles nationales ou communales (baptême, l’exemple des petites filles en Espagne). En tout cela dès la naissance, il est à l’état initial de dépendance à l’égard autrui. A ce stade, nous pouvons dire que l’homme ne nait pas libre.

II. Mais l'homme est libre à la naissance par la loi

Mais d’autre part, on peut dire que l’on nait libre, car, d’après la loi, nous naissons tous égaux en droit, d’après la déclaration des droit de l’homme créée après la révolution. Elle expose un ensemble de droits naturels individuels et collectifs qui s’appliquent à tous les français et qui montrent une contradiction avec ce que l’on peut constater dans la première partie. L’homme dépendant d’autrui serait donc égal en droit à tous les autres hommes. Dans cette déclaration, on y retrouve le droit de liberté de penser, de sureté, mais aussi la résistance à l’oppression ou encore le droit de propriété (de posséder). Certaines lois de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, sont consacrées à la liberté, par exemple l’article premier « les hommes naissent et demeurent libre et égaux en droits », ou encore les articles 7, 8, 9 qui précisent les caractéristiques de la liberté individuelle : présomption d’innocence, non rétroactivité de la loi et enfin les articles 10 et 11 qui concernent la liberté d’opinion, de presse, de conscience. Donc d’un point de vue juridique l’homme nait libre.

Ensuite, nous naissons tous avec la capacité de penser, de réfléchir, d’imaginer, de s’évader intellectuellement, mais aussi de bouger et de découvrir (une liberté d’action et de déplacement). Mais aussi d’avoir un avis, des goûts (gustative ou physique). Toutes ces caractéristiques font que l’homme a une liberté physique et intellectuelle. Par exemple un homme dans une prison peut être plus libre qu’un homme à l’extérieur car il peut voyager intellectuellement.

Enfin, l’homme nait avec un pouvoir à prétendre un jour gouverner sa vie, avoir une liberté, une autonomie. Comparons l’animal à l’humain. Comme l’animal, l’homme doit manger et se reproduire, mais il ne mange et ne se reproduit pas comme l’animal, l’homme n’accepte de satisfaire ses besoins physiques que si certaines conditions d’un point de vue moral, voir esthétiques (apparence de l’individu) sont remplie. L’animal lui se nourrira et aura des pulsions car la nature l’y oblige. Par cette comparaison nous pouvons constater que l’homme en grandissant a une liberté de choix que l’animal ne possède pas.

III. Et surtout nous naissons avec la possibilité de devenir libre

Donc, nous pouvons dire que nous ne naissons pas libres de fait, mais nous naissons homme, et donc libre en droit, en pensée. De plus, en principe, nous naissons tous avec la possibilité de devenir libre. Ainsi, plus l’enfant grandit, plus il devient autonome et moins il dépend d’un autre individu ce qui montre bien une augmentation de la liberté au fil du temps. C’est ce qu’illustre la légende de Tarzan, que nous avons déjà citée : L’homme élevé par des gorilles au début de sa vie, dépend de cette famille d’adoption mais par la suite il va choisir de retrouver la vie humaine.

D’autre part, nous pouvons donc dire que l’homme devient de plus en plus libre, car il possède dès le plus jeune âge une liberté de choix et d’actions, qu’il ne possède pas au début de sa vie. Ces libertés se retrouvent au niveau des lois , par exemple le permis de conduire, le droit de vote, le droit d’acheter de l’alcool, de sortir en boîte… Mais ces libertés ne sont pas qu’au niveau juridique (c’est le droit de faire tout ce qui n’est pas défendu par la loi, elle peut se prononcer comme liberté d’expression, ou d’opinion) Un homme qui grandit possède plus de capacité physique, par le développement de son corps et aura, par exemple, moins de mal à porter une charge lourde qu’un enfant, si il le désire. De plus, l’homme acquière une plus grande liberté de raisonnement par le développement de ses capacités mentales et ses connaissances, grâce à l’enseignement scolaire (lycée, collège, étude supérieur…) et l’expérience acquise dans sa vie quotidienne. D’après Emmanuel Kant « L’homme ne peut devenir homme que par son éducation ». Par exemple reprenons la comparaison animal, homme : un animal dès qu’il possède un peu de force commence à faire sa vie seul et n’a presque pas besoin de ses parents contrairement à l’humain qui lui, doit s’aider, se faire guider sur une beaucoup plus longue période par un ainé. Ces deux critères en grandissant font réfléchir un individu ce qui pourra le rendre meilleur, car il possédera une meilleur capacité de réflexion qui peut être considérée comme une forme de liberté.

Conclusion

Pour conclure, l’homme nait avec une certaine liberté juridique, une liberté de pensée, d’action, ainsi qu’une liberté à contrôler ses pulsions naturelles que l’animal ne possède pas. Mais le nouveau-né, n’est pas libre dans bien des domaines, il dépend d’autrui pour survivre, il ne possède pas le choix ses parents, donc de son éducation, ni enfin la liberté de choisir la société dans laquelle il vit. Ainsi donc, l’homme n’a pas beaucoup de libertés à la naissance mais il va chercher à le devenir. Nous pouvons donc nous demander si l’homme en grandissant peut atteindre une totale liberté ?