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Faut-il s'identifier à autrui pour le comprendre ?

Eleve de terminale Littéraire, ce corrigé est complètement rédigé, j'ai eu 15.5/20

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: marietlse (élève) •

Nous sommes tous les jours, tout le temps entourés d'autres personnes, d'autrui; donc en tant que conscience, nous sommes entourés constamment d'autres consciences qui m'influence, que j'influence et nous nous permettons mutuellement d'évoluer. Comprendre veut littéralement dire concevoir, saisir le sens, cependant une personne peut-elle ressentir les mêmes sentiments qu'une autre dans les mêmes circonstances et donc me comprendre ? Comprendre autrui est il un devoir que l'on s'impose ou une nécessité ? S'identifier veut dire, s'assimiler à quelqu'un, cela voudrait dire qu'il faut que l'on est le même point de vue pour ce comprendre ? Puisque l'image de moi et tributaire du regard qu'autrui pose sur moi; suis-je, en tant que conscience, ce qu'il a décidé que je sois ? Et par conséquent est-ce moi qui qui forge l'identité d'autrui et qui le comprend mieux que lui-même ? Car après tout, je suis l'autrui d'autrui.

Nos esprits sont des miroirs les uns des autres, c'est à dire qu’autrui et moi, avons le même esprit, nous avons tous deux une raison, une logique, nous sommes fait de la même manière, de la même matière, mais nous ne pensons cependant, pas la même chose. Alors comment savoir si je pense ce qu'autrui pense ?
Si nous éprouvons de la sympathie envers Autrui, cela veut dire que nous éprouvons les mêmes sentiments. Nous sympathisons avec Autrui en nous situant imaginairement dans son point de vue. C'est pour quoi nous aurons les mêmes sentiments, car les mêmes émotions puisque le même point de vue, le sien. Nous orientons nos actions en vue d'attirer la sympathie d'autrui, on se place dans le point de vue de l'autre, lui-même en train de se placer dans notre propre point de vue.
Autrui s'imagine dans notre point de vue donc il ressent les mêmes émotions que nous puisque le même point de vue, le notre ; il attire donc notre sympathie.

Lorsqu'on comprend autrui, on simule le point de vue de l'autre et on utilise le résultat de ce processus de simulation pour comprendre l'autre et prédire son comportement. Car grâce à ce processus on peut dire « moi à sa place, je ferai.. » donc on peut prédire le comportement à venir d'autrui ; puisque en se mettant à sa place vous comptiez faire la même chose que ce qu'il compte faire et donc ce qu'il fera dans le futur.
Simuler autrui consiste à épouser la perspective de l'autre sur le monde, c'est à dire, à se projeter dans la situation qu'il rencontre, et à produire de manière impersonnel les réponses (décisions, émotions..) que l'on produirait sois-même dans cette situation. Prenons l'exemple de deux jeunes sœurs: Sarah simule ce que fait sa grande sœur Laura, ça veut dire que Sarah examine la situation du point de vue de Laura et mémorise ce qui est un faite pour Laura. (Car impersonnel pour Sarah). Sarah s'identifie à Laura mais ne la comprends peut-être pas.

Cependant; Autrui peut nous décrire ses pensées, ses émotions, nous expliquer son point de vue etc.. Et plus autrui nous explique, nous décrit ce qu'il pense, ce qu'il ressent etc.. Plus nous développons de la compassion ou de l'envie, ce qui découle de la compréhension d'autrui.
Dans ce cas nous nous trouvons tous deux, tributaires du langage et de ses pièges, de plus les pensées ou sentiments d'autrui peuvent être inexplicables donc nous ne pourrons nous identifier à lui puisque sans données. Autrui peut aussi tout simplement me mentir, et dans ce cas nous ne pourrions pas non plus le comprendre.

Tout se passe comme si les intentions d'autrui habitaient mon corps et comme si mes intentions habitaient le sien. Car la compréhension des gestes ou des comportements sont réciproques à mes intentions et intentions lisibles d'autrui.

La reconnaissance des émotions à partir d'expression du visage est un fait universel. Les nouveaux-nés arrivent à distinguer les expressions, surtout chez leur mère, dès leur premiers jours de vie: c'est inné. Les muscles du visage parlent un langage universel apparu bien avant le langage lui-même; de plus nous associons facilement une expression du visage à une émotion ou un état d'esprit: Rire, joie. Pleure, tristesse.
Il constitue un moyen de communication sociale très efficace. Par exemple: Le rire communicatif.

