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Bergson, L'Energie spirituelle: La raison et le réel

Correction d'un commentaire donné en bac blanc, par un élève de terminale L (16/20). D'après le correcteur : commentaire complet, le problème est clairement mis en avant, et les réponses à celui-ci sont pertinentes.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: kiki.kikus (élève) •

Texte étudié

Ce qui est troublant, angoissant, passionnant pour la plupart des hommes n'est pas toujours ce qui tient la première place dans les spéculations des métaphysiciens.D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Voilà des questions vitales, devant lesquelles nous nous placerions tout de suite si nous philosophions sans passer par les systèmes. Mais, entre ces questions et nous, une philosophie trop systématique interpose d'autres problèmes. "Avant de chercher la solution, dit-elle, ne faut-il pas savoir comment on la cherchera ? Étudiez le mécanisme de votre pensée, discutez votre connaissance et critiquez votre critique : quand vous serez assurés de la valeur de votre instrument, vous verrez à vous en servir". Hélas Ce moment ne viendra jamais. Je ne vois qu'un moyen de savoir jusqu'où l'on peut aller : c'est de se mettre en route et de marcher.

Bergson, L'Energie spirituelle

Introduction

L'homme, selon Schopenhauer. est "un animal métaphysique", car contrairement aux animaux, il s'étonne de sa propre existence. En effet, dès qu'elle s'affranchit ou s'écarte de la tradition mythique ou religieuse, la pensée est confrontée à des questions métaphysiques concernant l'origine.la nature et la destination. la vocation de l'être humain. Or il semble qu'il existe deux tendances opposées parmi les grands philosophes (cf TPC Jean Beaufrer): les uns « paraissent avant tout s'efforcer de tirer au clair la structure générale de l'existence. S'ils parviennent finalement à l'houune, ce n'est qu'au terme de leurs recherche attentives. à travers de vues abstraites sur Dieu. l'être, le monde, la société, les lois de la nature ou celles de la vie. L'homme est pour eux un point d'aboutissement, de fermeture d'un système. D'autres ne cessent de se hérisser contre une méthode si terriblement indirecte ». Pour répondre à la question de la nature et de la destination de l'homme_ pourquoi faut-il commencer? Faut-il commencer par établir une méthode et un système dans lequel la pensée sera encadrée et donc «sécurisée»?La pensée doit-elle se penser elle-même avant de s'appliquer à tout autre objet?La philosophie doit-elle commencer par se demander à quelles conditions et dans quelles limites l'homme est capable de trouver ces réponses, par examiner sa propre aptitude à déterminer le sens de l'existence, ou bien chercher directement ces réponses elles-mêmes ?
Dans le texte qui nous est proposé, Bergson opte catégoriquement pour la deuxième hypothèse : selon lui, bien que les questions relatives à notre origine, et au sens de l'existence soient fondamentales, elles n'occupent pas la place qui leur est due dans les réflexions des philosophes professionnels : celles-ci posent un préalable qui finit par être un obstacle infranchissable, car mettre en examen notre faculté de juger. c'est l'immobiliser. la suspendre.
Mais si «pour savoir jusqu'où on peut aller, il suffit de se mettre en route et de marcher », ne risque-t-on pas de se perdre? L'esprit a-t-il donc besoin d'aucune formation? La métaphysique est-elle accessible à tous? La volonté suffit-elle pour nous mener à la vérité?

Plan

1)L'auteur commence par indiquer les questions fondamentales qui devraient occuper tout philosophe.

2)Puis, en une prosopopée, il oppose les objections formulées par une philosophie « trop systématique » : la pensée doit commencer par s'examiner elle-même et définir ses propres limites.

3)Enfin, il répond à cette objection en énonçant sa thèse: en commençant ainsi on est sûr de ne jamais aboutir.

