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Alain, Humanités: connaissance technique et empirisme

Devoir de 15/20 d'un éleve puis corrigé par un professeur.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: graich (élève) •

Texte étudié

«J’appelle technique ce genre de pensée qui s'exerce sur l'action même et s'instruit par de continuels essais et tâtonnement. Comme on voit qu'un homme même ignorant, à force d'user d'un mécanisme, de le toucher et pratiquer de toutes les manières et dans toutes les conditions, finit par le connaître d'une certain manière, et tout à fait autrement que celui qui s'est d'abord instruit par la science; et la grande différence entre ces deux hommes, c'est que le technicien ne distingue point l'essentiel de l'accidentel; tout est égal pour lui, et il n'y a que le succès qui compte.
Ainsi un paysan peut se moquer d'un agronome ; non que le paysan sache ou seulement soupçonne pourquoi l'engrais chimique, ou le nouvel assolement, ou un labourage plus profond n'ont point donné ce que l'on attendait; seulement, par une longue pratique, il a réglé toutes les actions de culture sur de petites différences qu'il ne connaît point, mais dont pourtant il tient compte, et que l'agronome ne peut pas même soupçonner. Quel est donc le propre de cette pensée technicienne ? C'est qu'elle essaie avec les mains au lieu de chercher par la réflexion.»

Alain, Humanités

On admire chez l'homme de métier son habileté technique, son savoir faire spécialisé. Celui d'un paysan, selon Alain, réside dans son art, sa manière de faire appropriée ce qu'accomplit ces gestes au moment opportun. Il en va de même pour tout artisan, tout technicien: il sait ce qu'il fait et il le fait bien. En première analyse; un savoir faire est une compétence technique qui permet la réalisation d'un objet ou d'un effet déterminé: pour le paysan, la meilleur récolte possible.
Cependant, on peut se demander quelle est la nature du savoir en question. Que sait le paysan? Est-il seulement capable d'expliquer ce qu'il fait? Il ne sais pas distinguer "l'essentiel de l'accidentel" dit Alain. Car, par savoir, on désigne une connaissance théorique capable de rendre raison de ce que l'on affirme soit en le démontrant comme en mathématiques soit en le vérifiant comme dans les sciences empiriques. Pour que le savoir faire soit de l'ordre du savoir, il faudrait, par conséquent, qu'il puisse se justifier par un raisonnement etc...
Quelle est la nature de la connaissance technique? Se réduit-elle à la connaissance empirique ? Peut-on aujourd'hui séparer la connaissance technique de la connaissance scientifique ?

Alain élabore ici une définition de la technique. Il s'appuie sur une opposition entre "une genre de pensée" procédant de manière empirique et un autre identifier comme scientifique. La dernière phrase résume cette opposition. La pensée technique essaie avec ces mains (allusion au texte d’Aristote); c'est un savoir faire, alors que la science suppose une démarche réflective.
Si une connaissance est une pensée qui s’instruit, alors il existe une connaissance technique (autrement dit un savoir faire empirique) ; elle procède par « essais et tâtonnements ». Alain établie une différence entre connaissance technique et connaissance scientifique. La première est a la fois savante et ignorante : savante parce qu’elle sais ce qu’elle veut et s’enrichie par une longue pratique sur le terrain ; ignorante, parce qu’elle ne connaît pas la cause qui détermine le succès (« pourquoi cela marche ?»). De plus Alain précise qu’elle n’a pas la science de l’objet. C’est dire qu’elle ne peut le définir, dire ce qui entre dans sa production et ce qui n’y entre pas « l’essentiel de l’accidentel ».
L’exemple du paysan qui se moque de l’agronome est significatif. Il souligne l’incompréhension entre le manuel et le l’intellectuel et montre que la pensée technique est plus préoccupée de réussir que de savoir. Elle se désintéresserait de la recherche des causes des phénomènes. La vérité de la connaissance technique serait liée, selon Alain à l’usage et au temps. (Technique qui dure.) Ce qui serait important, c’est de s’adapter, de trouver les moyens pour parvenir à une fin, l’efficacité.

Cependant, on peut se demander quelle est la nature du savoir en question : que sait le paysan ? Est-il capable d’expliquer ce qu’il fait comme le ferait un agronome ou un chimiste ? Par savoir, on désigne le plus souvent une connaissance scientifique, théorique vérifié en laboratoire.
Le savoir technique ne se réduit pas par le savoir empirique. Pourtant le savoir technique ne peut pas non plus être considéré que par le savoir scientifique. En effet, l’un ne peut être dissocié de l’autre, aujourd’hui ils sont complémentaires. De nos jours, on ne peut pas séparer un graphiste et un mécanicien, chacun a son rôle prédéfini, le premier se doit, de par sa réflexion, de concevoir des pièces, des artéfact, de leur donner une forme. Pourtant il doit prendre en compte les données fournies par le mécanicien qui lui doit donné forme a l’objet tout en éclairant le graphiste, des problèmes de réalisation. En effet, ces deux savoirs possèdent chacun des informations que l’autres ignore.
Si on revient à l’exemple d’Alain, le scientifique se doit de cherche par la réflexion. Or le savoir empirique dù a l’expérience, se doit aussi de réfléchir sur les manipulations qui n’ont pas fait atteindre un objectif. Et inversement, le scientifique doit confirmer son avancée, sa recherche par des tests, des essaies en laboratoire ou sur le terrain.

La connaissance ne peut donc pas se réduire à la seul connaissance empirique comme le pense Alain, mais chacun d'elle dépend de l'avancée de l'autre et la complémentarité des deux permet, contrairement au époques passé, de propulser l’art de la technique vers le haut et de permettre de toujours demander plus a la technique. Leurs améliorations dépendent de leurs capacités et de leurs façons de communiquer entre eux.