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La peur gouverne t-elle nos croyances ?

Corrigé complet fait par l'élève.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: popo17 (élève) •

Le terme phobie, du grec ancien phobos, désigne un ensemble de troubles psychologiques axés sur une entité extérieure capable de susciter une peur irrationnelle. Ces réactions doivent être suffisamment invalidantes pour que l’on puisse parler de phobie. La peur est une émotion d'anticipation. Elle informe l’organisme d’un danger potentiel. Ce n’est pas ce qui se produit dans le présent qui représente un danger, mais ce qui pourrait survenir dans un avenir plus ou moins rapproché (quelques secondes, des jours...), c’est l’anticipation, donc le fait d’imaginer ce qui pourrait se produire (étant donné les faits observés), qui déclenche l’émotion.L’évaluation du danger, la peur donc, est toujours subjective. Cette différence d’interprétation du danger repose sur l’inégalité de notre expérience. La perception de la peur n’est pas forcément réaliste même si celle-ci est vécue comme inéluctable. L’imagination joue un rôle important dans la formation de la perception. Mais l’événement prédit ne se produit pas fatalement. La peur s’accompagne d’une série de réactions physiques de mobilisation pour la fuite ou la défense. C’est seulement quand le péril est écarté qu’on ressent toute l’intensité des effets physiologiques de la peur. C’est aussi à ce moment où l’attention se relâche qu’on se met parfois à trembler et à prendre complètement conscience de l’ampleur du danger auquel on a fait face.
La peur est très précieuse et même indispensable à la vie. Les animaux disposent eux aussi de cette émotion protectrice.
Il est tentant d’éviter, sans discrimination, tout ce qui nous fait peur. Si on vit ainsi, toutefois, on s’aménage une existence qui s’avérera de plus en plus restreinte. Pour gagner de la liberté dans la vie il est nécessaire, au contraire, d’apprivoiser ses peurs
Le terme croyance, lui, s'applique en général à l'adoption par un être conscient d'une vision du monde qui ne s'appuie pas sur l'expérience ou la science mais sur les échanges entre individus ou sur des textes dogmatiques. La croyance, en un sens plus restreint, peut désigner une vision basée sur des faits empiriques ou scientifiques. Dans son sens le plus courant, la croyance est l'attitude d'esprit qui consiste à affirmer la vérité ou la réalité d'une chose sans que la question de l'évaluation par la preuve entre en ligne de compte. Au niveau de l'individu, la particularité d'une croyance est qu'elle n'est pas «testée» par celui qui y adhère, car elle est d'emblée considérée comme vraie. C'est l'expérience qui permet à chacun d'invalider ses croyances erronées. Au niveau d'une société, cette tâche est assurée par la science. L'adhésion aux théories scientifiques est donc un mécanisme totalement différent des croyances, même si les individus ne peuvent que croire ce que dit la science, faute de pouvoir le vérifier intégralement par eux-mêmes.
Nous tenterons d'éclaircir le sujet posé par Spinoza:"Les peurs gouvernent-elles nos croyances?".Nous commencerons par expliquer que la peur est la cause des croyances,en particulier la religion, nous verrons les conséquences physiques et les superstitions.Puis nous montrerons que les croyances se servent de nos peurs et les entretiennent.

