I. L’analyse du sujet
Un sujet classique sur le rapport nature-culture. Des connaissances en ethnologie sont bienvenues.
Le sujet porte sur la notion de **culture**, c’est-à-dire le processus par lequel l’homme transforme la nature et sa propre nature, ce qui aboutit, chez chaque peuple, à un ensemble déterminé de modes de vie, de comportements, de pensées acquis et transmis par les mœurs, coutumes et traditions ; chez chaque individu, de manière plus ou moins accentuée, à un développement des facultés intellectuelles et à une formation du goût et de la sensibilité pouvant aller jusqu’à un grand raffinement. C’est pourquoi le mot "**homme**" peut être compris dans un sens collectif (l’humanité, les peuples, les civilisations) ou individuel (la personne humaine). On insistera cependant sur le sens collectif puisque le processus de civilisation caractérise l’humanité.
Une des difficultés du sujet réside dans le terme "**dénaturer**" qui présuppose que l’homme aurait une nature première qui aurait été dépravée, pervertie ou détruite par la culture. C’est ce présupposé qu’il fallait examiner et remettre en question, en montrant toute l’ambiguïté de l’idée de **nature humaine** qui renvoie à une dimension biologique (l’unité génétique de l’espèce), ontologique (une essence), et morale (un idéal à réaliser). D’un point de vue individuel, le terme désigne des dispositions, aptitudes ou mêmes traits de caractère innés, mais il faut d’emblée souligner la difficulté à distinguer l’inné de l’acquis chez l’homme.
II. La problématique du sujet
Le spectacle des méfaits de la vie sociale, l’hypocrisie, l’artifice, les calculs égoïstes, la recherche du pouvoir, de la gloire, du luxe et d’un raffinement ostentatoire peuvent entraîner une sorte de nostalgie d’un état de nature, où l’homme, dans sa simplicité et liberté premières, aurait gardé toute son authenticité. Et on dévalorise ainsi le processus de civilisation et d’éducation.
Mais cela repose sur le présupposé discutable et pour ainsi dire édénique qu’il existerait une nature première de l’homme et un état originaire pré-culturel. L’homme n’est-il pas un être tout entier bioculturel, et la culture n’est-elle pas ce qui caractérise son humanité même ?
Il faudrait envisager alors la culture comme un accomplissement, et non comme une dénaturation de l’homme, et l’éducation comme une formation, non comme une déformation.
La différence que l’on peut regretter entre l’humanité réelle et l’idéal d’une humanité accomp