Puis-je juger la culture à laquelle j'appartiens ?

Copie faite par l'élève. Plan : I. Ce qui rend possible le jugement d'une culture, II. Ce qui le rend impossible, III. Ce qu'il advient lorsque je juge la culture à laquelle j'appartiens

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: psmn (élève) •

Juger la culture à laquelle j’appartiens suppose qu’il y ait plusieurs cultures, puisqu’il y en a auxquelles je n’appartiens pas. Il ne s’agit donc pas ici de la culture en tant que processus d’éducation et de travail universel mais au sens de groupes ethniques et sociaux dans des contextes différents. Le première difficulté est de savoir les différencier entre elles afin de définir celle à laquelle j’appartiens et les autres. En effet les sociétés humaines ne se distingent entre elles pas de la même façon ni sur le même plan et de nouvelles différences peuvent intervenir au sein d’une même culture sous la forme sociale.
Des nouvelles découvertes du XVé siècle au fonctionnement de la mondialisation et en passant par le tourisme, l’homme a été amené à rencontrer de nouvelles cultures et à porter un jugement sur elles. Mais à l’inverse, puis-je juger la culture à laquelle j’appartiens ? Un jugement objectif est souvent extérieur, est-il possible de juger la culture dans laquelle j’ai grandi ? Puis-je avoir le recul nécessaire afin de juger ma culture ? Ce qui revient à poser la question du libre arbitre. Où peut mener le jugement que je fais de la culture à laquelle j’appartiens ?
Ainsi nous allons voir dans un premier temps que ce qui rend possible le jugement de ma propre culture, puis ce qui le rend impossible et pour finir ce qu’il advient lorsque je juge la culture à laquelle j’appartiens.

Pour se connaître soi même il faut connaître autrui. Il en va de même pour les cultures qui sont le reflet des sujets qui la forment. La connaissance d’autres cultures me donne les outils nécessaires au jugement de la mienne. En effet en connaissant d’autres cultures je sais quels sont les caractères différentiels qui les distinguent de la mienne et je peux ainsi me permettre de juger ma culture par comparaison. Par exemple bien que les inégalités entre homme et femme existent encore dans notre culture, la comparaison avec les cultures d’Orient où la situation des femmes est bien pire me montre que notre culture reste tout de même beaucoup plus ouverte à ce sujet. Ce qui peut me sembler tout à fait normal et logique peut ne pas l’être dans d’autres cultures. Connaitre les autres cultures c’est mieux connaître la mienne, et c’est cette connaissance qui me permet de pouvoir juger ma propre culture.
Le fait d’appartenir à une culture ne m’empêche pas d’avoir un regard critique sur elle. Un même sujet aurait pu naître dans des cultures et contexts différents, son essence reste pourtant la même. Il faut néanmoins prendre en compte la valeur des expériences, ce que nous verrons dans la deuxième partie.
L’entendement et la raison qui sont de nature chez l’homme sont ce qui me permet de juger et de remettre en cause, ces facultés sont totalement indépendantes de la culture, qui ne pourra agir au mieux que sur la manière de les exprimer. Tous les sujets d’une même culture ne pensent pas la même chose de celle-ci, ce qui porte à croire que la société n’influe pas totalement sur notre libre-arbitre.
Les revendications politiques naissent des différents jugement que peuvent avoir les sujets d’une même société. Au fond, la politique n’est que la remise en cause du système actuel par le jugement. Ainsi, plusieurs partis existent, et souvent aux opinions opposées avec même avec des divergances de point de vu au seins même du parti. Cet exemple démontre qu’il est possible de juger la culture à laquelle on appartient. Dans son discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes Rousseau ira même beaucoup plus loin en remettant en cause la culture même en opposant l’homme de culture et l’homme de nature.
Cependant afin de pouvoir juger une culture il est nécessaire de la connaître parfaitement. Je vis dans la culture à laquelle j’appartiens, j’en ai donc plusieurs expériences personnelles et connaît son fonctionnement. Je suis donc apte à la juger puisqu’en tant que sujet appartenant à cette culture je la connais mieux qu’un sujet qui y serai extérieur. Cependant, il est difficile voire impossible de se juger soi-même. Peut-on alors réellement juger sa propre culture ? Un regard objectif ne suppose-t-il pas un regard extérieur ?

