Spinoza, Traité théologico-politique: l'esclave et l'homme libre

Ceci est un commentaire fait par une élève de terminale littéraire qui a obtenu une note de 13/20.

Dernière mise à jour : 15/09/2021 • Proposé par: manu44 (élève) •

Texte étudié

«On pense que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n'est pas absolument vrai, car en réalité être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c'est le pire esclavage, et la liberté n'est qu'à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison. Quant à l'action par commandement, c'est-à-dire à l'obéissance, elle ôte bien en quelque manière la liberté, elle ne fait cependant pas sur-le-champ un esclave, c'est la raison déterminante de l'action qui le fait. Si la fin de l'action n'est pas l'utilité de l'agent lui-même, mais de celui qui la commande, alors l'agent est un esclave, inutile à lui-même ; au contraire, dans un Etat et sous un commandement pour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit un esclave inutile à lui-même, mais un sujet. Ainsi cet Etat est le plus libre, dont les lois sont fondées en droite Raison, car dans cet Etat chacun, dès qu'il le veut, peut être libre, c'est-à-dire vivre de son entier consentement sous la conduite de la Raison.»

Spinoza, Traité théologico-politique - chap. XVI §§ 9-11

Ce texte de Spinoza, philosophe hollandais du XVII ème siècle, porte sur une conception de la liberté qu'il met en lien avec les notions de raison et d'esclavage. L'auteur expose différentes situations dans la société dans lesquelles on trouve, ou différents types "d'esclavage", ou différents types de liberté.
Ainsi on peut poser comme question problématique: dans quelle(s) situation(s) peut-on dire qu'un homme est libre vraiment, et d'ailleurs qu'est-ce que la vraie liberté? Ou encore, obéir est-ce renoncer à sa liberté?
La thèse de l'auteur est de dire que l'homme libre n'est pas nécessairement celui qui commande et/ou fait ce qui lui plaît, mais au contraire que l'homme libre se définit comme celui qui agit en raison et de façon utile pour le bien commun et par là-même, pour son propre bien.
On peut partager ce texte de la manière suivante, en 3 parties:
Tout d'abord de la phrase "On pense que" jusqu'à "un esclave inutile à lui-même". Dans cette partie l'auteur part d'une pensée commune comme quoi l'homme libre est celui qui commande et l'esclave celui qui obéit. Ensuite, Spinoza dément cette pensée en exposant sa thèse qui serait plutôt que l'homme libre se définit comme étant un être qui agit en raison et non attaché à ses penchants ou ses envies. Pour lui, on peut tout à fait obéir d'une façon ou d'une autre, sans nécessairement être esclave et au contraire être un homme libre.
Ensuite, de la phrase "au contraire, dans un état" jusqu'à " à l'utilité des enfants", l'auteur confirme sa thèse en prenant deux exemples, celui de l'Etat et des sujets qui obéissent pour le bien commun et donc pour eux-mêmes, et l'exemple des enfants qui obéissent à leurs parents. Mêmes si les sujets et les enfants, de deux manières différentes, obéissent, ils ne sont pas nécessairement esclaves.
Enfin de la phrase " Nous reconnaissons donc" jusqu'à "et par conséquent aussi par lui-même." l'auteur conclue en résumant les trois définitions qu'il donne de l'esclave, du fils et du sujet.

Dans la première partie, Spinoza énonce une pensée commune qui définit l'esclave comme étant un homme qui agit par commandement, c'est-à-dire qui n'est pas totalement, voire pas du tout libre de faire ce qu'il veut comme il le veut. Il obéit à un maître ou un supérieur et fait ce qu'on lui demande sans se poser de question. Par opposition, il y aurait l'homme libre qui agit se

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