# Philo52
HAUTION Pierre-Jean
29-37 minutes
Comme vous le constaterez, il ne s’agit pas d’une proposition de devoir en bonne et due forme. J’y ai inclus de longues citations (avec leurs références précises) qu’il serait difficile d’attendre de la part d’un candidat aux concours ; j’ai développé de manière approfondie certaines références que je n’aurais pas eu le temps de développer autant lors d’un devoir en quatre heures ; j’ai mis des titres ; j’ai ajouté certains commentaires, etc. Je n’ai pas développé en revanche les références qui ont été bien exploitées dans les copies (Descartes et Freud, par exemple).
# Introduction
Entrée en matière : Qui n’a jamais entendu (voire chanté) le premier couplet de L’Internationale, dont les paroles ont été écrites par Eugène Pottier en 1871 ?
"Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout. "[1] Chant révolutionnaire par excellence, qui traversera les frontières, L’Internationale signifie clairement la nécessité, pour tous les opprimés, de renverser l’ordre ancien en en supprimant toute trace, c’est-à-dire, comme cela est explicitement exprimé, de...
**Énoncé du sujet :... "faire table rase du passé"**.
**Problématique** : Comment toutefois envisager une telle action ? Est-il tout d’abord possible de prendre une telle expression à la lettre ? Comment en effet, le passé désignant ce qui a eu lieu, effacer celui-ci, c’est-à-dire faire qu’il n’ait pas été ? (= 1er problème) Plus que le passé lui-même, ne sont-ce pas les traces de celui-ci, sa mémoire, qu’il s’agirait alors d’effacer ? Cependant, une telle entreprise n’apparaît-elle pas inutile dans la mesure où ces traces semblent s’effacer d’elles-mêmes ? (= 2e problème). Par ailleurs, vouloir faire table rase du passé, autrement dit l’effacer totalement, c’est considérer que le présent peut entièrement s’affranchir du passé. Or, c’est nier que le présent est justement le produit du passé, et que sans passé, le présent n’aurait pu advenir. Vouloir nier le passé, c’est en ce sens s’interdire tout présent, et *a fortiori* tout avenir (ne dit-on pas justement que celui qui n’a pas de passé ne sait pas où il va ?) N’y aurait-il pas là un danger pour les hommes, qu’ils soient considérés individuellement ou collectivement ? (= 3e problème) À l’inverse, considérer qu