Faut-il se questionner pour vivre ?

Date d'ajout : 30/06/2009 • 301 vues

Note du corrigé :
  • Note actuelle 2.50/5

Proposé par : aristote (Elève)

 

Description :
Cette dissertation est personelle, il s'agit de celle que j'ai rendu au professeur. J'ai obtenue 14 à ce devoir. Je ne l'ai pas remodifiée par la suite mais il faudrait revoir un point à savoir faire apparaître explicitement la différence entre vivre et exister.

 

 

L’opinion commune affirmerait spontanément qu’il n’est pas nécessaire de se questionner pour vivre. En effet, selon celle-ci, vivre se restreint à satisfaire ses besoins biologiques tels que manger, boire et dormir comme le font tous les animaux : leur vie se réduit donc au stricte minimum, nécessaire à la survie.
Mais n’est ce pas adopter un point de vue unilatéral et stérile sur le sujet ? La vie de l’Homme ne se limite pas uniquement à satisfaire ses besoins biologiques et organiques comme celle des animaux. En effet, l’Homme possède une raison et une capacité de réflexion qui vont lui permettre d’être conscient, de penser, de douter et donc de se questionner. Il va ainsi se questionner sur des éléments appartenants à son quotidien, comme s’interroger sur le prix du croissant de la boulangère ou sur la façon de faire telle ou telle action, des questions banales. Mais aussi, et surtout, l’Homme ayant conscience de sa condition, il a la volonté de donner un sens à son existence, en se questionnant sur la mort, sur lui même, sur les autres ou encore sur l’existence de Dieu, sur des questions existentielles et essentielles. Sa vie, ou plutôt son existence, nécessiterait donc un questionnement perpétuel. Dans ce cas, faut-il se questionner pour vivre ?
Peut-on vivre comme les animaux, sans se questionner ? Quels sont les sujets sources de ces questions ? Pourquoi le sont-ils ? Lesquels sont essentiels et lesquels ne le sont pas ? Dans quel but se questionner ? Y a t-il des réponses à nos questions ? Y a t-il des limites à notre questionnement ? Ou faut-il s’en imposer ?
Après avoir détaillé la thèse puérile de l’opinion commune qui affirme qu’il n’est pas nécessaire de se questionner pour vivre, nous démontrerons qu’il est indispensable à l’Homme de se poser des questions existentielles, nous verrons les thèmes récurrents, le but de ce questionnement et les réponses que l’Homme apporte à celui-ci. Pour finir, nous nous demanderons si toutes les questions que se pose l’Homme sont indispensables ou si certaines sont futiles et n’ont aucun intérêt pour ce dernier.


La affirmation de l’opinion commune à ce sujet serait négative. En effet, celle-ci définirait le terme « vivre » dans son usage courant qui est vivre au sens biologique, il s’agirait donc d’après celle-ci de satisfaire ses besoins biologiques et organiques, indispensables au bon fonctionnement de notre organisme. Les exigences de notre corps sont multiples et variées ; la nutrition, afin d’apporter les oligo-éléments ainsi que les glucides, lipides, protéines et vitamines nécessaires au développement et au fonctionnement de notre organisme ; boire qui permet d’hydrater notre corps et nos cellules; ou encore dormir afin de reposer notre corps et notre cerveau. Vivre au sens biologique n’impliquerait donc pas de questionnement puisque ces exigences, étant des instincts, sont satisfaites spontanément sans se poser de questions au préalable. Cette vie se réduit donc au stricte minimum nécessaire à la survie comparable à celle des animaux. En effet, ces derniers sont en proie à leurs instincts et n’ont pas besoin de se questionner pour vivre car leur vie se réduit à satisfaire les besoins de leurs organismes, cités précédemment. Prenons aussi comme exemple un Homme vivant dans une société telle que la nôtre, régie par des lois et des normes. A priori, cet Homme n’a nul besoin de se questionner pour vivre car il a juste à effectuer son travail , par exemple, en fonction de ce qu’on attend de lui, de même pour toutes les autres tâches qu’il a à faire, sachant qu’elles sont cadrées et gérées par d’autres que lui : sa vie est dirigée par toutes ces lois et ces normes, il n’a donc pas besoin de se poser de questions, il a juste à exécuter. Mais est-ce aussi simple que cela ? L’Homme peut-il se contenter d’une vie sans réflexion ni questionnement, telles que celles décrites dans les exemples ci-dessus ?

