La liberté connaît-elle des limites ?

I. Comment définir sa liberté ?
II. La société inhibe-t-elle notre liberté ?
III. Naît-on libre ou devenons-nous libre ?

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: manonb (élève) •

Définitions

Liberté :
Sens n°1 : Libre arbitre. Pouvoir choisir ce qui explique et justifie les termes d’un jugement, d’une décision, d’une action, d’une conduite.
Sens n°2 : Celui qui agit sans être contraint par une force extérieure.

Connaître :
Sens n°1 : Avoir une notion de, être informé de…
Sens n°2 : Avoir la pratique de, de l'expérience dans un domaine

Limites :
La limite est ce qui pose les bornes physiques, légales ou morales que quelque chose ne doit pas dépasser. Limiter c'est donc borner ce qui sans ces bornes irait trop loin. C'est donc pourquoi limiter c'est normaliser, s'opposer au débordement et surtout contraindre.

I. Comment définir sa liberté ?

a) La liberté individuelle dicte notre conduite

=> Pouvoir ce que l’on veut (volonté)
On appelle ça la « liberté d’indifférence » c'est-à-dire le pouvoir qu’à l’homme de prendre des décisions, de faire ou ne pas faire ce qu’il veut sans que rien ne l’y pousse à agir.
La volonté = l’expression de la liberté soit l’expression de pouvoir choisir par soi-même sans y être contraint par une force extérieure.

=> Conscience dirige les stratégies pour obtenir le désir (désir et liberté)
La conscience à un rôle dans la liberté, c’est elle qui se demande si la situation dans laquelle elle est, lui satisfasse ou non. On peut dire que la conscience est liberté puisqu’elle est toujours responsable de la façon dont on réagit aux situations rencontrées. De plus, la conscience permet de se justifier sur l’usage de sa liberté et sur le comportement de ses actes.

=> Liberté de penser => agir
La liberté de penser c’est consentir ou non à une idée. Aucune personne peut nous forcer à suivre ou non une idée, ni même pouvoir deviner qu’elle est notre pensée. Notons que l’on peut manipuler/influencer en changeant les idées de quelqu’un mais jamais prendre la décision de choisir qu’elle idée suivre. Il faut savoir que la raison nous oblige parfois de suivre ou non une idée ce qui pourrait être une barrière à sa liberté.

b) La liberté individuelle ne peut exister sans la liberté collective

=> Notre liberté à l’égard d’autrui (blessant)
Autrui est présent dans la vie de tous les jours. On rencontre des désavantages à savoir que l’on est constamment observé et jugé par les autres. On ne peut pas contrôler les pensées d’autrui, donc forcément tout acte aura un impact sur sa pensée. Ce phénomène d’être observé par quelqu’un d’autre engendre des sentiments gênant (ex : honte), ainsi autrui serait nuisible à notre liberté.
Le regard de l’autre est un poison, avoir honte de ce regard entrave notre liberté.

=> Respecter une position sociale
L’homme définit une place dans la société pour pouvoir tenir le respect envers autrui. C’est une liberté fictive puisque respecter les règles imposées par la société permet de vivre sainement ensemble. Vivre en collectivité implique d’accepter des contraintes à la liberté pour pouvoir vivre sans problèmes vis à vis d’autrui.

=> Démocratie => Respecter des lois => Aucun excès de liberté
La démocratie pose un problème dans la société. Dans la vie, ou on obéit aux lois ou on est sanctionné, or la démocratie tenu par la peuple tend toujours à enfreindre les règles pour obtenir plus de liberté. La démocratie par le peuple et pour le peuple nécessite d’ériger des lois dont le peuple accepte l’égalité et la réciprocité du maintien de ces règles.

c) Etre conscient de sa liberté

=> Inconscient et liberté
On imagine qu’être totalement libre c’est ne plus se maitriser. Inconscience serait l’outil de liberté. Freud explique que « le moi n'est pas maître dans sa propre maison » car toutes actions ont des causes par rapport à l’idée de liberté. Donc la liberté se résume par être guidé par la seule nécessité de sa nature, ici l’inconscience. Mais si on considère que l’inconscience existe, alors il fait partie de nous et donc c’est un barrage à la liberté. On dit par exemple à un patient troublé de vaincre son passé généré par l’inconscience pour qu’il se libère et guérisse. L’inconscience est donc un frein à la liberté.