Ma culture définie ma manière de vivre. Ainsi comme nous l’avons vu dans la première partie je peux trouver quelque chose logique et normal du simple fait qu’elle fasse partie de ma culture et de mes coutumes. La culture dans laquelle je vie influe alors directement sur ma façon de percevoir les choses. La société nous formate et nous conditionne, le sujet est prit intégralement dans le fonctionnement de sa culture, y participe et ne peut y échapper. La plupart du temps il épouse l’opinion publique et ne peut s’en détacher. Il est donc incapable de formuler un jugement qui soit vraiment le sien. Dans notre société l’argent est roi, la plupart des gens veulent donc devenir riches sans se demander si l’argent serait réellement une source de satisfaction et de bonheur. La culture engage forcément la présence d’autrui, et mes désirs et mes jugements sont finalement ceux d’autrui. Tout le monde veut être riche, alors je voudrai être riche. Le sujet est donc incapable de se détacher de sa culture, sa vie est conditionnée selon elle et ne connaissant pas même ses propres désirs en dehors de sa société il ne peut formuler un jugement objectif. Je ne peux juger une culture qui m’aliène.
Puisque ma culture conditionne ma manière de vivre je ne peux en concevoir d’autres. Ainsi chaque culture présente une tendance spontanée à l’ethnocentrisme. Lorsqu’on se trouve face à une situation inattendue et inhabituelle on a tendance à réfuter toutes formes culturelles éloignées des nôtres. Montaigne a écrit « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » afin de dénoncer ce principe faisant que nous rejetons tout ce qui ne se conforme pas aux normes sous lesquelles nous vivons. Des auteurs tels que Montaigne et Claude Lévi-Strauss défendent la thèse qu’il ne peut y avoir de jugement de valeur entre les sociétés. Mais, si chacun pense que sa manière de vivre est la meilleure et la plus juste, le jugement porté sur toutes autres cultures ne peut alors être objectif. Le jugement que je fais de ma propre culture est lui aussi faussé puisque je suis prédisposé à penser que ma culture est meilleure que les autres, ce jugement n’a donc aucune valeur puisqu’il n’est pas objectif et ne représente pas la réalité des choses.
Cependant qu’advient-il lorsque nous jugeons notre culture en dehors des autres ?

Nous avons vu qu’un jugement relatif à sa propre culture est possible. En effet l’homme de par sa faculté de raisonnement peut remettre en cause la société dans laquelle il évolue et y apporter du changement. Ainsi certains peuvent dénoncer la consommation de masse, le capitalisme et d’autres grands principes qui régissent notre culture. Les coutumes et les traditions propres à ma culture peuvent également être remise en cause, d’autant plus dans la culture occidentale où sous un régime souple les citoyens ont moins de contraintes et davantage de liberté de choix. Ils peuvent donc décider de se soumettre ou non aux traditions, et celles-ci deviennent d’ailleurs moins présentes dans notre culture et tendent à disparaitre peu à peu. Si j’en ai la possibilité je peux alors juger plus librement de ma culture. Pour reprendre l’exemple de la place des femmes dans la société, les changements en Occident ont été possibles grâce aux actions menées par quelques femmes, qui n’auraient pas été possibles en Orient.
Notre culture même accorde de l’importance aux jugements des sujets qui la forment avec un système démocratique. Le jugement de ma propre culture n’est donc pas seulement possible, il est utile et participe à la société. Par le vote on demande aux citoyens leur avis qui résulte lui-même de leur jugement de la culture à laquelle ils appartiennent. Cependant la marche de manoeuvre reste très limitée.

Bien qu’un regard objectif est souvent extérieur et que ma culture influe sur ma façon de vivre et de percevoir les choses, nous venons de voir qu’un jugement de la culture à laquelle j’appartiens est possible dans certaines conditions. En effet je ne peux la juger par comparaison à d’autres car la notion de bien ou de mal peut différencier selon les cultures. Un jugement relatif à ma culture reste néanmoins tout à fait possible comme nous le démontre la politique fondée sur les différents jugements d’une culture.

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