Autrui doit être considéré comme une autre conscience, un sujet, égal à moi, et plus seulement comme un outil qui me permet de prendre conscience de moi, car c'est à travers le regard d'autrui que je prends conscience de ce que je fait, dit etc.. et donc de moi.
Chaque conscience est alors un monde clos, donc les consciences ne peuvent communiquer entre elles, elles sont irréductiblement séparés; Nous ne pouvons donc pas nous mettre à la place d'une autre.

De plus le deuil ou la colère ne peuvent avoir le même sens pour nous et pour autrui; Car même si la compassion existe et que les Hommes en sont dotés, elle ne sera jamais assez proche de ce que la perte d'un proche peut faire ressentir, car même si nous avons déjà perdu un proche l'attachement à cette personne ne sera jamais le même, donc nous ne pouvons comprendre ce que traverse autrui et à l'inverse autrui ne pourrait nous comprendre si nous avions perdu un proche. La colère et le deuil n'ont jamais exactement le même sens pour moi et pour autrui. La colère et la tristesse d'autrui ne peuvent par définition jamais avoir le même sens pour lui que pour moi. Il les vit, moi, je les perçois. Certes, je peux participer à sa souffrance ou à sa colère; mais, je souffre parce qu'il souffre, je suis en colère parce qu'il est en colère; alors que lui, il souffre parce qu'il a perdu sa mère et il est en colère parce que je lui ai menti (par exemple).
L'homme prend conscience de lui-même grâce à sa distinction avec autrui; donc si je cherche à m'identifier à autrui il n'y aura plus de distinction et je ne pourrais prendre conscience de moi. A l'inverse, si autrui chercher à s'identifier à moi, il n'y aura plus de distinction et il ne pourra prendre conscience de lui.
Exemple : Comment savoir que lorsque moi et un ami mangeons de la glace au chocolat, elle a le même goût pour lui que pour moi ?
Je peux essayer de goûter sa glace; mais, si elle a la même saveur que la mienne, cela signifie seulement qu’elle a la même saveur pour moi. Je n'aurais pas fait l’expérience de la saveur qu’elle a pour lui. Je n'ai en fait aucun moyen de comparer directement ces expériences de saveur.
Je pourrais répondre que nous sommes tous les deux des êtres humains, et que j'ai la capacité de discerner des parfums de glace (exemple : vous pouvez distinguer la vanille et le chocolat les yeux fermés); et que donc, il est vraisemblable que vos expériences de parfum sont similaires. Mais comment le savoir ?

Le seul cas dans lequel il m'a jamais été donné d’observer une relation entre un type de glace et un parfum, c’est le mien; par conséquent, quelles raisons ai-je de penser que des corrélations similaires valent aussi pour d’autres êtres humains ?
N’est-il pas aussi compatible avec tout ce qui vous paraît évident que, pour lui, le chocolat a le goût que la vanille a pour vous et réciproquement ?
Tout ce qu’on peut observer, c’est la corrélation dans notre propre cas.
Je pourrais encore répondre que, après tout, chacun est différent physiquement de tous les autres, et que, ainsi, il peut y avoir de très légères différences entre l’expérience de saveur d’un même type de glace pour deux personnes différentes; mais que par contre, si le goût était radicalement différent, on s’en rendrait compte. Si la glace au chocolat avait pour mon ami le goût que le citron a pour moi, je m’en rendrais compte, car sa bouche grimacerait quand il en mangerait.
Cette hypothèse porte donc sur une corrélation entre une expérience interne et une certaine sorte de réaction observable. Or, ce lien, comment savez-vous qu’il est le même que chez d’autres personnes ?

Donc pour comprendre autrui il existe plusieurs manières d'agir, cependant je peux aussi comprendre ce qu'il ressent, sans le comprendre lui-même. S'identifier à autrui n'est pas une nécessité pour le comprendre; puisque il peut nous permettre de le comprendre en utilisant le langage du visage, ou la parole. Cependant cela reste un devoir car si je ne m’intéresse pas à Autrui il ne se développera pas et donc moi non plus car nous évoluons ensemble. Lui grâce à moi et moi grâce à lui.