L'humanité peut-elle se concevoir sans religion ?

Revenir à la présentation du sujet

Note du corrigé :
  • Note actuelle 4.00/5

Proposé par : hifsa (Elève)

 

Description :
Ceci est un plan détaillé fait par une étudiante aidée par un professeur de philosophie.

 

Introduction



Le fait religieux est prégnant dans l'histoire de l'humanité, et il est difficile de dire s'il a pu exister des peuples sans religion. Ce constat ajouté que seul les hommes font preuve du sentiment religieux, mène à penser que la religion pourrait constituer l'une des caractéristiques essentielles de l'humanité. Mais doit-on en conclure que l'humanité ne peut se concevoir sans religion? Etre humain, est-ce nécessairement faire preuve de sentiment religieux, ou bien n'est-ce pas plutôt le dépasser?

I) La religion, phénomène proprement humain.



A) Seul l'homme connaît le fait religieux

La religion est une réponse à la conscience proprement humaine des mystères qui les entourent, et apparaît plus particulièrement comme une défense contre la conscience que nous avons de notre finitude (de notre mort), laquelle définit l'humanité.
Bergson:"La religion est une réaction défensive de la nature contre la représentation, par l'intelligence, de l'inévitabilité de la mort".
Donc, l'homme a besoin d'avoir une religion pour se sentir protéger du mystère de la mort, de mettre des mots sur cette inéluctable mort (afin d'avoir moins peur).

B) L'humanisation par la religion

La religion a des vertus humanisantes car elle développe la sociabilité par la création de communautés religieuses (même si on remarque que de nos jours la religion est souvent la cause première des conflits entre différents pays, mais ceci est probablement dû à une mauvaise interprétation de celle- ci). En prônant des valeurs morales, et en instaurant une discipline et le respect des dogmes et d'autrui, elle humanise d'un point de vue moral. Elle est donc civilisatrice.

II) L'humanité et le sentiment religieux.



A) Les critiques de la religion

Si l'homme tend au sentiment religieux, c'est qu'il ressent un vide. Mais n'y a-t-il pas un autre moyen pour répondre à ce vide, comme nous l'explique très bien Freud: "l'être humain ne peut pas rester éternellement enfant, il faut qu'il finisse par sortir à la rencontre de la "vie hostile". Il est permis d'appeler cela "l'éducation à la réalité"". Donc d'après Freud, la religion satisfait inconsciemment un désir enfantin de protection et d'amour mais qui ne peut durer.

B) L'humanité indépendante de la religion

La philosophie s'oppose à la religion: elle recherche la vérité par la raison, refuse l'irrationnel et le recours facile au transcendant. Or, l'humanité se définit avant tout par son aspect raisonnable et un homme ne sera capable d'agir, de se perfectionner librement et sera caractérisé par l'activité de sa raison qu'on rejetant la religion.

C) Nuance

L'homme se définit par sa quête de la vérité. Si par la religion on entend la foi, la confiance en est une idée, l'humanité ne peut se concevoir sans religion. Le propre de l'homme est de se construire au travers d'appartenances sociales générées par l'adhésion à une idée, à un sens, à des valeurs, considérés comme sacrés. Est religieuse, au sens large, l'attitude par laquelle on sacralise quelque chose, ne serait-ce que la raison.

Conclusion



Si l'on peut être humain sans adhérer à une religion particulière, et même si l'humanisation suppose le dépassement de la croyance naïve et aliénante, la religion, comprise comme essai de donner du sens et de regrouper les hommes autour de valeurs communes, définit cependant l'humanité.