Peut-on penser sans ce soucier de ce que pensent les autres ?

Il s'agit d'une dissertation basée sur la pensée et autrui, c'est une dissertation faite par l'élève (moi-même), j'y ai rajouté les quelques infos qu'il me manquait. Sinon, j'ai eu 18/20. C'est un plan détaillé mêlant ce que j'ai fait avec ce que le prof a fait.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: obi-wan (élève) •

Introduction

-Peut : Pouvoir : Capacité matérielle ou physique, légitimité de l'action (avons-nous le droit ?)
-On : Personne et tout le monde, ce qui est vrai pour certain ne l'est pas pour d'autres...
-Penser : Par définition philosophique, le fait de penser n'est pas le fait de réfléchir. Penser consiste en une action inédite, quand on dit "j'ai pensé à un truc" ou "penses à moi", le sens du mot n'a pas le même sens que quand je parle des penseurs...Pose toi la question, qu'est-ce que penser ? c'est la clef du sujet. Penser, c'est quelque chose que personne n'a fait avant toi. Réfléchir et penser ne sont pas synonymes en Philo.
-par soi-même : Est-ce que seul tu peux penser ?
Etant donné que tu as été éduqué et donc "dressé" (oui c'est une forme de dressage la socialisation) il est fort peu probable que tu sois le premier à penser à quelque chose...c'est pour ça qu'on parle des penseurs en parlant des Lumières, ce furent les premiers à PARLER de ce qu'ils pensaient...attention ce n'étaient pas les premiers penseurs ms les premiers penseurs qui clamaient leurs pensées...
- on pense depuis notre naissance, déjà par nous-même, et ceci ne fait aucun doute.
-Le "par soi-même" n'est pas synonyme de solitude ou du moins d'une pensée immanente qui se suffirait à elle même mais le capacité à produire des idées seuls.
-La question posée, me semble-t-il, fait appel à la notion de liberté. "Peut-on" du verbe pouvoir fait appel à cette notion de liberté ! En sommes nous capable ? Sachant les contraintes auxquelles nous sommes soumis, notre éducation, notre culture, notre environnement, ne sommes nous pas quelque peu entravés ou encore formatés pour un prêt-à-penser qui convient à beaucoup d'entre nous il faut l'avouer.

I. Pensée : un fait non isolé => Nécessite la parole et influence des autres dans la paroles

- la pensée mêle nos convictions personnels à celles des autres pour faire avancer les choses et donc à dialoguer.
-Qui dit langage dit, le plus souvent, interlocuteur(s). Dès lors on peut espérer développer sa pensée -et se rapprocher de la vérité- en cherchant dans les propos d’autrui matière à contredire ses propres opinions. C’est ainsi qu’un travail de dialogue, la dialectique, optimise la pensée individuelle.
-Il se manifeste notamment par le biais de l’éducation qui nous apporte ce que Descartes appelle les "préjugés de l’enfance." Quelle raison avons-nous de considérer le blanc comme le symbole de la pureté alors que les japonais en font la couleur du deuil ? Au delà de ces idées toutes faites, l’appartenance à un milieu entraîne souvent par mimétisme l’adhésion aux idées de la majorité.
- tous les mots que j’utilise (ou presque) m’ont été appris par ma culture, je possède déjà un immense stock qui ne m’appartient pas en propre.
- le « je » est des idées, des discussions en vogue actuellement dans les médias
- Finalement, on dit des choses qui me viennent des autres pour tout simplement me faire aimer, faire partie du groupe, me faire remarquer ou même provoquer dans le but de me créer, par l’attention des autres, une existence propre que je veux avoir, sortir de l’anonymat, du néant, être, n’est-ce pas là mon premier but.
- On s'évalue par rapport au autres
- suis-je donc quelqu’un si chaque élément de ma pensée y a été introduit par les autres, ne suis-je pas d’abord « les autres ».
- ai-je « une identité propre » ?
- peut on être sûr de penser par nous même en disant « je »
-En dépit d’apparences semblant indiquer que la pensée est un phénomène individuel, on découvre qu’elle n’est en fait que très rarement autonome. L’environnement, le poids du passé, en font un phénomène soumis à de multiples influences.
-On ne peut pas dire qu'on n'a pas subit l'influence de la pensée d'autrui sauf si on s'appelle Mowgli et qu'on a été élevé parmi les loups. On s'approprie la pensée exprimée par d'autres partiellement ou dans sa globalité ou on la rejette. En psychanalyse, on appelle ça le processus d'identification (ou de contre-identification lorsqu'on s'oppose à quelqu'un, comme, par exemple, le père) et c'est la base de la construction de la personnalité (Ah! La grande question de l'inné et de l'acquis)! La pensée personnelle est donc une somme d'éléments pris à la pensée des autres, petits bouts par petits bouts ce qui fait qu'elle forme une mosaïque qui est propre à chaque individu comme l'agencement des acides nucléiques de l'ADN.

