Punir est-il un devoir ?

Le corrigé complet. Appréciation du professeur: Bon travail. Note: 12.

Dernière mise à jour : 15/09/2021 • Proposé par: Angelo (élève) •

La formulation de l'intitulé est étonnante, comme si la punition n'était pas évidente, mais déjà en discussion. Quand la discussion peut-elle être légitime ? qu'est-ce qui la rend illégitime ? est-il vain de punir si la punition ne peut avoir les conséquences que l'on attendait ? Si l'on questionne la légitimité cela suppose d’exclure toute idée de punition comme vengeance, comme réaction immédiate et non réfléchie. Punir devient alors un acte qui n'est pas du tout automatique, comme si selon la loi il ne pouvait y avoir automatisme dans la réponse aux délits. Cela suppose que la punition ne se justifie pas à chaque fois par l'application pure et simple de la loi. Pourquoi ? N'est-ce pas de la nature de la loi de faire automatiquement comprendre qu'il y ait eu transgression ? Si l'on prend en compte des circonstances atténuantes, n'est-ce pas à terme effacer la responsabilité individuelle ? Que vaut une loi si elle ne repose plus sur la responsabilité est individuelle ? Auquel cas punir n'est pas légitime, mais nécessaire, voire inévitable.

L'homme a-t-il le droit de punir l'homme ? le problème apparaît avec une évidence saisissante quand il s'agit de la peine de mort, car enfin, en tuant le criminel il semble que la justice s'arroge un privilège véritablement divin. L'homme ne crée pas la vie, il la reçoit : il ne lui appartiendrait pas, en conséquence, de la supprimer.

Sans même penser à la peine de mort et sans faire intervenir l'argument théologique, on aperçoit le paradoxe de toutes sanctions. La sanction imite ce qu'elle entend sanctionner. Toute sanction est une violence, et par là une atteinte à la personne humaine. La sanction a pour but de châtier les violents mais elle ne les châtie qu’en introduisant une nouvelle violence dans le monde. La peine capitale, qui tue le meurtrier, l’imite, loin de ressusciter la victime ; au bout du compte on a deux morts au lieu d'un (le marquis de Sade disait que la justice n'a même pas d'excuses - comme les meurtriers qu'elle punie - de tuer par passion, elle tue à froid, par méthode et délibérément).

Un moyen très simple, pourtant, de justifier les sanctions consistent à un requis et l'utilité sociale. La société a le droit de protéger ses membres sains et d'empêcher de nuire ses brebis galeuses. À la limite on supprimera le monstre moral comme on supprime un serpent venimeux; ou bien on punira pour faire un exemple, pour effrayer l'imitateur éventuel : sanctions intimidatrice. En Angleterre, jusqu'au m

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