Chassignet, Mépris de la vie et consolation contre la mort - La vie est un songe

Commentaire en deux parties.

Dernière mise à jour : 31/01/2022 • Proposé par: objectifbac (élève)

Texte étudié

Est-il rien de plus vain qu’un songe mensonger,
Un songe passager vagabond et muable ?
La vie est toutefois au songe comparable
Au songe vagabond muable et passager :

Est-il rien de plus vain que l’ombrage léger,
L’ombrage remuant, inconstant, et peu stable ?
La vie est toutefois à l’ombrage semblable
À l’ombrage tremblant sous l’arbre d’un verger :

Aussi pour nous laisser une preuve assurée
Que cette vie était seulement une entrée
Et départ de ce lieu, entra soudainement

Le sage Pythagore en sa chambre secrète
Et n’y fut point si tôt, ô preuve bientôt faite !
Comme il en ressortit encor plus vitement.

Jean-Baptiste Chassignet, Mépris de la vie et consolation contre la mort - La vie est un songe

Il s'agit d'un poème écrit par Chassignet, homme de loi catholique qui a vécu entre 1571 et 1635. Il est extrait de Mépris de la vie et consolation contre la mort, qui est son unique œuvre.

La vie y est vue comme un passage avant la mort. L'auteur souligne la fragilité de l'existence humaine dans un paysage naturel changeant par le biais d'une structure argumentative, persuasive, au service de la chrétienté.

I. Volonté argumentative pour l'affirmation d'un mensonge

a) Structure argumentative

Le terme de "preuve" montre qu'il veut prouver quelque chose. Le deuxième quatrain est un parallélisme (même construction): il y a une volonté didactique certaine

Les connecteurs logiques argumentatifs "toutefois", "aussi" amènent l'exemple après deux arguments dans le quatrain. Le pronom englobant "nous" marque volonté d’être cru du lecteur, de l'entraîner dans la croyance de celui qui s’exprime. Les répétitions anaphoriques régulières ont une valeur persuasive.

b) Une vérité troublante : la vie est un passage

Tout le système didactique est mis en place pour affirmer une thèse, une idée générale qui est une sorte d’illusion "la vie est au songe comparable" et "la vie est à l’ombrage comparable" sont deux comparaisons qui assimilent la vie au songe, qualifié de "mensonger", et à l'"ombre" qualifié de "léger", "remuant", "inconstant", "peu stable".

Une réalité paradoxale qui se nie avec le "rien" et le "vain" (vers 1 et 5). C'est une sorte de paradoxe qui s’inscrit dans la nature.

II. Aspect de mouvement comme principe du monde humain

a) La nature comme référence

La nature semble être dans le poème. Elle est le comparant dans le deuxième quatrain "l'arbre d’un verger"

b) Légèreté, mouvance, inconstance

On a cinq adjectifs du champ lexical du mouvement "muable", "remuant", "inconstant", "peu stable", "vagabond". "vagabond muable" est par ailleurs un chiasme représentant le mouvement. Les adjectifs voyagent eux-même, la mouvance du premier quatrain ne se retrouve pas dans le second. Le mouvement est contenu dans les tercets : dans les verbes "entra" et "ressortis" et dans les noms "entrée" et "départ"

La vie ne serait qu’un déguisement de la mort, ce que semblent signifier les enjambements au vers 10 -11 "[i]une

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