philosophie • dissertation • Annale bac 2015, Série S

La politique échappe-t-elle à l’exigence de vérité ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

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I. Analyse du sujet

Il s’agit d’un sujet objectivement difficile qui demandait une bonne maîtrise des notions de Politique, de Morale, de Vérité. Mais aussi des exemples tirés de l’histoire. Il demande en outre une problématisation serrée pour être en mesure de construire un plan logique qui aboutisse à un examen complet du problème.

II. La problématique

– L’exigence de vérité renvoie à un souci fondamental de l’homme, un souci quasi métaphysique. On en trouve l’expression dans la Métaphysique d’Aristote lorsqu’il dit par exemple : « L’homme aime naturellement savoir ». Cette exigence de vérité est à la source de toutes les connaissances humaines.
– On pouvait penser par exemple à l’Allégorie de la caverne de Platon où le philosophe s’extrait des chaînes de l’ignorance et de l’illusion pour atteindre la vérité des essences.
– On pouvait aussi penser aux vérités de type scientifique, appuyées sur des méthodes rationnelles de calcul et une vérification expérimentale, garanties de leur valeur rationnelle et de leur universalité.
– Mais cette « exigence de vérité » a aussi et surtout un sens d’un point de vue moral. Le contraire de la vérité c’est soit l’erreur, soit l’illusion, soit le mensonge. Moralement le mensonge est condamnable et condamné, comme par exemple par Kant dans son dialogue avec Benjamin Constant Sur un prétendu droit de mentir, justement parce que la maxime de son action n’est pas universalisable.

S’il n’est pas inutile de parcourir tous les domaines où l’exigence de vérité prend sens c’est que le problème vient justement de la place de la politique dans cet ensemble. Cette place est singulière car ce serait la place d’une exception.

C’est le sens du verbe « échapper ». On pourrait volontiers y lire : la politique fait-elle exception à l’exigence de vérité ?

On remarquera que c’est une doxa (une opinion) assez répandue que les hommes politiques sont des menteurs professionnels, et l’on se plaît souvent à comparer les décisions politiques avec les promesses de la campagne électorale pour mieux montrer l’écart entre les paroles et les actes.

Il y a même eu par le passé un président de la République qui a été figuré par des amuseurs télévisuels non en Superman mais en Supermenteur !

Au regard de l’exigence de vérité, la politique ne se conduirait donc pas comme les autres domaines (existentiel, scientifique et surtout moral). Elle aurait une sorte de « morale » propre qui ferait fi des valeurs de la morale ordinaire. Et l’on pourrait là

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