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La liberté est-elle un fardeau ?

Dernière mise à jour : 16/03/2021
Proposé par: xena (élève)

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Le terme « liberté » désigne pouvoir et donc c’est affirmer son existence. En latin, liber signifie libre, sans chaînes, sans entraves et s’oppose à servus, l’esclave. Libertas désignait ainsi la condition de l’Homme libre qui peut agir à sa guise. L’esclave se libère dans l’angoisse car être asservi, ne pas exister peut paraître reposant: quelqu’un prend toutes les décisions à notre place. Exister c’est être responsable, savoir qu’on doit agir et s’engager et être culpabilisé si on ne le fait pas. On doit être libre si on veut échapper à la déréliction de la situation d’esclave. Ce choix est souvent douloureux: un cas de conscience. C’est lorsque notre liberté est limitée que quelque chose pèse sur nous: c’est donc plutôt le manque de liberté qui paraît pesant. Notre liberté est limitée par des déterminations qui pèsent sur elle. Comment la liberté pourrait elle être un fardeau? La question n’est pas de savoir ce qui peut peser sur notre liberté mais au contraire, en quel sens la liberté peut elle elle même pesante, et dans quelle condition nous pouvons souhaiter nous en débarrasser. La liberté est avant tout pouvoir de choisir: je suis libre si je peux choisir. En résumé, les Hommes désirent la liberté et pourtant dès que la responsabilité les implique personnellement, donc la liberté semble être un fardeau difficile à porter. Si les Hommes désirent être libres, alors comment comprendre qu’ils rejettent la responsabilité impliquée, alors comment comprendre qu’ils désirent la liberté? Comment cette liberté peut être sitôt désirée et sitôt rejetée?

En latin, « liber » signifie libre. La liberté est l’état d’une personne ou d’un peuple qui ne subit pas de contraintes, de soumissions exercées par une autre personne. Mais c’est aussi l’état d’une personne qui n’est ni sous la dépendance de quelqu’un. La liberté est la faculté d’agir selon la volonté sans être entravé par le pouvoir d’autrui. Elle est définit négativement par l’absence de soumission exercée par autrui: l’être humain est indépendant mais elle est aussi définit de manière positive comme l’autonomie et la spontanéité d’une personne douée de raison. Il existe ainsi de nombreuses confusions possibles à propos du terme de liberté. Il y a la liberté naturelle: en vertu du droit naturel, la liberté civile: en respectant les lois, la liberté politique: le pouvoir d’exercer une activité politique, adhérer à un parti la liberté individuelle, le droit de chacun d’agir librement sans encourir à des mesures arbitraires. Le terme « liberté » recouvre à la fois la liberté individuelle, la liberté civile et la liberté politique. En bref, la liberté peut constituer u attribut de la volonté de l'être humain et être la condition de droits naturels ou positifs, mais aussi de devoirs, donc de responsabilité.

Nous savons bien que la liberté se définit toujours comme pouvoir, pouvoir d’agir sans empêché, pouvoir d’être ce que l’on est ou de posséder ce que l’on a, pouvoir d’exprimer notre pensée sans être censuré, mais aussi pouvoir de penser sans être sous influence. Ainsi , être libre, c’est être maître de sa pensée, de ses actes, de sa destinée et il n’est donc pas étonnant que les Hommes revendiquent leur liberté individuellement ou collectivement en tant qu’ils forment ensemble une communauté. Tout ce que nous apporte notre liberté semble en effet peser sur nos choix, limite notre existence et ainsi nous apporte de l’humanité. Il n’est donc pas étonnant que la liberté soit en elle même désirable. « La liberté consiste à pouvoir faire ce qu’on doit vouloir, et à n’être pas contraint de faire ce qu’on ne doit pas vouloir » Montesquieu.

La liberté s’identifie avec la spontanéité des tendances. L’homme est libre quand il peut réaliser ses désirs. Mais il y a des désirs contre lesquels nous luttons à cause de leurs conséquences fâcheuses pour l’organisme ou parce que la raison s’y oppose. La liberté comme absence de contraintes aboutit à une contradiction donc de faire tout ce qu’on a envie de faire et donc nous sommes soumis à nos désirs. C’est le contraire de la liberté. La liberté au niveau de la conscience se définit par la possibilité de choisir. Pour qu’il y ait un choix, il faut multiples motifs, multiples possibilités d’action. Mais le choix peut être impossible quand tous les motifs se valent, la liberté n’est pas cette indétermination, cette influence de l’action accomplie sans motif.

Descartes distingue deux degrés de la liberté: le pouvoir de dire oui ou non mais aussi une adhésion à l’évidence. D’après Kant, la liberté morale n’est donc rien d’autre qu’un pouvoir de la raison. Une volonté libre et une volonté soumise à la raison rationnelle ne font qu’un. Être libre, c’est obéir à la raison. La liberté consiste plutôt à changer des désirs plutôt que l’ordre du monde.

Dans « Qu’est-ce que les lumières », Kant affirme qu’une majorité de personnes préfèreraient rester dans la minorité pour ne pas avoir la conscience de décider et se laisseraient donc guider. La liberté entraîne la responsabilité. La liberté est paradoxalement vécu comme un lourd fardeau, ce qui s’explique par le lien étroit entre liberté et responsabilité. Les Hommes se comportent parfois de manière étrange. Ils désirent la liberté cependant elle peut devenir une charge pesante dans la vie. Par exemple, un homme qui a commis un crime reconnaît son crime et se défend au même moment d’en être responsable, comme si il avait accompli son acte sous liberté. Il était libre dans la mesure où il avait le pouvoir de ne pas la commettre et donc doit s’avouer responsable. Il considère donc sa liberté comme un fardeau puisqu’il refuse d’assumer et de reconnaître que sa liberté lui serait fatale. Donc, pour certaines personnes, la responsabilité de la liberté est parfois trop lourde à porter.

Pour Sartre « Nous sommes condamnés à être libre » ,la liberté est pour lui un fardeau car c’est une source de responsabilités: si je suis libres, alors je suis responsable de tout ce que je fais et je dois rendre des comptes. Pour Sartre, la liberté est loin d ‘être lui seulement à la raison, elle s’expérimente dans toutes les situations. L ‘homme est ce qu’il fait. La liberté est le pouvoir de dire oui ou non c’est donc une liberté existentielle. Ainsi conscience et liberté sont une seule et même chose. Chez Sartre, l’homme est totalement libre devant les valeurs, devant la vie et la mort. L’Homme réalise sa personnalité à travers la vie. Il ne vit pas les évènements du monde mais il les subit. Cette liberté a donc une responsabilité totale. L’Homme est responsable de tout devant tous: voilà où est le fardeau de la liberté: « L’Homme, totalement libre, est totalement responsable de tous les Hommes, nous sommes condamnés à être libres » Sartre.

Dans la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » de la république française, le terme « Liberté » sous entend que la contrainte et le devoir ne peuvent venir que des lois établies par l’Assemblé nationale. Notre revendication de liberté exprime trop d’aspects négatifs: on est contre l’autorité, le pouvoir, l’État. Le fardeau de la liberté c’est la responsabilité qu’elle entraîne. Pourtant, on sait bien que, l’idée de liberté n’aurait pas pu engendrer à ce point les désirs humains si elle ne faisait pas autant appel à quelque chose de positif, à une idée de l’existence humaine: le potentiel et le désir qui réalisent notre aptitude au bonheur

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