Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier - Excipit

Commentaire synthétique en trois parties :
I. L’histoire et l’Histoire sont mêlées
II. La passion amoureuse est tressée avec la mort
III. Un dénouement édifiant

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: florentc (élève)

Texte étudié

Le prince feignit d’être malade, afin qu’on ne s’étonnât pas de ce qu’il n’entrait pas dans la chambre de sa femme. L’ordre qu’il reçut de s’en retourner à la cour, où l’on rappelait tous les princes catholiques pour exterminer les huguenots, le tira de l’embarras où il était. Il s’en alla à Paris, ne sachant ce qu’il avait à espérer ou à craindre du mal de la princesse sa femme. Il n’y fut pas sitôt arrivé, qu’on commença d’attaquer les huguenots en la personne d’un de leurs chefs, l’amiral de Châtillon ; et, deux jours après, l’on fit cet horrible massacre si renommé par toute l’Europe. Le pauvre comte de Chabanes, qui s’était venu cacher dans l’extrémité de l’un des faubourgs de Paris, pour s’abandonner entièrement à sa douleur, fut enveloppé dans la ruine des huguenots. Les personnes chez qui il s’était retiré l’ayant reconnu, et s’étant souvenues qu’on l’avait soupçonné d’être de ce parti, le massacrèrent cette même nuit qui fut si funeste à tant de gens. Le matin, le prince de Montpensier, allant donner quelques ordres hors la ville, passa dans la rue où était le corps de Chabanes. Il fut d’abord saisi d’étonnement à ce pitoyable spectacle ; ensuite, son amitié se réveillant, elle lui donna de la douleur ; mais le souvenir de l’offense qu’il croyait avoir reçue du comte lui donna enfin de la joie, et il fut bien aise de se voir vengé par les mains de la fortune. Le duc de Guise, occupé du désir de venger la mort de son père, et, peu après, rempli de la joie de l’avoir vengée, laissa peu à peu éloigner de son âme le soin d’apprendre des nouvelles de la princesse de Montpensier ; et, trouvant la marquise de Noirmoutier, personne de beaucoup d’esprit et de beauté, et qui donnait plus d’espérance que cette princesse, il s’y attacha entièrement et l’aima avec une passion démesurée, et qui dura jusqu’à sa mort. Cependant, après que le mal de madame de Montpensier fut venu au dernier point, il commença à diminuer : la raison lui revint ; et, se trouvant un peu soulagée par l’absence du prince son mari, elle donna quelque espérance de sa vie. Sa santé revenait pourtant avec grand’peine, par le mauvais état de son esprit ; et son esprit fut travaillé de nouveau, quand elle se souvint qu’elle n’avait eu aucune nouvelle du duc de Guise pendant toute sa maladie. Elle s’enquit de ses femmes si elles n’avaient vu personne, si elles n’avaient point de lettres ; et, ne trouvant rien de ce qu’elle eût souhaité, elle se trouva la plus malheureuse du monde, d’avoir tout hasardé pour un homme qui l’abandonnait. Ce lui fut encore un nouvel accablement d’apprendre la mort du comte de Chabanes, qu’elle sut bientôt par les soins du prince son mari. L’ingratitude du duc de Guise lui fit sentir plus vivement la perte d’un homme dont elle connaissait si bien la fidélité. Tant de déplaisirs si pressants la remirent bientôt dans un état aussi dangereux que celui dont elle était sortie : et, comme madame de Noirmoutier était une personne qui prenait autant de soin de faire éclater ses galanteries que les autres en prennent de les cacher, celles du duc de Guise et d’elle étaient si publiques, que, toute éloignée et toute malade qu’était la princesse de Montpensier, elle les apprit de tant de côtés, qu’elle n’en put douter. Ce fut le coup mortel pour sa vie : elle ne put résister à la douleur d’avoir perdu l’estime de son mari, le cœur de son amant, et le plus parfait ami qui fut jamais. Elle mourut en peu de jours, dans la fleur de son âge, une des plus belles princesses du monde, et qui aurait été sans doute la plus heureuse, si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions.

Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier - Excipit

Introduction

• Le plus célèbre roman Mme Lafayette, La Princesse de Clèves s’achève par la mort paisible de l’héroïne éponyme.

• Quelques années auparavant, en 1662, Madame de La Fayette écrit La Princesse de Montpensier, roman historique qui raconte la passion amoureuse qui s’empare du personnage principal.

• Princesse de Montpensier
-> marié au prince de Montpensier
-> succombe au Duc de guise
-> Comte de Chabannes amoureux malheureux de la princesse est pris pour son amant sur un malentendu.

• Récit historique : Au même moment, préparation de la Saint Barthélémy, massacre des protestants par les catholiques le 24 aout 1572.

• Comme la Princesse de Clèves -> achève sur la mort de l’héroïne, mais ce décès s’accompagne ici d’une tragédie historique.

Problématique

Dans quelle mesure cette fin de roman met elle en parallèle résolution de l’intrigue amoureuse et de l’intrigue historique ?

Plan

• L’histoire et l’Histoire sont mêlées
• La passion amoureuse est tressé avec la mort
• Un dénouement édifiant

I. L’histoire et L’Histoire sont mêlées

Le contexte historique

• Événement historique d’importance : la Saint Barthélémy -> extermination des protestants à Paris puis dans toute la France.

• Souligné par l’utilisation du champ lexical de l’horreur et de la violence.

• Les formules utilisés sont souvent hyperboliques et les marqueurs de temps indiquent la soudaineté et la brièveté de cette nuit de violence : « il n’y fut pas sitôt arrivé qu’on commença » « deux jours après », « cette même nuit » , «  le matin »

• Le temps se resserre comme dans une pièce de théâtre, augmente la tension dramatique.

L’intrigue amoureuse

• Le récit tresse ensemble l’histoire et l’Histoire. Mort de la Princesse -> massacre de la Saint Barthélémy.

• Mort violente Chabannes liée aggravation de l’état de la Princesse, rongée par la culpabilité : « ce lui fut un nouvel accablement d’apprendre la mort du comte de Chabannes », d’autant que que le comte de Chabannes apparait comme une figure sacrificielle, puisque sa mort, de même que le prince en retire, sont injuste.

• En effet, sa mort est le résultat d’un double malentendu : il est pris pour l’amant de la Princesse par erreur et il est pris pour un protestant.

II. La passion amoureuse est tressée avec la mort

Des révélations mortelles pour l’héroïne

• L

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