Comme nous l’avons évoqué dans l’introduction, l’Homme possède une capacité de réflexion et une faculté de connaître, de juger : il possède une raison. Celle-ci va lui permettre de réfléchir, de penser, de douter et donc de se questionner. En effet, la caractéristique propre à l’Homme est d’être conscient de sa condition, ce qui le différencie des animaux et des autres êtres vivants. Il a donc la volonté, à partir d’une prise de conscience, de donner un sens à sa vie, ou plutôt à son existence, en entament une quête de certaines valeurs telles que la tolérance, la liberté, le respect, la solidarité. Pour ce faire, il va se poser de multiples questions sur son existence et sur celle des autres. Kant dit que l’Homme ne peut échapper à trois questions qu’il trouve essentielles : Que puis-je connaître ? (celle-ci fait allusion à la théorie, en rapport avec les connaissances accessibles à l’être humain et les limites de celles-ci) ; Que dois-je faire ? (en rapport avec autrui, à l’engagement de l’individu dans la société) et enfin, Que m’est-il permis d’espérer ? (celle-ci évoque le thème de la mort et de la religion, d’une potentielle existence d’un être supérieur). Pour Kant, ces questions sont essentielles car elles touchent directement à l’existence de l’Homme et qu’à un moment ou à un autre de sa vie, ce dernier sera forcé de se les poser. Une réflexion sur la mort par exemple, s’instaure chez les personnes généralement en fin de vie lorsqu’il se rendent compte que le temps passe et qu’ils vont bientôt devoir affronter ce moment qui leur paressait si loin et dont ils ne se sont jamais souciés auparavant. Reprenons l’exemple de l’Homme vivant dans une société régie par des normes et des lois, celui-ci ayant la volonté d’atteindre un idéal en rapport avec la liberté, il sera donc contraint de se questionner sur la nature même de cette société, de ce qu’il fait dans celle-ci. Il pourra par sa réflexion, remettre en cause ses fondements, ses exigences et créer sa propre opinion pour à partir de là, contester ou approuver tel ou tel fait ou méthode. Il ne pourra donc pas vivre tel un « robot » exécutant ses devoirs dictés par cette société, sa conscience et sa raison l’en empêchant. Le point de départ de ce questionnement est la mise en doute. En effet, il va penser à toutes les choses qui l’environne, aux objets, aux personnes aussi à lui même et à son existence; il va donc à partir de là, douter et remettre en question son savoir. Descartes dit « Je pense, donc je doute ; je doute donc je suis » (au sens d’exister), en fait, dès le moment ou je pense, je ne peux pas penser ne pas être car mon esprit est détaché de toutes choses, de toutes personnes et de tout objet. Et là est toute la particularité de l’espèce humaine, dans la mesure où elle « existe » constamment, par sa raison, donc par sa pensée, donc par son doute. L’Homme est donc totalement différent des animaux par ce fait, il est donc impensable qu’il puisse vivre d’une manière aussi restreinte que ces derniers, c’est à dire rester en proie à ses instincts et satisfaire uniquement les besoins de son organisme. Mais cependant, ces questions ci-dessus font abstraction d’autres questions que l’Homme est aussi amené à ce poser : des questions sur lui même telle que « Qui suis-je vraiment ? ». Le fait de s’affirmer dans la société, de justifier sa place dans celle-ci et de vouloir donner un sens à son existence sont ses principales motivations pour entamer cette démarche. Pour y parvenir, il doit faire appelle à sa mémoire car pour répondre à cette question, il faut tout d’abord qu’il se demande « Qui j’ai été ? ».
Ainsi, l’Homme progresse tout au long de son existence dans sa « quête de sens », comportant diverses facettes, et ce grâce à sa raison et à toutes les questions existentielles qu’il est mené à se poser un jour ou l’autre. Mais est-ce pour autant que tous les humains se posent des questions pertinentes et qu’ils apportent les bonnes réponses à celles-ci ?

