# Annales 2007 - Peut-on en finir avec les préjugés ?
## L’analyse du professeur
Ce sujet porte sur la force de conviction des préjugés. Le préjugé semble s’enraciner en profondeur dans l’être humain, à ce qui est le plus intime en lui, à tel point qu’il ne semble jamais possible d’en finir, quand bien même la fausseté ou l’imposture en serait démontré. Il y a donc un paradoxe implicite qui sert à constituer la problématique : en quoi ce qui apparaît comme un préliminaire insuffisant (le "pré" du préjugé), comme une surface, peut-il posséder une force telle qu’il peut rivaliser avec ce qui est prouvé et démontré ?
Nous définissons classiquement le préjugé comme un "jugement avant", c’est-à-dire un jugement rapide qui est en défaut par rapport au vrai jugement, un jugement qui se situe avant une analyse approfondie et auquel il manque une preuve et une démonstration solides. Cette définition impliquerait donc qu’il serait simple d’en finir avec les préjugés puisqu’il suffirait de leur substituer le pouvoir du vrai. Pourtant, il arrive bien souvent qu’une argumentation rationnelle ne vienne pas à bout de préjugés qui apparaissent alors indéracinables. Comment alors expliquer que le préjugé s’enracine aussi profondément dans l’individu et parvienne à le convaincre à tel point qu’il a bien souvent plus de force que des idées connues depuis longtemps ?
## Plan proposé
### Partie 1
a Nous pouvons d’abord constater que le préjugé a une force de conviction qui se traduit par exemple dans la façon dont certains préjugés se retrouvent dans l’histoire, à travers les époques ou dans des contextes souvent différents.
b Le préjugé a donc une forme qui s’adapte facilement au raisonnement et s’enracine aisément dans l’esprit. Il semble annihiler le jugement personnel en véhiculant des idées reçues qui correspondent à une culture dans laquelle baigne l’esprit.
c Il est en outre possible de supposer que la force de conviction du préjugé ne peut s’expliquer que parce que l’esprit l’acquiert facilement. Le préjugé rassure
l’esprit par sa simplicité et sa naturalité : il semble avoir toujours fait partie de l’esprit qui se plait à l’entretenir.
## Partie 2
a Le préjugé ne peut toutefois se résumer à ce que nous venons d’en dire. Pourquoi sinon résisterait-il aux analyses rationnelles ? La force du préjugé semble excéder l’espace de la raison.
b Ce qui fait en effet la force du préjugé est moins son caractère rationnel (puisque sa force d’analyse manque) que sa capac