II. La pensée se nourrit d’échange => Travail en groupe

-L'homme pense seul et ne trouve de raisons de penser que par les autres. (Georges Perros)
-l’étude des cas d’enfants sauvages semble indiquer que la solitude est un facteur limitant dans le développement de l’intelligence.
-La présence de certains concepts dans notre esprit ne semble se justifier que par l’expérience. Comment en effet imaginer des choses inconnues ? L’homme qui n’a jamais mangé ni vu une pomme ne peut pas, semble-t-il, obtenir la représentation mentale du fruit en entendant son nom. Il en ignorera forme, texture, couleur, goût... Cette exemple, proposé par Locke, se veut une illustration de sa thèse de la "tabula rasa." Notre conscience ne serait à l’origine qu’un tableau vierge.

III. Pourtant des penseurs sont isolés

-Penser est une affaire intime. (Marie Desplechin)
-scientifique : le cheminement logique, rationnel, des mathématiques (en particulier) permet à un individu seul de construire un raisonnement cohérent.
-artistique : l’oeuvre d’art, création originale, semble le plus souvent réalisée à l’écart du monde. Michel Tournier affirme ainsi qu’il ne peut travailler que seul, enfermé dans son bureau, à l’abri de toute intrusion du monde extérieur. De même, Baudelaire présente l’artiste comme un être solitaire, un "albatros, exilé dans le monde au milieu des huées..." ("Les fleurs du mal")
-Si l’on considère comme pensée toute "activité de l’esprit", on peut alors estimer que, dans une large mesure, l’homme pense seul. En effet la vie quotidienne apporte aux individus un certain nombre d’informations (sensorielles par exemple) traitées automatiquement par le cerveau. Ainsi le petit garçon qui pose la main sur un plat brûlant la retirera immédiatement, même si on ne lui a pas indiqué les dangers des brûlures. Certains mécanismes cérébraux apparaissent donc innés chez l’homme.

Conclusion

- Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins que je pense, ou que ça pense en moi.
-Nous sommes tous d'accord pour soutenir ou pour se rendre compte que nous sommes tous particulièrement influencés par les différents paramètres cités plus haut. En avoir conscience c'est déjà commencer à s'en libérer et cela me fait penser à la "table rase" de Descartes, c'est-à-dire que le philosophe se doit de se débarrasser de tout préjugé, de tout fait acquis avant de construire sa réflexion.
-Si notre pensée est construite sur celle des autres, sur les courants de la société de laquelle nous participons, le fait d'en prendre conscience nous donne la liberté de prendre le contrepieds de ces idées. Il n'empêche que si nous ne pouvons nous détacher complètement de notre culture nous ne sommes pas pour autant ses esclaves.
-On pense personnellement avec notre caractère, notre culture, notre ressenti, notre indépendance, notre réactivité. Le résultat fait que nous pouvons émettre une idée qui, elle, peut être nouvelle et créer un nouveau courant de pensées.

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