Les religions sont bâties sur un ensemble de croyances, et fonctionnent grâce à des dogmes, ou à des doctrines auxquels le croyant adhère. Le croyant est alors celui qui a la foi, c’est-à-dire se situe dans un état d'adhésion réfléchie et active aux éléments fondamentaux de sa religion. Les croyances fondamentales varient selon les religions. Selon Tylor, la croyance en une âme immatérielle et subsistant après la mort est à l'origine de toutes les religions, et constitue donc l'élément primordial. L'angoisse de la mort serait donc à la base de la croyance en une divinité. La paléoanthropologie situe l'apparition des rites funéraires dans les sociétés préhistoriques dès - 300 000 ans par des marques de rituels autour des morts, puis avec plus de détails avec des sépultures dès - 100 000 ans. Les concepts d‘âme et d‘au-delà seraient donc nés dans cet intervalle.
Puisque la peur de mourir est une peur collective cela nous pousserait à croire en la religion qui dit qu’il y a une vie après la mort. La peur d’aller en enfer nous pousse à faire de bonnes actions, à se repentir, à aller dans des lieux de cultes, à aller se confesser a l’église, et à prier pour le salut de « Dieu »et de notre âme. Mais aucune preuve scientifique n’a prouvé l’existence de Jésus Christ, donc nos peurs ne se base sur aucun raisonnement dit logique, c’est juste un sentiment inné. Nous avons peur de la mort, sans même savoir ce que c’est vraiment, puisque nous ne l’avons pas connu, et personne n’est revenu de l’au-delà pour nous le dire,(diverses personnes affirment s’être approché de la mort et avoir vu une lumière blanche aveuglante ,il serait plus juste de penser rationnellement que c’est ce qu’ils ont cru ,et que c’est la lumière du jour lorsqu’ils ont ré-ouvert les yeux qui les a aveuglé).En réalité, la question à se poser n’est pas « qu’est-ce que la mort ? » mais « pourquoi les gens ont si peur de l’inconnu ?»,c’est le mystère qui pousse les gens a faire toute sorte de choses, c’est parce que nous ne savons pas et que nous ne saurons peut-être jamais qu’il faut qu’on ait une explication sur « le pourquoi du comment », Jésus Christ et tous ces prophètes ne seraient alors que des inventions des peuples afin de rassurer les gens, expliquer que la vie n’est qu’un passage sur terre, avec un début et une fin et permettre au peuple d’accepter cela. Mais alors pourquoi croyons nous encore en des faits ou des êtres qui auraient été inventé de toute pièce il y a bien des années maintenant que l’on a trouvé, expliqué le big-bang, la formation de la terre et des êtres ? Que serait-le monde sans croyances ?la croyance est peut-être une illusion qui nous fait vivre, qui nous fait espérer, et accepté le monde tel qu’il est, tel qu’il est devenu…Dieu a souvent été remis en question,en particulier chez les philosophes:"Il serait certes très beau qu'il y eut un Dieu créateur du monde et une Providence pleine de bonté, un ordre moral de l'univers et une vie future, mais il est cependant très curieux que tout cela soit exactement ce que nous pourrions nous souhaiter à nous-mêmes."(Sigmund Freud / 1856-1839 / L'avenir d'une illusion)ou encore"Aucun Dieu n'est mort pour le rachat de nos péchés ; il n'y a pas de salut par la foi ; pas de résurrection après la mort tout cela ce sont les fausses monnaies du christianisme véritable et ces malheureux cerveaux brûlés sont responsables de cette supercherie."(Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Volonté de Puissance)
A l’inverse, la peur peut-être basée sur des faits réels vécus, tel que la peur d’être noyé, un enfant qui ne sait pas nager risque fort de devenir un adulte ayant cette phobie s’il a subit quelconque traumatisme lié a l’eau, même dans sa petite enfance (dont il n’a aucun souvenir).Ou encore que la peur est liée a notre caractère, si l’on a peu confiance en soi par exemple, on sera plus enclin à être superstitieux . La superstition est une attitude faisant intervenir la croyance que certaines pratiques ou faits observés sont en liaison avec un certain déroulement de l'avenir, sans qu'aucune explication de cause à effet ne soit donnée. L'individu superstitieux sortira d'une pièce si le nombre des individus qui s'y trouvent fait partie d'une liste de nombres qui, selon ses croyances, portent malheur.
L’ordre et les évènements que l’on vit sont aussi une intrigue, certains pensent qu’il n’y a pas de hasard, ils croient au destin qui guiderait nos vies selon un ordre précis d’où certaines superstitions comme : croiser un chat noir car Napoléon aurait vu un chat noir avant une défaite contre les Britanniques. Cependant il porte bonheur au Royaume-Uni. Ou aussi le nombre treize. Il est dit qu'il porte malheur en référence au nombre de convives de la Cène et aux conséquences néfastes de ce repas. Raison pour laquelle on ne trouve pas systématiquement de 13e rangée dans les avions ni de 13e étage dans les hôtels et encore moins de chambre numéro 13. En Italie, c'est plutôt le nombre 17 (qui s'écrit en chiffres romains XVII, ce qui est l'anagramme de VIXI, signifiant « j'ai vécu » partant, « je suis mort » en latin), le 13 étant plutôt associé à la chance. En Asie de l'Est (Japon, Corée), c'est le nombre 4, homophone en chinois du mot mort, qui est généralement omis (numéro de chambre, étage). Pour ma part, je pense que quelque soit les choix à faire, même les plus difficiles, cela ne changera pas le cours de notre vie car dans notre destin est déjà écrit quelle que soit la réponse nous allons choisir, et ce dû à nos expériences passées ou à notre caractère.
Mais nous pouvons nous poser une question à savoir si nos peur ne seraient pas liées aux croyances,es-ce-que ces croyances n'entretiennent pas nos peurs?Y'a-t-il une quelquonque attirance pour la peur,et d'où vient-elle?Y aurait-il une industrie de la peur?A quoi servent les croyances et comment s'utilisent-elles?

