philosophie • dissertation • Annale bac 2017, Série S

Peut-on se libérer de sa culture ?

Publié le : • Mis à jour le : • Proposé par : france-examen (professeur)

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I. Analyse du sujet

Si le sujet ne pose pas de problème de compréhension, il comporte cependant une difficulté qui consiste à articuler deux notions au programme : celles de culture et de liberté.

Il était important de prendre en compte le présupposé de la question : si la question d’une libération de la culture se pose, c’est qu’elle pourrait limiter la liberté de chacun, être un facteur de contrainte ou de servitude. Pour comprendre en quoi la culture ne peut être unilatéralement envisagée comme un facteur de liberté, il convient de ne pas réduire le sens du terme de culture au sens courant de l’expression « c’est un homme cultivé ».

La culture est un terme polysémique qui renvoie à plusieurs niveaux de sens.

On en retient ici trois principaux :

– par culture, on entend ce qui constitue l’être essentiel de l’homme, une forme d’arrachement par rapport à la nature, un mouvement négatif qui l’amène à rejeter la nature extérieure (le milieu) et la nature intérieure (les bases biologiques ou instinctives de son existence) afin de lui substituer un monde proprement humain. Ce monde humain est l’œuvre de l’homme, c’est-à-dire la mise en œuvre même de cette liberté.
– Un autre sens prolonge le premier désigne les modes d’existence sociaux des groupes humains, c’est-à-dire ce que l’on appelle des cultures humaines. En ce sens, la culture se dit nécessairement au pluriel.
– Enfin, la culture désigne l’aptitude de chaque homme à actualiser ses dispositions, autrement dit le processus d’apprentissage par lequel tout homme accède à la pleine maîtrise de ses potentialités. La culture est ici synonyme de formation (ce que les Allemands nomment « Bildung »).

Le sujet soulève la question de la possibilité qu’aurait chacun (« on ») de se libérer des contraintes que constituerait le processus d’acquisition de la culture :

– au sens de la possibilité logique dans un premier sens : en effet, si l’homme est par définition un être de culture, s’il n’est vraiment homme que par la culture qu’il acquiert, peut-il sans contradiction, échapper à cette culture ?
– au sens du pouvoir ou de la puissance dans un second sens : l’homme éduqué, « acculturé », a-t-il la capacité de s’émanciper de cette formation qu’il a reçue ou celle-ci constitue-t-elle un processus qui annule toute possibilité d’écart et de distance critique à l’égard de ce processus d’adaptation à des normes sociales ?

II. La problématique

Le sujet comporte donc un paradoxe qu’il est important de repérer. En eff

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