=> « Connaîs toi, toi-même » (Socrate) conscience de notre état
Accepter d’être ignorant donc prisonnier de la vérité ?
Il faut s’interroger sur son savoir. Etre libre c’est connaître la vérité. Si l’on a conscience de soi on combat notre ignorance en affichant l’existence de la vérité.

=> Conscience du choix (jugement moral)
Lorsqu’on se retrouve devant un choix, on est conscient de la situation, on ressent un sentiment d’existence sans lequel le choix ne sera pas posé à nous. Lors de ce choix, on imagine alors l’avenir de la prise de décision et les réactions qu’elle va engendrer. Ce qui nous montre que l’on est prisonnier d’un raisonnement logique. Etre conscient de choisir ne signifie donc pas être libre dans ce cas-là. Ainsi le sentiment d’être à l’origine de ses actes n’est pas un argument suffisant à affirmer que l’on est libre.

II. La société inhibe-t-elle notre liberté ?

a) La politique humaine entrave notre liberté individuelle

=> Transgresser une loi = conséquences
Les lois sont à l’origine nécessaires pour ne pas poser de problèmes aux relations entre hommes. Les lois font l’objet de règles générales de vie sociale et sont source de la volonté du peuple. Ainsi la loi est le travail en commun du peuple pour garantir qu’autrui ne détruise pas notre bien-être pour satisfaire ses envies. « La liberté de chacun s'arrête là où celle d'autrui commence » DDHC.

=> Liberté rapproche état naturel # état de société = soumission
Les hommes ont des libertés naturelles sans contraintes. La société instaure des lois qui viennent restreindre ces libertés pour obtenir l’égalité des membres. La loi garantit une liberté commune en échange d’exercer sa propre nature. L’homme se sent donc libre puisqu’il ne s'expose pas à aucun danger à partir du moment où il obéit à la loi. La liberté naturelle est donc prisonnière par la loi puisqu’elle est destructrice pour autrui. Seule la liberté politique conçue par la volonté générale permet aux citoyens de se sentir libre.

La liberté d’expression est une liberté reconnue par la société. Cela permet de s’exprimer sans craindre d’être persécuté par Autrui. Seulement même cette liberté a des limites. Les limites naturelles comme les limites psychologiques telles que l’autocensure où l’on s’empêche de dire (consciemment ou non) tout ce que l’on pense car après on se confronte aux limites juridiques qui nous empêche par exemple d’insulter librement une personne. Porter atteinte à l’honneur d’autrui est un crime car elle peut avoir des conséquences nuisibles sur lui.

b) La législation au service de la liberté collective

=> Liberté = danger => Loi = sécurité
En résumé, la loi interdit de causer du tort à autrui mais la loi est à double sens donc autrui ne doit pas me nuire. Etre privé de liberté renforce la sécurité en général. La sécurité ne serait pas une contrainte mais une condition à la liberté. Comme on ne sait pas si autrui est bon ou mauvais, on préfère collectivement vivre en harmonie et sans danger sous la réglementation de l’Etat. Il faut donc calculer le rapport entre la liberté naturelle et la liberté social pour comprendre ce que la loi peut nous apporter de mieux en nous.

=> Valeurs de la démocratie
La démocratie a été fondée sur le pilier des intérêts fondamentaux du citoyen au détriment des libertés individuelles. Les citoyens peuvent être ainsi égaux devant la loi sous certaines conditions (ex : liberté d’expression). Le système judiciaire est basé sur des lois établies par le peuple et promulgué par ses représentants en gage de sécurité et de justice. La qualité recherchée est une construction du bien commun et du partage du pouvoir par la participation du peuple notamment par le droit de vote. La démocratie révèle être une nécessité pour la liberté collective.