C’est parce que les gens sont crédules que l’on a créé la peur, et celle-ci ne demande qu’a s’accroître puisque physiquement la montée d’adrénaline due à cette peur est au début bénéfique pour le corps et on finit par en vouloir toujours plus. L’Homme a besoin d’adrénaline, chacun en fonction de sa personnalité, par exemple il y a celui qui va sauter en parachute, et le demandeur d’emploi, les deux prennent des risques et auront une montée d’adrénaline mais les risques sont inégaux. On peut dire que l’Homme est attiré par la peur dès son plus jeune âge puisque les enfants réclament des « histoires qui font peur ». Au contraire la religion cherche attirer des fidèles,donc sans influence l'Homme ne serait peut-être plus croyant...
Puisque l’attirance entraine la consommation, et que celle-ci procure des bénéfices. Il y a une industrie de la peur, sinon tous les manèges de type grand huit aurait fait faillite depuis longtemps, un artiste américain a d’ailleurs consacré une exposition entière composée de panneaux de type :« attention propriété privé, chien méchant, etc..»afin de mettre en avant et dénoncer cette société qui écrase en faisant peur, ce n’est plus « la loi du plus fort », mais « la loi à qui fera le plus peur ». De même,ce qui peut être choquant, c’est l’industrie faite sur les croyances et en particulier les religions. Cela devient même une mode, il faut boire de l’eau dite « bénite » comme Madonna ,ou encore avoir sa chapelle privée, ou le bracelet de la chance, ou bien une grosse croix latine en diamant portée sur une grosse chaîne en argent … N’y a-t-il plus aucun respect pour les écrits, a-t-on perdu le sens des mots que voulait nous inculquer le Christ ?les gens sont-ils assez bêtes pour faire, croire acheter tous ce qu’on leur dit ?La religion a-telle encore une signification ?Les religions sont peut-être là pour nous influencer,alors on pourrait dire que l'Homme est manipulable.Il n'a pas sa propre raison de penser,il se laisse emporter par sa crédulité. Peut-être que si tous les Hommes avient une connaissance sufisante comme le voudrait Platon,ils ne se laisseraient pas berner aussi facilement. Mais cette utopie peut-elle s'appliquée à notre monde, l'Homme a surement besoin de ces illusions,sans elle il n'aurait peut-être plus de repères. Il préfère donc au lieu de chercher la vérité,s'inventer des principes qui s'accomodent très bien avec le vrai. Comme le dit Friedrich Nietzsche en 1844-1900 dans La Volonté de puissance "Dès que l'on ne croit plus en Dieu ni à la destinée de l'homme dans l'au-delà, c'est l'homme lui devient responsable de tout ce qui vit, de tout ce qui, né dans la douleur, est voué à souffrir de la vie. "Les croyances permettraient donc de libérer l'esprit. Il est vrai que l'on pourrait penser que quelqu'un qui croit en une force supérieure(dont il n'a aucun contrôle), serait moins soucieux,se poserait peut-être moins de questions sur la vie puisqu'il aurait confiance en l'avenir,qu'il ne prendrait pas sa vie en main. Mais est-ce là la solution? Platon recommande de se poser des questions afin d'aquérir la connaissance.

Pour conclure on peut dire que les religions ont été crées en relation avec nos peurs. Elles permettent à l'Homme de se sentir exister, à dire vrai, la peur est un sentiment qui provoque parfois des sensations extrèmes, croire permet d'espérer et l'espoir fait vivre. D'une part, les peurs dominent nos croyances mais celles-ci, d'autre part, sont conscientes de leur ampleur et de leur puissance grâce aux peurs communes et tentent donc de bâtir un empire et un marché commercial. Casser des idées religieuses catholiques, prouver qu'un épisode de la Bible est totalement faux par exemple, reviendrait à détruire tout ce sur quoi notre civilisation à construit son évolution. Le Vatican veille à ce que toute chose soit en ordre à ce niveau. Il parait alors en arrière sur son temps, mais c'est le problème de toutes les religions: elles appliquent des codes qui ont été données il y a des siècles. Faut-il pour autant arreter de croire, ne plus se servir de la peur pour arriver a ses fins?On peut donc parler d'une spirale de la peur nécessaire aux croyances de l'Homme. C'est, il me semble, le même système utilisé (par certaines personnes) en France en politique de nos jours; le principe est de se servir des peurs communes pour rassembler les gens et les pousser à voter pour des idées (plutôt racistes parfois). Les peurs seraient alors un moyen de rassembler les gens?