# La compétence donne-t-elle des droits ?
## L’analyse du professeur
Ce sujet présente une complexité méthodologique majeure : il ne se réfère pas à un seul domaine de réflexion, ce qui oblige à glisser, dans les exemples mobilisés, d’un secteur philosophique à un autre (ou, pour le dire dans le langage du lycée, d’un thème du programme à un autre). Il convient donc de veiller à ce que toutes les références ou les exemples mobilisés ne réduisent pas le champ de compréhension de la notion de compétence. Il convient en ce sens de partir de la définition la plus construite possible de la compétence. La compétence désigne généralement l’articulation entre une excellence intellectuelle (qui tient à la connaissance que possède un individu d’un domaine particulier de la réalité) et un excellence technique ou pratiques (qui est liée à un savoir-faire, à une habileté particulière à manier les choses concrètes). La question posée par le sujet suppose donc implicitement l’opposition entre l’homme compétent à l’homme ignorant pour savoir si la possession de qualités particulières, d’une excellence propre, permet à celui qui les possède plus qu’à celui qui en est dépouillé. Autrement dit, peut-on déduire du fait de l’excellence (qui donne une valeur supérieure à une homme dans le domaine de sa compétence) le droit à une liberté d’action plus grande ?
## Plan proposé
### Partie 1
De prime abord, nous aurions spontanément tendance à répondre que la compétence donne plus de droits à celui qui la possède puisqu’il est plus qualifié pour agir.
a La compétence se définit en effet comme la possession d’une connaissance suffisante pour rapporter des problèmes pratiques à un cadre d’analyse théorique qui évalue les choses non en fonction de l’urgence de la situation mais à partir de principes vrais et justifiables conceptuellement.
b En outre, la compétence ne se résume pas à un savoir théorique : elle est un savoir pratique au sens où celui qui est compétent possède une connaissance historique des expériences passées des hommes, connaissance qui lui permet ainsi
de comparer une situation particulière à d’autres situations similaires qui lui permettent d’évaluer les solutions possibles de cette situation au regard des autres solutions déjà expérimentées.
c Enfin, la supériorité de la compétence se comprend parce qu’elle donne à celui qui la possède les moyens d’innover et de ne pas se trouver emprisonné ni dans l’urgence d’une situation, ni dans la répétition des expéri