I. Analyse du sujet
C’est un sujet sur la vérité, seule notion explicite de l’intitulé. Cependant l’idée de « renoncer » et la possibilité même de renoncer nous invitent à penser la marge de liberté que nous avons. Ce sujet associe donc deux notions importantes du programme de philosophie : vérité et liberté.
La principale difficulté d’un tel sujet est son extension, il est en effet très large. On peut envisager la question dans le domaine de la science, de la politique, de la justice ou encore d’un point de vue moral. Il faut donc choisir judicieusement son entrée et ne pas se perdre en route. C’est cependant un beau sujet de philosophie, classique, qui devrait permettre au candidat qui aime réfléchir de s’adonner à l’exercice de son jugement et lui permettre de mettre en valeur ses connaissances.
Qu’il s’agisse de la quête de vérité, le désir de connaître, ou de la possession de la vérité, de la connaissance déjà acquise, la vérité peut être entendue comme adéquation au réel (est vrai un discours conforme aux faits). En ce sens, renoncer à la vérité est un pur et simple défaut de « bon sens ». Renoncer au savoir qu’on possède, ce serait renoncer aux significations obvies, aux directions qui nous conduisent et éclairent notre action et nos jugements.
La vérité peut aussi être entendue comme ce qui est démontré suivant une déduction logique et aboutit à une conclusion universelle et nécessaire, dans ce cas on voit mal comment on pourrait renoncer à la vérité sans renoncer aussi aux points de départ du raisonnement et aux règles du calcul, ce qui apparaît là aussi absurde.
Ce qui fait problème dans l’énoncé c’est donc bien l’idée de renoncement. « Renoncer » suppose une démarche volontaire de rejet du savoir en notre possession ou du rejet de la curiosité.
« Peut-on » interroge la possibilité (est-il possible de renoncer à la vérité ? devant la vérité suis-je libre de ne pas y adhérer et de m’en défaire ?) ; mais il interroge aussi la capacité (est-il dans mes moyens de renoncer à la vérité ?), ou encore le droit (a-t-on le droit de renoncer à la vérité sans qu’un tel renoncement mette en cause notre condition d’être raisonnable ?).
Le renoncement à la vérité peut relever de la simple absurdité qui consiste à nier l’évidence, il conduit dans ce cas à l’obscurantisme, c’est-à-dire la pure et simple négation des pouvoirs de la raison de l’homme.
Mais le renoncement à la vérité peut aussi reposer sur une position philosophique élaborée comme celle du sc