Platon, L'apologie de Socrate: La mort

Explication linéaire du texte suivi du commentaire :
a) Pourquoi ignorer la mort
b) Pourquoi se concentrer plutôt sur la vie

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: thibaultl (élève) •

Texte étudié

Nul en effet ne sait ce qu'est la mort, ni si par hasard elle n'est pas pour l'homme le plus grand des biens ; mais on la redoute comme si on ne savait pertinemment qu'elle est le plus grand des maux. Comment ne pas voir la cette ignorance qu'il faut stigmatiser, celle qui consiste à croire que l'on sait ce que l'on ne sait pas ? Ensuite en ce qui me concerne, MM., Voici probablement en quoi je me distincts sur ce point de la plupart des autres hommes : si je devais me prétendre plus savant qu'un autre en quelque chose, ce serait ceci que, n'en sachant pas assez sur ce qui advient dans l'Hadès, j'ai bien conscience aussi de ne pas le savoir. Mes commettre une injustice et désobéir un meilleur que soi, dieu ou homme, cela je sais que c'est mauvais et honteux. Jamais donc je ne redouterai ni ne fuirai ce qui, sait-on jamais, et peut-être un bien, avant un mal dont je sais qu'il est un mal.

Platon, L'apologie de Socrate - paragraphe 20a

Introduction

Pour comprendre ce texte, il fallait être attentif au paragraphe 19 où Socrate émet une objection populaire : a-t-il eu raison de se livrer à des actes qui étaient visiblement risqués ? N’était-il pas plus sage de craindre la mort et de s’abstenir. Socrate a répondu au contraire que la mort ne doit jamais être prise en considération quand il faut choisir entre le bien et le mal : dans notre texte il va essayer de montrer que craindre la mort n’est jamais sage.

Plan

Partie 1 : phrase 1 jusqu’à les plus grand des biens
Titre : Ignorance générale sur la mort

Partie 2 : phrase 1 fin et phrase 2
Crainte générale de la mort, incompatible avec l'ignorance

Partie 3 : phrase 3
Exception de Socrate concernant sa lucidité sur la mort

Partie 4 : phrase 4
Affirmation du savoir sur l'injustice

Partie 5 : Phrase 5
Conclusion du raisonnement

Explication du texte

Partie 1

La mort est-elle le pire des maux ? Y a-t-il des choses qui valent que l’on risque sa vie ? La thèse de Socrate c’est que la mort n’est pas le pire des maux et que l’on ne doit pas la craindre.

Explication : affirmation catégorique, refus de l’ignorance de la mort pour tout le monde. Elle n’est pas justifiée mais est évidente. La suite formule une superposition étonnante et si la mort était la meilleure des choses.
Cette superposition est d’abord purement logique car ne sachant rien sur la mort, on ne peut rien prouver contre cette hypothèse.

Socrate mentionne cette hypothèse pour prendre le contrepied de la croyance habituelle faisant de la mort un mal. On peut penser qu’il y a un sous-entendu religieux avec l’affirmation d’une vie après la mort dans l’au-delà. Le débat devient alors c’est après mort est elle heureuse ou malheureuse car il n’y a pas de jugement dernier dans le polythéisme. Mais on n’est pas obligé d’adopter le point de vue de l’époque car on peut toujours se demander philosophiquement si la vie vaux mieux avec ou sans la mort

Partie deux

Socrate exprime le paradoxe de la mort, c’est pour tout le monde la plus grande des peurs cela signifie que pour les gens la mort est la pire des choses. Mais pour qualifier la mort, il faut la connaître, ce qui est impossible. Donc on ne devrait pas avoir peur de ce que l’on ignore : sur la mort on sait juste qu’elle existe mais on ne sait rien de ce qu’elle est.

Alors Socrate interprète ce paradoxe par une question rhétorique : Les hommes ont tendance à dire plus que ce qu’ils savent, ils ne savent pas reconnaitre les limites de leur savoir et on peut penser que c’est à cause de leur imagination (par exemple sur les mythes religieux, sur les enfers)

Partie trois

Socrate s’affirme comme distingué mais dans un style modeste car son savoir est à peine supérieur à celui des autres. Conscience de ses limites : lorsque Socrate ne sait pas, il assume son ignorance. Ce qui débouche sur un résultat positif : se poser des questions a des résultats bénéfiques et nous facilite la vie.

Partie quatre

La partie quatre fait contraste avec la trois. Puisqu’il est question de savoir Socrate n’est donc pas totalement ignorant puisqu’il connaît le sentiment de justice et de l’injustice.

Ce sentiment est bel et bien expérimental et vérifiable dans la vie humaine. Socrate donne un exemple : désobéir à meilleur que soit, dieu ou hommes. Ce qui montre la nécessité d’une hiérarchie dans la lignée humaine. Hiérarchie politique en société, et religieuse en religion. D’où la partie numéro cinq ou Socrate assume son avenir et son ignorance.

Partie cinq

Socrate établit une balance des mots : d’un côté il n’y pas à redouter la mort de l’autre, il y a à redouter de connaître l’injustice. En l’occurrence en refusant de poursuivre son enquête philosophique donc il conclut qu’il ne renoncera pas à la philosophie sous prétexte que cela a mis en danger sa vie.

Commentaire

a) Pourquoi ignorer la mort

L’idée qu’ignorer la mort empêche de la craindre paraît logique et pourtant tout le monde craint la mort à partir du moment où on y pense vraiment, où cet événement est souvent associée à la souffrance.

Ensuite le phénomène de la mort est irréversible et nous sépare des joies de cette vie et surtout ceux de nos proches. Elle procure à nos proches une douleur.

Enfin l’inconnu suscite un minimum de méfiance, on souffre de ce que l’on n’ignore pas ce qu’on ne peut en mesurer la gravité éventuelle et que l’on fait fonctionner son imagination sans limites.

b) Pourquoi se concentrer plutôt sur la vie

Mais secteur de l’inconnu et contrôlable, elle a quelque chose de maladif. Si on laisse fonctionner son imagination alors on aura peur de tout sans cesse et l’on ne fera plus rien. L’argument de Socrate est donc de contrôler son imagination puisque le pire n’est pas sûr et de faire face à ce qui est certain. Mieux vaut s’appuyer sur le certain qui nous donne des raisons de vivre pour lequel il vaut la peine de mourir éventuellement.

Mais on peut à nouveau s’interroger sur des raisons de vivre qui conduisent directement à la mort. Il y a des principes suffisamment valables pour affronter la mort en leur nom et pour que l’on se sacrifie. La vie n’est pas la valeur la plus précise que l’on doit défendre.

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