Tous les Hommes se posent des questions, cela est due à la faculté qu’ils ont de connaître, de penser et de juger. Certains d’entres eux, comme nous l’avons vu dans la deuxième partie, se posent de nombreuses questions existentielles. C’est grâce à elles et à leurs réponses que ces derniers arrivent à donner un sens à leur existence et arrivent donc à atteindre leur but. Mais ces réponses peuvent êtres très variables d’un individu à l’autre et certains seront incapables d’apporter de sages réponses, il se peut donc qu’ils se sentent impuissant face à leur « quête de sens ». Prenons l’exemple d’une des questions de Kant : « Que m’est-il permis d’espérer ? » en rapport avec l’existence de Dieu. Certains préfèrent face au désespoir que leur inspirent leur condition, se réfugier dans la religion pour échapper à l’angoisse métaphysique. D’autres auront comme réponse qu’ils sont effectivement livrés à eux mêmes au beau milieu de l’univers ; à partir de là, certains accepterons ce fait et vivrons avec mais d’autres tomberont dans le désespoir total pouvant même mener jusqu’au suicide de certains d’entres eux. Cela pour dire qu’il existe différentes réponses aux questions que se pose l’Homme et que différents comportements s'établissent en fonction de celles-ci. Le questionnement nécessite donc d'accepter certaines réponses pouvant provoquer d’éventuelles désillusions. Mais cette idée convient uniquement aux personnes se posant des questions essentielles touchant à leur existence. Car d’autres personnes se posent des questions banales, non essentielles pour donner un sens à leur vie. Celles-ci reste dans l’ignorance ; elles affirment qu’il est nécessaire de se questionner pour vivre mais il est évident que ce questionnement dont elles font allusion est futile et n’a pas de but déterminé. En effet, les questions que ces individus se poser sont en rapport direct avec leur quotidien telles que « Que vais-je bien pouvoir manger à midi ? », « Combien coûte le croissant de la boulangère ? » qui n’ont aucuns intérêts à long terme. Certes, il est indispensable de se poser ce genre de questions car nous devons y répondre pour satisfaire toutes nos désirs et nos envies soudaines, mais ses questions n’ont que des intérêts à court terme. C’est en cela qu’elles se distinguent des questions existentielles qui elles, ont des intérêts autant à court qu’à long termes.

En somme, nous pouvons affirmer que les Hommes doivent se questionner pour vivre ou plutôt pour exister. Nous avons vu qu ’ils ne pouvaient en aucun cas se contenter d’une vie semblable à celle des animaux, sans questionnement, comme le pense l’opinion commune, leur raison les en empêchant. En effet, étant dotés d’une conscience, ils ont la volonté de donner un sens à leur existence et pour y parvenir, ils doivent donc se poser de nombreuses questions existentielles, celles-ci sont essentielles pour atteindre leur but. Ils veulent exister. D’autres vont passer toute leur vie dans l'ignorance, c’est à dire qu’il vont se poser des questions banales : celles-ci sont futiles et n’ont aucuns intérêts dans une éventuelle « quête de sens ». Ces derniers seront souvent en proie à de fortes désillusions devant le fait accomplie, pouvant se traduire par une perte d’espoir. Ceci nous amèneraient à nous demander s’il peut être préférable de se mentir à soi même face à l’impuissance de nos connaissances sur certaines questions ?

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