Commentaire explicatif

L'auteur établit ici une opposition entre deux manières d'aborder la métaphysique, les questions essentielles: la première consiste à donner la priorité à ce qui est "troublant;angoissant, passionnant". Il s'agit là de émotions et de sentiments très forts, témoignant d'un esprit qui brûle de curiosité et d'un profond désir de connaître la vérité.
Ce qui est troublant, c'est ce qui altère la limpidité, la transparence. L'esprit, dépourvu d'idées « claires et distinctes » chères à Descartes, est troublé :il perd sa sérénité, sa quiétude, car sa raison exige une raison suffisante pour tout ce qui existe mais celle-ci est dépassée ; elle cherche l'origine, elle ne se contente pas d'être là. (« Pourquoi suis-je moi, et pas toi ? Pourquoi suis-je ici, et pas là ? Quand a commencé le temps, et où finit l'espace ?Avant d'être moi, est-ce que je n'étais rien ? Et quand je ne serai plus moi, est-ce que je ne serai plus rien ? » Cetell-motiv du film de Vim Wenders Les allées du désir redit avec des mots d'enfant ce que Pascal exprime dans la Pensée n° 427 ou 194 )
Ce qui est troublant finit par inquiéter, tourmenter. Devant cette absence de réponse, l'homme peut être angoissé (voir cours d'introduction à la philosophie : crise, angoisse et sens). St Augustin exprime une perplexité similaire dans les Confessions, Livre X : « mihiquaestio factus sum » (je suis devenu problème pour moi-même). « Nemo scit hominem, quaesunt hominis, nisi spiritus hominis qui in ipso est ». Repris de St PauliCor.:1 1 ,Il lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de (homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'esprit de Dieu. »
Ces questions nous entraînent au-delà du monde physique et familier, elles sont, en effet, méta-physiques. Par leur complexité et leur absence de réponse rationnelle, sèment le doute et la perplexité dans l'esprit. La métaphysique dépasse la nature(méta= au-delà ;physi.s"-nature, devenir) pour s'élever aux causes premières (on l'appelle aussi la science des premiers principes).
Mais ces questions sont «passionnantes», il est donc impossible d'y rester indifférent. Nous sommes tous hautement concernés. Elles sont donc vitales : peut-on, en effet, concevoir une question plus importante que celle-ci : pourquoi vivre, ou comment vivre ? Mais pour répondre à cette question, il faut avoir répondu à trois autres questions : d'où venons-nous ?que sommes-nous ? et où allons-nous ? Et c'est peut-être parce qu'elles nous dépassent, que nous sommes tentés de les éluder, de les mettre momentanément entre parenthèses.
A cela s'oppose la froide rigueur de l'attitude spéculative et systématique de ceux qui conseillent des exercices peu enthousiasmants: "étudiez le mécanisme de votre pensée, discutez votre connaissance et critiquez votre critique". Pour les premiers. la première place est consacrée à l'interrogation et à ses réponses possibles; et pour les seconds, elle est donnée à la méthode nécessaire pour pouvoir répondre aux questions. Les premiers pourraient être comparés à des enfants, étonnés et avides de comprendre, les seconds à des adultes, soucieux d'expliquer et de maîtriser la situation. L'accès aux réponses à ces questions est fermé par une"philosophie trop systématique" qui « interpose d'autres problèmes ». "Étudiez le mécanisme de votre pensée [... ], quand vous serez assurés de la valeur de votre instrument, vous verrez à vous en servir": cette philosophie "spéculative" est en fait très pragmatique : elle est rationnelle, elle veut se donner les moyens d'atteindre sa fin. En effet, si penser, c'est peser(pensum en latin), il faut bien avoir un instrument, une balance juste.
Cet instrument, selon les « métaphysiciens spéculatifs », doit être vérifié, par la mise en place d'un système. Un système est un ensemble d'éléments (ou d'idées) qui dépendent les uns des autres et forment un tout organisé, cohérent, logique. Un esprit systématique est capable de procéder avec méthode dans la recherche de la vérité. Or cela peut être une qualité ou un défaut et peut amener soit à la vérité soit à l'erreur, car comme tout moyen, il peut devenir un obstacle.

Chercher la vérité selon un système, c'est se reposer sur des principes rationnels, et non aller au hasard. Cela correspond à un besoin de la raison qui se trouve ainsi satisfait. Dans la métaphysique, la raison peut-elle accéder à ce qui la dépasse? Bergson qualifie de "trop"systématique cette philosophie. Mais, sans cet excès, une philosophie ne peut-elle pas avoir des avantages? Elle donne, par exemple, force et profondeur à l'esprit, ainsi que de la rigueur. Ce sont là des qualités nécessaires à notre jugement. Or même si le mot "jugement" n'apparaît pas dans le texte, il est cependant présent dans le terme "critique": puisque ce mot vient du grec"krinein"qui signifie «trancher, séparer, décider, déterminer », et donc juger. La critique, en général, est une appréciation soit esthétique, soit logique, soit intellectuelle, soit morale. Le terme "critique" est-il approprié, sachant que le domaine métaphysique dépasse ces jugements?
C'est bien évidemment Kant, l'auteur de la ('critique de /aRaison »uns qui est ici visé :chercher à déterminer les limites de la connaissance possible, c'est distinguer le connaissable et l'inconnaissable. Mais n'est-il pas contraire au bon sens de prétendre définir l'inconnu comme inconnaissable ? On retrouve la même idée chez Claude Bernard (CPC La connaissance du vivant).
Le principal motif que Bergson attribue aux « philosophes systématiques » est de chercher à savoir comment chercher la solution; il leur répond en déplaçant quelque peu le problème:"Je ne vois qu'un seul moyen de savoir jusqu'où on peut aller". Ces deux propositions sont différentes: l'une porte sur les moyens dont dispose la pensée (étudiez. discutez, critiquez) et l'autre sur sa portée, ses limites. Mais il y a tout de môme un rapport entre les deux: en effet, la capacité plus ou moins grande de l'instrument de la pensée déterminera ses limites. Il s'agit donc de nous assurer de la valeur de notre instrument par l'auto-critique. Cela ne répond- pas à la célèbre injonction "Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l'univers et les dieux"?Mais Bergson déplore que le moment de se servir de cet instrument dûment critiqué ne viendra jamais. En effet, comme l'avait déjà bien vu Montaigne. "pour juger [...]il nous faudrait un instrument judiciaire; pour vérifier cet instrument, il nous y faut de la démonstration; pour vérifier la démonstration, un instrument: nous voilà au rouet". C'est pourquoi Spinoza peut affirmer: "pour trouver la meilleure méthode de recherche de la vérité, nous n'aurons pas besoin d'une méthode par laquelle nous rechercherions cette méthode de recherche, et pour rechercher cette seconde méthode nous n'aurons pas besoin d'une troisième et ainsi de suite à l'infini".
Le remède proposé par Bergson est très simple: il propose de "se mettre en route et démarcher : de se confronter aux interrogations vitales sans réponse immédiate et complète. En effet, comme dit le proverbe chinois: le voyage de mille « li » commence par un pas.

