Shakespeare, Macbeth - acte II, scène 1

Analyse d'un élève qui a reçu 16/20. Commentaire du professeur "bon devoir, même si certains éléments ont été négligés comme l’opposition MacBeth/Duncan ou encore le rôle de la nature".

Dernière mise à jour : 15/09/2021 • Proposé par: zetud (élève) •

Texte étudié

MACBETH.-Va, dis à ta maîtresse de sonner un coup de clochette quand ma boisson sera prête. Va te mettre au lit. (Le domestique sort.)
-Est-ce un poignard que je vois devant moi, la poignée tournée vers ma main ? Viens, que je te saisisse.-Je ne te tiens pas, et cependant je te vois toujours. Fatale vision, n'es-tu pas sensible au toucher comme à la vue ? ou n'es-tu qu'un poignard né de ma pensée, le produit mensonger d'une tête fatiguée du battement de mes artères ? Je te vois encore, et sous une forme aussi palpable que celui que je tire en ce moment. Tu me montres le chemin que j'allais suivre, et l'instrument dont j'allais me servir.-Ou mes yeux sont de mes sens les seuls abusés, ou bien ils valent seuls tous les autres.-Je te vois toujours, et sur ta lame, sur ta poignée, je vois des gouttes de sang qui n'y étaient pas tout à l'heure.-Il n'y a là rien de réel. C'est mon projet sanguinaire qui prend cette forme à mes yeux.-Maintenant dans la moitié du monde la nature semble morte, et des songes funestes abusent le
sommeil enveloppé de rideaux. Maintenant les sorcières célèbrent leurs sacrifices à la pâle Hécate. Voici l'heure où le meurtre décharné, averti par sa sentinelle, le loup, dont les hurlements lui servent de garde, s'avance, comme un fantôme à pas furtifs, avec les enjambées de Tarquin le ravisseur, vers l'exécution de ses desseins.-O toi, terre solide et bien affermie, garde-toi d'entendre mes pas, quelque chemin qu'ils prennent, de peur que tes pierres n'aillent se dire entre elles où je suis, et ravir à ce
moment l'horrible occasion qui lui convient si bien.-Tandis que je menace, il vit.-Les paroles portent un souffle trop froid sur la chaleur de l'action.

(La cloche sonne.)-J'y vais.
C'en est fait, la cloche m'avertit. Ne l'entends pas, Duncan ; c'est le glas qui t'appelle au ciel ou aux enfers.
(Il sort.)

Shakespeare, Macbeth - acte II, scène 1

L’extrait étudié est tiré de la tragédie Shakespearienne Macbeth. William Shakespeare, dramaturge anglais né à la fin du XVIème siècle, nous livre une tragédie traitant de l’obsession du pouvoir, de la vengeance. Macbeth, incité par son épouse lady Macbeth, veut tuer le roi d’Ecosse pour accéder au pouvoir. En effet, quelque temps auparavant, Macbeth avait rencontré trois sorcières qui lui avaient révélé son destin.
L’extrait se situe au début de la pièce, juste avant que Macbeth commette le régicide.

Il s’agit d’un monologue du futur meurtrier, qui exprime ses doutes et ses convictions.Au cours de notre étude, nous nous demanderons en quoi cette tirade est intéressante et instructive pour le lecteur. Pour y répondre, nous verrons d’abord que ce passage est l’annonce du crime et qu’il nous permet de mieux connaître le personnage de Macbeth.

Le monologue étudié nous permet de connaître le dessein meurtrier de Macbeth et ce par plusieurs moyens.
Tout d’abord, le cadre et l’atmosphère donnent le ton et aident le lecteur(ou le spectateur) à se mettre dans cette ambiance angoissante propice au crime. La scène est nocturne et on trouve des références au domaine extérieur, à celui de la nature et des animaux.
v.19 : «sur la moitié du monde, la nature » ;v.24 : «alerté par sa sentinelle, le loup » ;v.28 : «O terre, qui est ferme et bien établie »
De plus, les temps verbaux nous renseignent également sur l’action à venir. Effectivement, on note un fort emploi du présent d’énonciation (v.10 : «entraînes » ;v.3 : «je te vois » ;v.27 : «avance » ;v.32 : »…qui est horrible ») qui est la marque d’un discours actuel, on se place au moment de l’avant crime.
Enfin, la scène est silencieuse, aucun bruit ne trouble la nuit, ce qui donne au lecteur (et également à Macbeth) un sentiment de malaise et d’angoisse (v.32 : «ce silence, qui est horrible…»)
Ces sentiments se poursuivent tout au long de la tirade grâce à la présence d’un thème important, celui du mystique et du surnaturel. En effet, le champ lexical du surnaturel est très présent dans la seconde partie du texte : v.21 «sorcière » ;v.22 : «observe les rituels de la pâle Hécate » ;v.20 : «songes pervers » ;v.27 «tel un spectre vers sa proie ». Ces références au monde de la sorcellerie et du mystérieux sont un prétexte pour Macbeth pour accomplir son crime. En effet, on nous fait croire à sa destinée et l’ampleur surnaturelle de la scène ainsi que la présence des sorcières, sont en quelques sort

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