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Freud, L'inquiétante étrangeté et autres essais: Connaissance de soi

Fait par l'élève (moi), ici entièrement retranscrit. J'ai eu 14/20 et j'ai tenu compte des annotations de mon professeur pour l'améliorer.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: leila47 (élève) •

Texte étudié

Le psychique en toi ne coïncide pas avec ce dont tu es conscient ; ce sont deux choses différentes que quelque chose se passe en ton âme et que tu en sois par ailleurs informé. je veux bien concéder qu'à l'ordinaire, le service de renseignements qui dessert ta conscience suffit à tes besoins. Tu peux te bercer de l'illusion que tu apprends tout ce qui revête une certaine importance. Mais dans bien des cas, par exemple dans celui d'un conflit pulsionnel de ce genre, il est en panne, et alors ta volonté ne va pas plus loin que ton savoir. Mais dans tous les cas, ces renseignements de ta conscience sont incomplets et souvent peu sûrs ; par ailleurs, il arrive assez souvent que tu ne sois informé des évènements que quand ils se sont déjà accomplis et que tu ne peux plus rien y changer. Qui saurait évaluer, même si tu n'es pas malade, tout ce qui s'agite dans ton âme et dont tu n'apprends rien, ou dont tu es très mal informé? Tu te comportes comme un souverain absolu, qui ne descends pas dans la rue pour écouter la voix du peuple. Entre en toi-même, dans tes profondeurs, et apprends d'abord à te connaître, alors tu comprendras pourquoi tu dois devenir malade, et tu éviteras peut-être de le devenir.

Freud, L'inquiétante étrangeté et autres essais

Le texte à étudier s’intitule « une difficulté de la psychanalyse ». Il est issu de l’œuvre de Freud L’inquiétante étrangeté et autres essais publiée en 1917. Dans ce texte, il est question du psychisme et de la conscience, de savoir si le psychisme est le tout de la conscience ou s’il y a autre chose. D’après Freud, le psychisme ne coïncide pas avec ce dont on est conscient. Le principe de son argumentation est l’hypothèse de l’inconscient ( il l’a légitimé notamment dans le texte Métapsychologie ). Freud cherche ici à légitimer la psychanalyse, or la « science de l’inconscient » se heurte à une double hostilité : celle de la tradition médicale et celle de la tradition philosophique issue de Descartes. Quel est l’objet d’étude de la psychanalyse et en quoi est-elle légitime?

Dans le début du texte, Freud montré déjà que l’on ne sait pas ce qui se passe dans notre psychique, que l’on n’est pas conscient de toute notre activité psychique. La première phrase est l’énoncé de la thèse.
En effet, Freud dit : « Le psychisme en toi ne coïncide pas avec ce dont tu es conscient ; ce sont deux choses différentes que quelque chose se passe dans ton âme et que tu en sois par ailleurs informé ». Par la première partie de la phrase, il veut dire que le psychique et le conscient ne forment pas qu’un mais que le conscient n’est qu’une partie (infime) du psychique en nous. Dans la seconde partie de la phrase, il insiste sur le fait que tout ce que produit l’activité psychique n’est pas forcément perçu par la conscience mais que l’on en est « par ailleurs informé », c’est-à-dire par les maladies d’une part puis par la psychanalyse d’autre part. L’idée de l’auteur est qu’il existe dans notre psychique deux « parties » différentes : le conscient et l’inconscient psychique; l’inconscient s’exprimant par ses effets : les maladies, les rêves, la névrose, la psychose… Selon lui, le moyen de remonter de ces effets à leur cause(s) est la psychanalyse.
Cette première étape nous amène à nous poser la question suivante : peut-on se contenter des informations que nous apporte notre conscience?