=> Spinoza « L'homme raisonnable est libre dans la cité où il vit sous la loi commune »
Sans société, l’homme jouit d’une liberté sans limite mais dangereuse car si il a le droit de faire tout ce qui lui plait, alors les autres ont la même liberté et cela dégénère. Avec la société, le citoyen conserve les libertés nécessaires pour vivre correctement et en paix mais aucun excès n’est toléré ce qui a pour conséquence de ne plus redouter autrui. Un citoyen jouit en toute sécurité de ses droits limités. On peut en plus se protéger à plusieurs que par nos propres forces.

c) L’égalité et liberté formelle

=> Les mêmes lois s’appliquent à tous
L’égalité formelle est l'égalité juridique selon lequel les mêmes lois s'appliquent à toutes les personnes. La société pense que la liberté juridique est pensée comme un bénéfice, en effet, elle donne les droits de faire tout ce qui n’est pas interdit par la loi. Évidemment la véritable liberté se concentre autour de la libération de l’interdit. Mais comme le peuple délimite en commun le contenu qui lui plait, personne ne fera de « mauvais usages » de la liberté donnée.

=> Déclaration des droits de l’homme « humains naissent libres et égaux »
L’Article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme: « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. » fait l’opposition entre la liberté collective qui permet de se protéger de l’ingérence d’Autrui et la liberté individuelle qui traite de son état naturel. Les droits permettent de garantir le rayon d’autonomie qu’à l’homme sur sa société.

=> Lois = droits => Jouir de ses droits = Appliquer certaines libertés
Ainsi, les lois donnent des droits à l’homme afin qu’il puisse jouir d’une auto gouvernance sur sa liberté. Ces droits sont définis essentiellement par l’état de nature et non d’un principe d’égoïsme.
Les droits sont liés à l’autonomie de l’individu à se contrôler vis à vis des autres de sa communauté.
L’application de ces droits par la justice diffère selon la morale et les valeurs inculquées de l’homme opposées à l’idée de l’état de nature.

III. Naît-on libre ou devenons-nous libre ?

a) Le déterminisme

=> Détermination d’une action dans l’espace
Le déterminisme est une théorie qui échappe aux lois de la nature dite métaphysique. Il nous est donc impossible de prouver que toute action est prédéterminée. On remarque bien le phénomène de cause à effets voir même de plusieurs causes pour un même effet mais rien ne montre qu’une nouvelle réaction se déclenche après une récidive.

=> Lien déterminisme liberté
La liberté est considéré comme métaphysique à partir du moment où l’homme se confronte à l’état de nature. La liberté c’est la réaction de l’homme sur son monde physique en lien avec le déterminisme. Ainsi le déterminisme se confronte à l’ajustement et à la supériorité de la volonté humaine sur son monde. On peut dire aussi au contraire que la liberté s’oppose au déterminisme ou à la nécessité du devenir à cause de la morale humaine qui entrave cette liberté.

=> Morale humaine
Donc la morale qui désigne l’ensemble des règles de conduite ou dite d’action humaine repose sur la division des valeurs fondamentales du bien et du mal. Elle est coupable de fixer des principes d’action qu’on appelle dans la société, les droits. La moral renvoi donc à l’expression des valeurs de la société telle que la conduite collective et à la morale individuelle.

b) Libre arbitre

=> Prise de décisions : Bien et mal (action morale)
Le libre arbitre reflète le pouvoir de déterminer l’origine de ses actes. Un homme libre a le pouvoir de choisir de lui-même sans influences extérieures le dénouement de son acte. Bien que le libre arbitre nécessite d’être construit par l’individu sur des valeurs et des émotions qui va lui permettre de réagir. C’est pourquoi le fait d’agir ou de s’abstenir détermine une part de responsabilité dans le choix produit à l’égard de la liberté.

=> Ex : âne Buridan
Pour illustrer le libre arbitre, Jean Buridan, philosophe du XIVe siècle, met en scène un âne ayant faim et soif, qui hésite entre boire ou manger, étant incapable de faire un choix, l’âne se laisse mourir de faim et de soif. Bossuet écrit que « Le libre arbitre est la puissance que nous avons de faire ou de ne pas faire quelque chose ».

=> Indépendance / autonomie
L'indépendance signifie que le sujet peut tout faire sans se soucier des autres, il ne subit aucune contrainte sociale et politique. L’autonomie est l’obéissance à sa propre loi, ainsi l’autonomie fait partie du libre arbitre puisque nous choisissons de commettre nos actes. L’autonomie est une maîtrise difficile de soi car il est difficile de s’opposer à ses désirs quand la décision rencontrée nous apporte une satisfaction égoïste.