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Bac philo 2019 - Série ES
# La morale est-elle la meilleure des politiques ?
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Avertissement : il ne s’agit ici que de pistes de réflexion et non d’une copie type nécessairement attendue par vos correcteurs. D’autres approches, d’autres thèses et arguments sont possibles.
# Introduction / Problématisation
Qu’il s’agisse de la capacité des hommes politiques à tenir leurs promesses, ou des scandales qui émaillent l’actualité lorsque des affaires de corruption ou de détournement de fonds publics en font la une, par exemple, il semble que nous attendions de nos hommes politiques une forme de vertu et de rectitude morale.
Pourtant, en théorie, la morale et la politique désignent deux champs distincts. D’un côté, il s’agit, pour la morale, de régir nos actions individuelles en vertu de normes qui visent à nous rendre meilleurs, ou à rendre nos actions bonnes. D’un autre côté, il s’agit, pour la politique, de réfléchir à la meilleure manière d’organiser la vie au sein d’une société. Il ne va donc en réalité pas de soi que la morale et la politique ont tant que cela en commun... D’ailleurs, dans certains domaines, notamment ceux qui concernent les mœurs, il n’appartient vraisemblablement pas à la politique de se mêler de morale : concernant par exemple la fin de vie, ou l’organisation de la famille, l’État doit-il gouverner sur la base de principes moraux qui, par définition, ne feront vraisemblablement pas consensus ? Ne s’agit-il pas plutôt au contraire de trouver une forme de régulation efficace, qui instaure l’ordre le plus stable possible ? Entre morale et efficacité, le sens de la politique semble donc plutôt pencher en faveur de l’efficacité, écartant ainsi la morale.
Mais, dans le même temps, la meilleure des politiques n’est pas seulement celle qui est la plus efficace. Par meilleure, on peut aussi entendre la plus juste, notamment socialement. Dans ce sens, comment être politiquement juste sans s’appuyer sur des principes ? Et même, au-delà, comment faire société, sans s’appuyer une certaine vertu des citoyens, une capacité à voir au-delà de leurs intérêts particuliers pour s’interroger sur le général ? La politique n’est en effet pas seulement une affaire de gestion par l’État, de manière verticale, de la société. Elle désigne aussi la constitution d’une communauté politique, reposant sur les relations horizontales qui peuvent exister entre les citoyens et l’engagement qui est le leur dans la sphère publique. En ce sens, la meilleur