Commentaire critique

Bien que Bergson disqualifie les philosophies «trop systématiques », on ne peut ôter à leurs méthodes toutes les qualités. La maîtrise de soi est la condition du jugement vrai et le rôle de la volonté dans le jugement consiste avant tout à repousser les idées que propose l'imagination. D'où la nécessité d'une éducation du jugement par laquelle on s'exerce d'abord à juger des choses qui nous touchent le moins. Pour Descartes, la cause principale de l'erreur est la précipitation: il propose donc de suspendre le jugement. Car se mettre en route sans préparation sur des voies difficiles est dangereux.
Cependant l'utilisation de systèmes présente aussi de nombreux inconvénients: ils peuvent figer ou mécaniser la pensée qui devient alors dogmatique et rigide, en perdant la souplesse et l'adaptabilité qui sont le propre de la Vie. Le moment nécessaire qu'il représente doit être dépassé: si elle veut rester vivante, la pensée doit se garder de l'esprit de système. "Toujours chercher, et ne jamais réciter", disait Alain. Il faut que l'esprit conserve sa liberté et se renouvelle constamment: il ne faut jamais se satisfaire d'un système et croire qu'une vérité soi tdéfinitive.Un système«marche»lorsqu'il fonctionne, comme une machine. L'intelligence humaine, symbolisée par Dédale, est capable de fabriquer toutes sortes de machines et de mécanismes, afin d'économiser l'effort. L'homme qui marche, le randonneur, le voyageur, le pèlerin, ne sauraient se contenter de faire marcher quelque chose ou quelqu'un à leur place, car s'épargner de la fatigue ou du temps serait la négation même de leur projet. Il ne leur est pas interdit d'avoir une carte géographique, un plan, mais ou même un moyen de transport, mais en aucun cas ces aides ne sauraient leur éviter de marcher pour que cette aventure soit vraiment une aventure vécue et pas seulement pensée.
Du jour où l'intelligence, réfléchissant sur ses démarches, s'aperçoit elle-même comme créatrice d'idées, comme faculté de représentation en général, il n'y a pas d'objet dont elle ne veuille avoir l'idée, fût-il sans rapport avec direct avec l'action pratique.[...]Et sa théorie voudrait tout embrasser, non seulement la matière brute, sur laquelle elle a naturellement prise, mais encore la vie et la pensée.»(L'évolution créatrice ,page 160)
Si « c'est à cause de l'étonnement que les hommes commencèrent à philosopher », comme le dit Aristote, cet étonnement ne doit jamais cesser: un système représente donc l'achèvement de la philosophie, au double sens du mot: «accomplir» et «mettre fin, donner le coup de grâce » comme on achève un mourant. L'homme blasé qui n'est plus capable de s'étonner a cessé de philosopher. Bergson nous invite au contraire à refuser l'habitude pour nous laisser porter par l'émerveillement et l'intuition.
Pour lui, l'intelligence est l'aptitude à comprendre l'objet de l'extérieur, tandis que l'intuition est une saisie intérieure et coïncidence immédiate avec le réel. Elle est nécessaire pour percevoir les réalités métaphysiques; or le savoir abstrait ne nous éloigne-t-il pas parfois de l'essentiel? Une érudition trop importante et mal gérée n'aurait-elle pas pour effet de nous aveugler? Des gens simples, peu instruits ne peuvent-ils pas percevoir des réalités que d'autres ne soupçonnent même pas?
Les méthodes pour accéder à la voie royale de la métaphysique varient selon les personnes;de même que pour apprendre l'art militaire, on peut passer ou ne pas passer par l'Ecole Militaire selon Platon(Lachès),Nicolas Berdiaev affirme que "toute pensée créatrice est intimement personnelle". "II n'est pas donné au philosophe de recevoir la lumière totale, et c'est ce qui détermine les divergences entre les courants philosophiques". "La philosohie ne peut être exclusivement théorique, détachée de la vie".L'expérience doit être "théorisée",mais c'est l'expérience qui donne un contenu concret à la théorie, au système. Il ne faut donc pas les opposer, mais les compléter l'une par l'autre.
Cependant, comment parler d'expérience dans le domaine métaphysique? N'est-ce pas là un oxymore? La métaphysique n'est-elle pas l'abstraction suprême? Et l'expérience ne renvoie-t-elle pas à ce qui est tangible? II faudrait donc admettre que le concret ne concerne pas seulement la sensation qui nous donne un objet dans sa totalité concrète (indivisible) mais aussi l'intuition qui saisit une totalité mais inaccessible au corps et à la logique. Il faudrait aussi admettre que l'abstrait n'est pas ce qui échappe à la sensation. mais ce qui n'est perçu que par la pensée;or la métaphysique n'est abstraite que pour ceux qui la conçoivent de l'extérieur, qui n'y ont jamais mis "les pieds". De même on peut dire que l'amour est une pure abstraction pour ceux qui n'ont jamais aimé, que le nom d'une ville est une abstraction pour ceux qui n'y sont jamais allés. Il ne faut donc pas limiter le sens du mot "expérience" au sens scientifique, ni celui du mot «abstrait» à ce qui relève de la subjectivité: les mathématiques sont abstraites puisqu'elles ne sont accessibles qu'à la pensée et non aux yeux du corps. Une expérience est toujours concrète, elle connaît son objet comme un tout, une unité, mais elle peut être soit extérieure (physique) soit intérieure (psychique ou spirituelle). Jean Beaufret dans l'introduction aux philosophies de l'existence distingue deux espèces de philosophes: les premiers correspondent aux adeptes des systèmes dénoncés par Bergson dans ce texte. Les seconds « ne cessent de se hérisser contre une méthode si terriblement indirecte. Puisqu'elle se borne à recueillir, à titre de conséquences plus ou moins lointaines de principes généraux et abstraits, les vérités que chacun brûle de savoir ». « Ces philosophes s'attaquent directement à l'homme, c'est en visant au vif même de son "exister" qu'ils essaient d'arracher à l'obscurité de sa condition une vérité qui soit d'emblée à la mesure de notre nostalgie ». Ceux-ci correspondent donc à la pensée de Bergson, et Jean Beaufret rejoint Bergson en montrant qu'il y a un écart infranchissable entre "les certitudes dispensées par un système et la réalité de l'homme". En effet, c'est bien pour cela que "ce moment n'arrivera jamais": l'infini est un écart infranchissable, car ce n'est pas en ajoutant des abstractions aux abstractions qu'on parvient au concret, ce n'est pas en avançant indéfiniment à l'horizontale qu'on entrera dans la verticale.

