Philosophie: Dissertations Commentaires Français: Commentaires

Sartre, L'existentialisme est un humanisme: l'existentialisme

Ce commentaire est celui du texte de Sartre "L'existentialisme est un humanisme", il traite des idées majeures parcourues par l'auteur dans son oeuvre. Cela vous permettra d'obtenir un beau 15 (c'est la note que j'ai eu pour ce commentaire). Bon courage à vous.

Dernière mise à jour : 16/03/2021 • Proposé par: blackberry (élève) •

Texte étudié

«Avec l’existentialisme, l'homme fait l'expérience de l'absence de dieu et non plus seulement d'un dieu caché comme chez Pascal où Dieu laisse encore des signes aux hommes pour les orienter dans leurs actions. Sartre présente l'existentialisme comme un effort pour tirer toutes les conséquences d'une position athée cohérente.
En effet, prenant conscience de son "essence", l'homme va obligatoirement prendre conscience de ce que Sartre appel "la condition humaine". Cela signifie qu'en me définissant, je vais être capable de "définir" l'humain d'un point de vue général. «L’homme n'est donc pas seulement responsable de sa stricte individualité mais de tous les autres », justement parce qu'il n'y a pas de nature humaine a priori et que l'humanité n'est rien d'autre que ce que les hommes actualisent par leur choix. «Tout se passe comme si pour tout homme, toute l’humanité avait les yeux fixés sur ce qu'il fait ». Chacun doit donc se demander à chacun de ses actes: suis-je bien celui qui agit de telle sorte que l'humanité se règle sur ses actes. En ce sens Sartre, un peu à la manière kantienne ne cesse de nous d'exhorter à être cohérent et honnête avec nous-même.
De cette manière mes choix ne seront pas seulement ceux que je fais personnellement, mais aussi ceux que ferait l'homme tout simplement. En prenant mes responsabilités, je représente en quelque sorte le genre humain. Si Dieu n'existe pas, il n'y a pas non plus de valeurs éternelles, de bien et de mal en soi qui s'imposeraient à nous de l'extérieur, dans une évidence intangible. En reprenant l'intuition de Dostoïevski, Sartre peut dire « Si dieu n'existe pas, tout est permis » au sens où chacun pose ses propres valeurs par ses choix. En d'autres termes il y aurait des sortes d'options, ce que Sartre appel la "subjectivité humaine", que je choisis en me démarquant mais en faisant partie d'un tout à la fois.
En somme la responsabilité des choix des hommes est un véritable phénomène engageant chaque homme dans une sorte d'engrenage, l'intersubjectivité humaine. En faisant un choix quelconque (pas tant que cela en fin de compte), je sais pertinemment qu'il aura une influence au niveau collectif: mes choix sont ceux de tous. Sartre ne cesse de souligner que chacun, en agissant, pose des valeurs et en ce sens n'est plus seulement responsable de lui mais de l'humanité toute entière puisqu'il affirme ces valeurs comme exemplaires.»

Sartre, L'existentialisme est un humanisme

1) l'exemple que prend Sartre pour démontrer cette notion d'existence précédant l'essence est celui du coupe papier.
En effet, n'importe quel objet que l'homme créera sera d'abord pensé puis construit, selon "des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir" par un ouvrier. Pour l'existentialisme catholique on pourra dire que l'essence précède l'existence. En effet considérant qu'un "ouvrier divin" créa l'homme, celui-ci n'a put qu'être pensé puis conçu selon "des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir". Ainsi l'homme serait un être qui aurait une nature, puisque prévu et conçu par dieu.
Mais l'auteur lui partage la thèse de "l'existentialisme athée". En somme, selon lui l'homme n'étant pas une création d'un ouvrier divin, il ne peut avoir de nature le pré définissant: pour lui, "l'homme est ce qu'il se fait".
Ainsi, n'ayant aucune essence précédent son existence, on ne peut dire que l'homme soit un homme possédant une nature. Personne n'a à réaliser sa nature puisqu’il n'y a pas de nature humaine préalable à ce que les hommes font d’eux -mêmes : « l ‘existence précède l’essence » signifie que l'homme sera tel qu'il se sera fait. Chacun, nous existons d'abord et ne sommes définissables qu’après, par nos actes. Cette angoissante condition Sartre l'appelle le « délaissement ».
De cette manière, lorsque Sartre dit de l'homme que "l'existence précède l'essence", cela signifie que comme l'homme n'est pas créé. Plus précisément, l'homme "apparaissant seul", ne peut que se découvrir lors de son existence puis se définir par la suite. Simplement, lors de son existence il découvre son essence.
Cela l'oblige alors à prendre ses propres responsabilités vis-à-vis de cette prise de conscience.

