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Comment comprendre l'expression «ne pas savoir ce que l'on fait» ?

Dernière mise à jour : 25/02/2021
Proposé par: theneptune28 (eleve)

Description du corrigé: Fait par l'élève avec l' aide du livre de terminale. Note obtenue:14.

Introduction

La possibilité de ne pas saisir les actions que l'on exerce et que l'on parait maitriser peut sembler paradoxal. En effet, nous avons certains de nos actes qui conduisent à des conséquences que nous n'avions pas prévues; par ignorance par exemple ou bien même par incompétence lorsqu'il s'agit d'être dépassé par la connaissance totale de toute la grandeur de nos actes. Ceci est l'une des limites de nos actions. De plus, d'autres de nos actes peuvent échapper à notre psychisme. Prenons l'exemple de nos actes manqués. C'est alors la constitution de sa deuxième limite. Par ailleurs, le sujet peut avoir des rapports de connaissance avec ses propres agissements. Nous allons alors nous interroger sur la mesure où l'homme est capable d'agir en toute connaissance de cause lorsqu'il est lucide puis lorsque, dans certaines circonstances, il agit sans une conscience claire.

I-

Dire qu'on ne sait pas ce qu'on fait revient à être de mauvaise foi. En effet, les hommes sont libres tout en étant raisonnanles en ce qu'ils sont entièrement responsables de leurs propres actes. Alors, si l'on exclut certaines de leurs réactions "instinctives", on peut dire que les hommes peuvent toujours être conscients des actes qu'ils font. L'un des stoïciens, Epictète, fait la différence entre les choses qui ne sont pas en notre pouvoir, c'est à dire le corps ou bien la richesse, et les choses qui sont, au contraire, en notre pouvoir tels que nos tendances vestimentaires, nos jugements, nos opinions et nos désirs par exemple. En effet, le seul et l'unique souhait du désir est d'aboutir à l'objet ou à la personne que l'on désire.
Mais, cependant, il est bien probable que l'on ne parvienne pas à les obtenir si l'on a le désir d'objets qui ne dépendent pas de nous. Alors on serait fort malheureux de ne pas les avoir. En effet, pour vivre heureux il suffit de s'appliquer à ne vouloir que des choses dont on sait que l'on arrivera à les obtenir. l'homme a donc toujours cette possibilité de maîtriser ses désirs ainsi que ses passions. Comme le disait l'un des autres stoïciens, Sénèque, il faut que l'homme soit "l'artisan de sa vie" plutôt que de "se laisser corrompre et dominer par les choses extérieures". Pour lui, il faut que l'homme sache maîtriser, et maîtrise, le moindre de ses actes.

Par ailleurs, l'homme agit par jugements en ce qu'il estime devoir fuir ou poursuivre une chose grâce au pouvoir de connaître. De plus, il agit par jugement libre qui le rend capable de diversifier ses actions. Agir en connaissance de cause est donc ce que fait l'homme. Il est toujours responsable de ce qu'il fait et en est conscient. "Les hommes sont entièrement libres et responsables de leurs actes" disait Sartre. En conséquence, "l'individu qui prétend ne pas savoir ce qu'il fait cherche seulement à se déresponsabiliser". La majeure partie du temps, il est très difficile d'assumer sa libreté alors nous cherchons à nous la masquer. Sartre décrit une conduite de "mauvaise foi" lorsque nous tentons de nous défaire de notre liberté.
De plus, dans L'Etre et le Néant, Sartre en donne un exemple fort car une jeune femme va à un rendez-vous en sachant à quoi elle s'attend or elle refuse de rompre immédiatement. En un sens, elle refuse d'user sa liberté et se démet de sa capacité de choix en ce qu'elle abandonne sa main comme si elle ne s'en aperçevait pas.
Mais sommes nous vraiment toujours responsables de nos actes?

II-

En effet, il peut y avoir des circonstances dans la vie de l'homme où il peut agir sans avoir une conscience claire de ce qu'il fait. Il peut être ignorant lorsqu'il agit, sans être totalement maître de ses actes et sans les comprendre également. Lorsqu'on agit sous le coup d'une émotion violente il se peut qu'on ne sache pas ce que l'on fait. De plus, certaines choses comme la peur par exemple, peuvent nous faire perdre notre maîtrise. Ainsi, on peut ne plus être maître de sa volonté ni ne plus agir rationnellement lorsque l'homme est pris par des choses émotives et impulsives.

Par ailleurs, il est vrai que certaines personnes ne sont pas totalement responsables et donc maîtres de leurs actes. Par exemple, lorsque l'on agit sous le coup de la colère, on peut faire des gestes que l'on regrettera par la suite. En effet, le désir vient à l'individu d'une manière que celui-ci ne maîtrise pas. Alors, il n'est pas responsable de certaines de ses actions qu'il tend à accomplir car après tout c'est en sa vertu de sa nature même d'être humain. Freud expose ainsi la manière dont tout désir dépend en définitive de nos expériences passées. L'exemple qui montre peut-être le mieux que nous ne sommes pas responsables de nos désirs est celui du rêve car nos désirs ne se forment pas à un niveau conscient du psychisme mais plutôt dans le "Ca" étant le réservoir de nos pulsions. Nous ne sommes donc pas responsables puisque nous désirons sans savoir pourquoi ni sans le vouloir. Il peut alors sembler paradoxal que cette perspective évoquée, contrairement à la psychanalyse, n'échappe par à un moralisme éthique qui condamne plus ou moins clairement le sujet pour ses désirs.

De plus, il est possible d'agir par ignorance ou par inconscience. Ainsi, pour Freud, les motifs de nos actions sont inconscients. Il est donc impossible de savoir pourquoi nous réagissons de telle ou telle manière dans telle ou telle circonstance. Par exemple, d'un point de vue moral, nous ignorons que telles ou telles paroles dites à la légère peuvent blesser l'un de nos proches. Nous faisons alors parfois le mal sans le savoir.

Conclusion

En définitive, affirmer que l'homme peut agir à tout moment en connaissance de cause revient à être peut-être trop sévère car si, en théorie, on est responsable de ce que l'on fait, dans la pratique il n'est pas exclu que notre clairvoyance soit brouillée par ce que l'on ressent ou par la situation complexe. En effet, dans certains cas il est vrai qu'on ne peut jamais être sûr que l'on est en train de faire telle ou telle chose de la bonne manière. Là est toute la nécessité de la psychanalyse car elles nous informe que la cause profonde de nos actes est souvent inconsciente. Cela dit, afin de vivre de manière plus lucide, chacun peut chercher à comprendre après coup ses gestes tout en effectuant un travail de réflexion sur soi-même.
En fin de compte l'expression "connais-toi toi-même" de Socrate en est l'aboutissement. Il s'agit d'acquérir la science des valeurs que l'homme porte en lui. Par ailleurs, si personne n'est méchant volontairement c'est surtout parce que personne ne veut consciemment se nuire à lui-même. C'est la science qui détermine l'action, elle ne peut être vaincue par les passions, seulement par l'ignorance. Comprendre l'expression "ne pas savoir ce que l'on fait" relève donc d'un choix strictement personnel qui sera tout à fait légitime s'il est correctement justifié.

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