philosophie • dissertation

Peut-on être esclave de soi-même ?

Publié le : • Proposé par : Léo T., TS (élève)

Ce corrigé, originellement sur le site www.ac-grenoble.fr, a été importé comme une archive au format PDF à télécharger.

# Peut-on être esclave de soi-même ? par Léo Turquet TS3

Collectif Sarka-SPIP

10-13 minutes

Dérivant du mot latin *servus* pour désigner l’individu dont la vie et sauve après un combat à condition qu’il mette ses forces au service du vainqueur, la condition et la notion d’esclave n’en reste pas moins différente pour bien des philosophes comme Aristote ou bien Nietzsche. Le sujet "peut-on être esclave de soi-même ? nous apparaît alors difficile à analyser. En effet, ne sommes-nous pas esclave seulement d’autrui ? La conscience de soi n’impose-t-elle pas une liberté, un contrôle ou bien une certaine maîtrise de nous-même ?

Nous allons tenter de démêler ce problème en exposant tout d’abord la servitude subie par autrui. Ensuite, nous verrons qu’il n’est pas si paradoxal que cela de penser que nous pouvons en effet être esclave de nous-même, notre personne n’étant pas composée d’une seule partie. Finalement, l’être libre se révélant être le contraire de l’être asservi, nous essaierons de démontrer dans quelles conditions cette accession à la liberté est rendue possible, ou plutôt comment sortir de notre propre servitude ou aliénation.

***

Tout d’abord, lorsque l’on aborde le thème de la servitude, il paraît justifié de penser que nous sommes l’esclave d’un autre, ou, ici, d’un maître. En effet, la notion d’esclave apparaît avec la guerre. Les prisonniers ont la vie sauvée à condition qu’ils se dévouent corps et âme au service du vainqueur. Ainsi retrouve-t-on la relation maître/esclave au temps des colonies mais surtout avec le commerce triangulaire, exercé du XVème au XIXe siècle entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. On y retrouve des violences physiques prolongées qui deviennent blessures morales, et tout cela n’est infligé que par autrui. La liberté de l’être est réduite à néant. L’homme n’est donc ici pas esclave de lui-même mais esclave d’autrui.

Ensuite, outre l’esclavage subi par quelqu’un d’autre, plusieurs autres institutions nous asservissent. En effet, Aristote pensait que être esclave était une nature ainsi écrit-il dans *Les politiques* "être capable de prévoir par la pensée c’est être par nature commander c’est-à-dire être un maître par nature, alors qu’être capable d’exécuter physiquement ces c’est être à être commandé c’est-à-dire être esclave par nature. C’est pourquoi la même chose est avantageuse à un maître et à un esclave. " (I, 2, 1252a). Cette pensée fut notamment reprise lors de l’exploitation des peuples d’Amérique latine p

Téléchargez le document au format PDF
Obtenez un accès immédiat à tous les contenus premium