2) Avec l’existentialisme, l'homme fait l'expérience de l'absence de dieu et non plus seulement d'un dieu caché comme chez Pascal où Dieu laisse encore des signes aux hommes pour les orienter dans leurs actions. Sartre présente l'existentialisme comme un effort pour tirer toutes les conséquences d'une position athée cohérente.
En effet, prenant conscience de son "essence", l'homme va obligatoirement prendre conscience de ce que Sartre appel "la condition humaine". Cela signifie qu'en me définissant, je vais être capable de "définir" l'humain d'un point de vue général. «L’homme n'est donc pas seulement responsable de sa stricte individualité mais de tous les autres », justement parce qu'il n'y a pas de nature humaine a priori et que l'humanité n'est rien d'autre que ce que les hommes actualisent par leur choix. «Tout se passe comme si pour tout homme, toute l’humanité avait les yeux fixés sur ce qu'il fait ». Chacun doit donc se demander à chacun de ses actes: suis-je bien celui qui agit de telle sorte que l'humanité se règle sur ses actes. En ce sens Sartre, un peu à la manière kantienne ne cesse de nous d'exhorter à être cohérent et honnête avec nous-même.
De cette manière mes choix ne seront pas seulement ceux que je fais personnellement, mais aussi ceux que ferait l'homme tout simplement. En prenant mes responsabilités, je représente en quelque sorte le genre humain. Si Dieu n'existe pas, il n'y a pas non plus de valeurs éternelles, de bien et de mal en soi qui s'imposeraient à nous de l'extérieur, dans une évidence intangible. En reprenant l'intuition de Dostoïevski, Sartre peut dire « Si dieu n'existe pas, tout est permis » au sens où chacun pose ses propres valeurs par ses choix. En d'autres termes il y aurait des sortes d'options, ce que Sartre appel la "subjectivité humaine", que je choisis en me démarquant mais en faisant partie d'un tout à la fois.
En somme la responsabilité des choix des hommes est un véritable phénomène engageant chaque homme dans une sorte d'engrenage, l'intersubjectivité humaine. En faisant un choix quelconque (pas tant que cela en fin de compte), je sais pertinemment qu'il aura une influence au niveau collectif: mes choix sont ceux de tous. Sartre ne cesse de souligner que chacun, en agissant, pose des valeurs et en ce sens n'est plus seulement responsable de lui mais de l'humanité toute entière puisqu'il affirme ces valeurs comme exemplaires.