Conclusion

Ce texte nous aura permis de comprendre la véritable fonction de la pensée philosophique:donner un sens à notre existence par la réponse aux questions que chacun peut se poser. Tout comme l'eau n'est consommable qu'à l'état liquide, la vérité ne saurait nous faire vivre que si elle échappe à deux dangers opposés: s'enfermer dans une structure solide mais rigide et froide comme la glace, les systèmes dont parle Bergson; ou s'évaporer à force de chauffer dans nos têtes, et flotter sous forme de nuages propres seulement à cacher le soleil ou apporter l'orage (le choc des fanatismes poussés par le vent). L'eau de la vie, la vérité qui apaise notre soif doivent rester fraîches et jaillissantes, même si chacun peut être tenté d'en faire provision ou de les congeler.
On a coutume de qualifier d'abstrait ce qui est insaisissable, brumeux, fumeux, vaporeux. Mais ce texte nous aura permis de découvrir que l'abstrait est aussi ce qui totalement cristallisé, glacial, schématique et logique. La pensée, comme l'air, s'élève au-dessus de la vie qui coule et change comme l'eau, mais cet air, mobile et fluctuant, n'est pas toujours translucide. On pourrait croire que le concret est palpable comme un morceau de glace, par rapport à l'eau qui reste insaisissable ; or il n'en est rien : une pensée qui s'est cristallisée en système risque de ne plus être une pensée vivante la vérité s'y trouve piégée, mais elle étouffe et meurt.