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La connaissance de soi comporte-t-elle des obstacles ?

Copie entièrement restranscrite d'un élève. Note obtenue : 14/20

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: Switchspong (élève) •

La plupart des hommes pensent souvent que la connaissance de soi leur est acquise. Cela leur apparaît même comme une sorte d’évidence, car comme l’a dit judicieusement Rousseau « Passant ma vie avec moi-même, je dois me connaître ». Cependant c’est un projet bien plus complexe qui va au-delà du simple apprentissage superficiel de la connaissance corporel. En effet, si un tel projet était aussi facile d’accès, l’humanité en serait qualifiée de prévisible alors que pratiquement personne à l’heure actuelle ne peut se vanter d’avoir une connaissance parfaite de sa propre personne et de le prouver.
Mais quelles difficultés doit-on surmonter pour y accéder ? En effet, cela présuppose qu’un tel projet est entravé par différents obstacles qu’il est nécessaire de surmonter pour y parvenir. Avons-nous la capacité d’être suffisamment objectif pour se juger soi-même ? Car il faut également prendre conscience que dans cette épreuve nous somme celui qui observe mais aussi celui qui est observé.
Ainsi nous nous intéresserons aux différentes causes qui font que la connaissance de soi est un projet difficile pour l’homme, qu’elles soient intérieures (ne concernant que le sujet intéressé) ou extérieures (prenant en compte d’autres facteurs, différents du « moi »).

Commençons par l’aspect extérieur du problème, c'est-à-dire en lien avec la société, car le désir de vouloir se connaître résulte souvent de nos rapports avec les autres et de l’environnement qui nous entoure.
En effet, l’homme est soumis a une société dans laquelle : la classe sociale, l’époque à laquelle il vit (les valeurs évoluant au cours du temps), la religion ou encore les idéologies politiques peuvent avoir une influence sur lui. Une société qui prend soin d’instaurer des valeurs, des connaissances, mais aussi les règles qu’il doit retenir et qu’il ne doit pas enfreindre. Au contraire, Socrate invitait ses contemporains à penser par eux même et ce fût malheureusement ce pourquoi il fût condamné. C’est d’une part, la raison pour laquelle souvent la réponse des hommes est influencée par leurs affects, leurs émotions, par exemple le racisme (c’est que l’on appelle les préjugés), mais d’autre part, cela fait aussi que notre faculté d’évaluation est déformée et ainsi obstrue notre capacité à nous connaître nous-mêmes en ayant notre propre jugement.
Par ailleurs, mis à part la société en général, autrui joue également un rôle majeur car l’homme n’acquiert pas une connaissance de lui-même par la seule introspection solitaire, mais aussi grâce à des données qu’il reçoit de l’extérieur et notamment d’autrui qui est donc un obstacle important pour la connaissance de soi et notamment lorsque celui-ci provoque le sentiment de honte. La honte est par définition, la prise de conscience du regard des autres et qui aboutit à un sentiment d’infériorité et d’humiliation. Illustrons notre théorie : lorsque l’on est amené à commettre un acte embarrassant, par exemple un bruit corporel, l’un de nos réflexes instinctifs est de regarder autour de nous, avec ce souci préoccupant de témoin. Si effectivement il y en a, apparaît cette crainte de l’hypothétique regard qu’il porte alors sur nous et même de s’identifier à ce regard.
Egalement, L’éducation ou le rôle des parents est un facteur non négligeable vis-à-vis du rôle d’autrui, car il peut être à l’origine de ce phénomène qui est « la peur de décevoir ». En effet, dès leur plus jeune âge, les parents ont une certaine influence sur leur descendance, ils ont tendance à les voir selon leur propre idéal, projetant en eux leurs espoirs ou encore leurs convictions et parfois même en s’appropriant leur avenir. Ce qui fait que par peur de les décevoir, l’enfant peut être sujet d’un sentiment de culpabilité, si ces propres projets vont à l’encontre de ceux de ses parents. Il essaie donc au mieux, de combler leurs attentes en restant fidèle à la conception idéale que ses parents ont de lui.
Cela présuppose donc que le regard que porte sur moi autrui a une importance et même que je crains de m’identifier à son regard, donc que l’on a tendance à se voir soi-même seulement comme autrui nous voit.
On peut ainsi qualifier la présence d’autrui de négative et qu’elle est un obstacle à la connaissance de soi.

Passons à présent à l’aspect intérieur du problème, c'est-à-dire que cette incapacité de l’homme à se connaître provient avant tout de lui-même. C’est une sorte de parcours de soi à soi. Cependant, connaissance de soi ne signifie pas complètement conscience de soi. Descartes nous permet avec certitude, grâce à son expérience du cogito, de prouver que l’homme existe en tant que sujet pensant, mais ne nous éclaire pas plus sur le fameux « moi » qui pense.
Par ailleurs comme le souligne Bergson « nous sommes intérieurs à nous-mêmes et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître. Point du tout ; notre esprit y est comme à l’étranger » ce qui sous entend que nous sommes étrangers à nous-mêmes. De plus Spinoza définit l’homme par le désir, ce qui signifie que le désir est ce qui guide les actes de l’homme et non pas sa raison. Que la vérité, face à la puissance du désir est sans pouvoir, car elle est bien souvent plus difficile à prendre en compte que le rêve ou l’imagination. Ce qui fait que l’homme, pour vaincre cette méconnaissance de lui-même doit faire preuve d’une certaine lucidité et accepter ses forces comme ses faiblesses même par peur de se décevoir lui-même. Cette acceptation est donc une étape capitale pour ainsi sortir de cette illusion et avoir déjà une certaine maîtrise de lui même.
Cependant, ce n’est que la moitié du voyage, car il reste encore le problème de l’inconscient qui a également son rôle à jouer dans cette quête de la connaissance de soi. Je m’explique : l’esprit humain est composé d’éléments comme certains désirs cachés qui constituent le refoulement et donc l’inconscient. La théorie de l’inconscient est parfaitement illustrée par Freud dans son emblématique « Cinq leçons sur la psychanalyse » avec la fameuse notion d’hystérie, qui renvoie à un ensemble de symptômes sans affection organique. Freud réussit néanmoins à soigner ses patients souffrant de cette maladie, qui s’attaquait seulement à l’esprit en se penchant sur le problème de l’inconscient est a remis ainsi en cause le dualisme cartésien en affirmant que l’homme était obscure à lui-même. Ce refoulement qui provenait donc de notre inconscient signifie en quelque sorte que l’homme se fait un mensonge à lui-même.
Cependant, l’inconscient n’est pas un problème insurmontable et lorsque l’homme parvient à se l’approprier, il découvre souvent une part de lui-même dont il ignorait totalement l’existence et aboutir ainsi à un accomplissement personnel et à sa libération psychique : donc parvenir à une étape primordiale de la connaissance de soi.

Ainsi, la méconnaissance de soi résulte bien de différents obstacles qui sont soit dus à des facteurs extérieurs comme les différentes valeurs, croyances qui nous sont inculquées par la société ou encore l’importance que l’on porte au regard d’autrui sur nous-même. Mais aussi les facteurs intérieurs relevant du conscient avec la prise en compte d’une certaine lucidité après la peur de se décevoir soi même, et également aussi ceux relevant de l’inconscient avec notamment le problème du refoulement.
Cependant ces obstacles ne sont pas insurmontables et aboutissent au final à un accomplissement personnel, une forme de liberté et même, pourquoi une des voies à suivre pour accéder au bonheur.