3) L'exemple que prend Sartre dans ce passage est certainement celui qui illustre le mieux la phrase qui le précède et qui explique que "L'homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à réinventer l'homme" (page 40).
En effet, l'élève de son exemple est face à deux choix: soit il quitte sa mère désespérée, soit il s'engage dans l'armée afin de venger son frère. Ainsi, s'il fait le choix de rester avec sa mère ce n'est pas parce qu'il ne peut pas la laisser seule ou autre, c'est simplement parce qu'il en a fait le choix, parce qu'il en a pris la responsabilité.
Sartre nous explique de cette manière, "délaissé", l'homme est condamné à faire face à ses propres décisions et non à se cacher derrière une décision divine. Il montre que toutes les morales classiques se révèlent impuissantes à trancher concrètement pour l'une ou l'autre des possibilités.
La morale chrétienne enseigne d'aimer son prochain, mais « Qui doit-on aimer comme son prochain, sa mère ou le combattant ? ». La morale utilitariste prône d’agir en vue du maximum de bien possible. Mais quelle est l’utilité la plus grande, celle d'une action qui se perd dans un ensemble pour oeuvrer à un bien collectif ou celle d'un acte concret et précis qui aide un individu particulier à vivre ? Quant à la morale kantienne qui recommande de ne jamais traiter l’autre comme un moyen mais toujours en même temps comme une fin, elle n'est pas plus éclairante. Elle reste muette car traiter sa mère comme une fin c'est traiter les autres (ceux qui combattent pour la liberté) comme de simples moyens dont on récupère le sacrifice ; mais, d'un autre côté, on pourra toujours dire que partir (et soutenir les efforts des combattants) serait ravaler l'auteur de ses jours au rôle de simple moyen « maintenant que je vole de mes propres ailes, j'abandonne ma mère dans le besoin… » Aucune morale traditionnelle ne peut nous dicter notre choix ; les préceptes moraux sont toujours trop abstraits pour indiquer clairement la voie à prendre ; chacun est donc forcé d'inventer sa morale personnelle, sa loi, d’où une angoisse qui ne doit pas inhiber l’action mais qui fait nécessairement partie de l'action.
Même quand l'ordre vient d'ailleurs, il y a toujours angoisse et choix, c'est la condition du chef militaire : il agit sur le terrain avec ses hommes et ne peut jamais se contenter d'appliquer les ordres qui viennent d’en haut ; il doit toujours les interpréter c'est-à-dire prendre des décisions concrètes pour les réaliser. Parmi toutes les possibilités de manœuvre, la décision finalement prise n’a de valeur que parce qu'on s'y tient ; or, de cette décision, forcément contestable, dépend la vie de 10, 20, 50 hommes…
Il serait naïf de croire qu'on peut éluder l'angoisse et la responsabilité de la décision en se rapportant à des conseillers car, en choisissant le conseiller, on connaît déjà quelques types de conseil il recommande donc choisir un conseiller s'est déjà avoir choisi ce qu'on décidera ou alors on consulte une multitude d'avis différents et finalement il faudra toujours trancher seul.

4) Sartre passe en revue les différentes façons d'être de mauvaise foi, c'est-à-dire de ne pas assumer notre plein engagement dans chacun de nos actes. Pour lui, les lâches sont tous ceux qui font porter la responsabilité de leur choix sur autre chose qu’eux-mêmes. Ils pensent que la passion est "un torrent irrésistible" que l'homme ne peut contrôler, et cela (tel que le présente Rousseau dans Émile et de l'éducation) du fait qu'il y aurait une norme transcendante.
Sartre qualifie aussi de mauvaise foi les écrits de Zola sur le déterminisme à la fois physiologique et du tempérament.
Contre ces allégations, les existentialistes répondent que l'homme est toujours responsable de sa passion, c'est lui qui choisit de s’y abandonner, de même qu'il choisit aussi le sens et l'attention qu'il donnera à ce qu'il appelle " les signes du destin ". Tous ceux qui prétendent le contraire sont de mauvaise foi puisqu’ils refusent d'assumer la liberté de leur choix et le délaissement de la condition humaine.
Ainsi de manière très subjective mais pour autant très "détachée", l'auteur revendique la réalité des actes. L’existentialisme est donc une philosophie sévère, exigeante, sans complaisance pour l’orgueil humain et les ruses paresseuses des velléitaires. Elle contraint les individus à ne plus se bercer d'illusion, se payer de mots. C'est aussi pour cela qu'elle s'est faite des ennemis. Chacun choisit dans le délaissement, chacun est seul et pleinement responsable de son choix et chaque homme n’est finalement que la figure ciselée par chacun de ces choix.
L'existentialisme assure qu « 'en dehors de cette figure, il n'y a rien ».
Il y a une terrible exigence dans l’éloge existentialiste de l'action mais c’est en même temps une philosophie optimiste ouverte sur les projets de construction individuelle et collective.
Sartre interprète donc les reproches faites à l'existentialisme de manière intransigeante, revendiquant la cohérence de l'existentialisme. Point par point, il souligne les incohérences et les inconséquences de leur critique, et lave l'existentialisme de tout reproche afin de mieux rallier le lecteur à ce mouvement.