Dans la suite du texte, Freud montre clairement sa position en utilisant l’ironie après une première phrase de concession : « Je veux bien concéder qu’à l’ordinaire, le service de renseignements qui dessert ta conscience suffit à tes besoins ». Dans cette seconde étape, on retrouve les principaux arguments de Freud. Par cette phrase de concession, il veut dire que de façon générale, les informations desservies par la conscience sont suffisantes pour répondre à nos besoins vitaux. Or, par la phrase qui suit et surtout par l’expression « Tu peux te bercer de l’illusion », il montre toute son ironie et donc sa position. Par cette phrase, il veut dire que l’on peut vivre en pensant que l’on sait tout ce qui est important, tout ce qui est à savoir. Par la suite, Freud revient sur la précédente concession : « Mais dans bien des cas, par exemple dans celui d’un conflit pulsionnel de ce genre, il est en panne, et alors ta volonté ne va pas plus loin que ton savoir », il veut dire par ici que si l’on admet que la conscience correspond au psychisme, alors on ne peut expliquer ce qui se passe lors d’un conflit pulsionnel, de toute maladie mentale ou d’un rêve… Dans ces cas-là, notre volonté ne peut rien et se limite à ce dont on est déjà conscient (« au savoir »). La pulsion ne vient donc pas de la conscience. Elle vient donc d’une autre partie du psychisme.
Dans la phrase suivante, Freud dit « Mais dans tous les cas, ces renseignements de ta conscience sont incomplets et souvent très peu sûrs », d’après lui, même si l’on perçoit les choses importantes crête à la conscience, nos pensées conscientes sont incomplètes. En outre, elles seraient quelques fois fausses… Elles sont donc en partie modifiées ou censurées avant de passer dans le conscient.
Freud dit aussi dans la fin de la phrase : « par ailleurs, il arrive assez souvent que tu ne sois informé des évènements que quand ils ne sont déjà accomplis et que tu ne peux plus rien y changer » : la conscience n’est donc pas à l’origine de toutes nos actions.
Chacun de ces trois arguments montre bien que le psychique est différent de ce qui est conscient. Cette seconde étape nous amène donc à nous poser la question de la légitimité de la psychanalyse : peut-elle être considérée comme une science à part entière?

C’est dans la troisième et dernière étape du texte que Freud montre explicitement que la psychanalyse est nécessaire et légitime, « Qui saurait évaluer, même si tu n’es pas malade, tout ce qui s’agite dans ton âme et dont tu n’apprend rien, ou dont tu es très mal informé? ».
Cette étape sert de réponse au problème posé. Par la question qu’il pose en premier lieu, il veut dire que même en n’étant pas malade (mental : névrose, psychose…), on n’a pas conscience de tout ce qu’il se passe dans notre intériorité et implicitement, il introduit la notion d’inconscient psychique. Puis dans la phrase suivante, on retrouve encore de l’ironie avec la métaphore du roi. En effet, l’homme des renseignements que lui fournit sa conscience et ne plonge pas au fond de lui-même pour écouter la voix de son inconscient. Un roi n’écoutant pas la voix du peuple, peut craindre une révolte de celui-ci, une insurrection comme il y en a eu une en France en 1789.. Il en va de même pour l’homme qui n’écoute pas son inconscient et se contente de ce que lui apporte sa conscience, il peut en effet craindre une situation insurrectionnelle.. Dans la dernière phrase su texte, Freud conclut et conseille évidemment la psychanalyse pour « éviter de devenir malade ». La méthode de la psychanalyse est au sens propre, une analyse du psychisme : le principe qui l’anime est de chercher la source des perturbations du psychisme lui-même, et non dans un mécanisme corporel qui lui serait extérieur. Elle se heurte logiquement, dès son apparition, à une double hostilité : celle de la tradition médicale selon laquelle le traitement des symptômes ne peut consister qu’en une action effective sur leurs causes organiques ; et celle de la tradition philosophique issue de Descartes, selon laquelle le psychisme est intégralement conscient par définition, si bien que ce qui est obscur en lui ne peut venir que du monde extérieur. L’enjeu de ce double combat est la notion d’inconscient psychique (principe de l’argumentation de Freud), clé de la psychanalyse.

Ce texte de Sigmund Freud pose le problème de savoir si le psychisme et la conscience ne font qu’un. La réponse qu’apporte Freud est que ce sont deux choses différentes. En effet, Freud sous-entend la notion d’inconscient psychique et ainsi, le psychique comporte la conscience et l’inconscient psychique et non seulement la conscience. L’enjeu de cette thèse est que l’origine de toutes nos pensées est inconsciente et donc que l’on ne contrôle pas nos pensées est inconsciente et donc que l’on ne contrôle pas nos pensées. De plus, ce texte nous a permis de cerner le champ de la psychanalyse et, par la même, son objet d’étude (le psychisme inconscient) et ainsi de nous sensibiliser aux difficultés de la psychanalyse se construisant comme science du psychique. La principale difficulté de la thèse de Freud est que l’on a seulement à faire aux effets de l’inconscient psychique, il n’y a pas de preuve tangible de son existence. De plus, cette thèse soulève des objections : celle de la tradition médicale qui consiste à traiter les symptômes des maladies par une action sur les organes « responsables »; et celle de la tradition philosophique issue de Descartes selon laquelle le psychisme est totalement conscient. Il semble tout de même que la thèse de Freud soit juste : le psychisme concerne tout ce qui se passe dans l’âme donc le conscient et l’inconscient. Enfin, en ce qui concerne la psychanalyse, elle est légitime mais pas forcément nécessaire. C’est une science à part entière mais elle peut s’étaler sur 30 ans donc elle ne peut pas être imposée à un patient car c’est tout de même un gros sacrifice (de temps et d’argent). De plus pour quelque un qui ne souffre d’aucune maladie mentale, une psychanalyse peut se révéler être source de trouble(s).