Etre raisonnable est-ce renoncer à ses désirs ?

Date d'ajout : 30/04/2011 • 3 209 vues

Note du corrigé :
  • Note actuelle 3.09/5

Proposé par : THBDGRST (Elève)

 

Description :
Le corrigé complet fait par un élève.

 

 

Introduction



Désirer, c'est ressentir un manque. Le désir est une privation, une gêne, qui renaît aussitôt satisfait. Il peut se décrire comme un état instable, et l'homme soumis à ses désirs apparaît comme un être aliéné qui ne se maîtrise plus, qui est davantage soumis ces impulsions qu'à sa raison. Pourtant, être raisonnable, est-ce nécessairement renoncer à ses désirs Si le caractère insatiable du désir semble légitimer cette a1aitLSde de négaton ou de rejet du désir, est-il seulement possible de ne plus désirer ? L'empire absolu de la raison est-il envisageable, ou même souhaitable ? Autrement dit, est-il raisonnable de n'écouter que sa raison ? Peut-être faudrait-il dès lors rechercher, à l'aide d'une définition plus précise de ce que peut signifier « être raisonnable », un lien plus intime entre raison et désir : tout désir a-t-il la mémo valeur, tout désir est-il nécessairement déraisonnable et à rejeter ? Ce problème de l'attitude à adopter face au désir, en se demandant si le rôle de la raison est d'exclure tout désir, sans distinction, ne revient-il pas alors à s'interroger sur la manière dont il faut conduire son existence ?
Etre raisonnable = se fixer des limites, ne pas tomber dans l’excès…
Désirs= passions, manque…
Raison/désir

Pour être heureux faut-il vivre sans désir ? Mais une vie sans désir ne serait-elle pas ennuyeuse ? (Arrière fond religieux dans cette question).


I. Désirs et dérèglements



Il apparaît que le désir soit égal à une insuffisance. Si l’on n’est pas satisfait on ne peut être heureux.
Désirer la mort met en danger la possibilité d’être heureux. On a toujours des désirs, ils sont insatiables. Les sens ne sont jamais comblés. Il parait déraisonnable de combler quelque chose qui ne pourra jamais l’être.
Dans Gorgias, de Platon, Socrate parle avec Calliclès, et dit que l’Homme est celui qui assomme avec tous ses désirs, refuse le prestige de la maîtrise de soi. Le bonheur est dans la jouissance sans limite loin de toutes restrictions morales qui reconnaissent la tempérance.
Socrate va lui montrer que dans ce cas il est condamné à l’insatisfaction permanente. Comparaison entre la vie avec des désirs et les tonneaux percés des danaïdes condamnées à le remplir sans fin car elles avaient tué leurs maris. Si l’on passe sa vie ainsi que reste t-il à la fin ? Calliclès refuse de se faire convaincre car il n’y a pas de désirs sans satisfactions. Une vie ainsi close est pire que la mort. Si le bonheur était dans la répression des passions, les Pierres et les Cadoures seraient heureux ? Socrate va lui montrer l’impudence de sa thèse. « tu compares la vie sans désir à une vie de Cadoures, mais toi tu as une vie de pluvier. » Socrate déduit que si le plaisir réside dans l’insatisfaction du désir, il doit coïncider avec l’insatisfaction. Celui qui prend plaisir à se gratter parce qu’il a la gale, vit agréablement. Calliclès refuse de distinguer le plaisir et le bonheur. Socrate lui montre qu’il est dans la contradiction. On ne peut pas dire du même homme qu’il est à la fois heureux et malheureux.
Calliclès est un sophiste, celui qui enseigne l’art d’avoir toujours raison, cible préférée de Platon. Il fait l’éloge du désir en tant que source de bonheur. Socrate lui répond qu’il vivra comme les danaïdes et ne connaîtra jamais le bonheur.
Pourtant dans le désir il y a coprésence du bonheur et de la peine en même temps.
Calliclès avoue : « La fin est une chose pénible malgré tout, manger quand on a faim est une chose agréable. »
Tout désir est un état pénible.
On est capable d’éprouver à la fois souffrance et jouissance, bonheur et malheur, qui sont selon Calliclès des états opposés.
Donc si le bonheur et le malheur ne coexistent pas il faut renoncer à identifier le plaisir comme bonheur. Satisfaire ses désirs ne conduit pas au bonheur mais l’inverse.
En plus chaque fois qu’un désir est satisfait, il en vient toujours un autre.
Où est le bonheur là dedans ?
De plus, le désir nuit d’autant plus au bonheur qu’il devient une passion mais à l’origine de toutes passions il y a un désir.
La raison n’est plus qu’un instrument au service de nos désirs et peut mener à des actions destructrices.

Vu la négativité du désir, il semble plus raisonnable d’y renoncer. Mais est-ce humainement possible ? n’est-ce pas insensé de vouloir vivre sans désir ?


II. L’Homme ne peut vivre sans désir



On pourrait dire que nous ne sommes pas autosuffisants. Tous les vivants dépendent de leurs milieux et ont des besoins biologiques appelés chez Épicure besoins naturels.
Le critère de besoin est ambigu car des besoins comme amitié, bonheur auxquels on ne peut renoncer.
En plus des besoins biologiques il y a les besoins sociologiques comme vivre en communauté. Il y a les besoins psycho comme être apprécié des autres, rêver de choses inaccessibles…
Linton nous montre qu’il y a des désirs tellement fondamentaux qu’on peut les qualifier de besoins. Notre existence ne se résume pas à satisfaire des besoins vitaux mais, désirer des choses inaccessibles n’est pas déraisonnable mais ce n’est-ce pas là que réside le moteur de notre existence ?renoncer aux désirs n’est-ce pas renoncer à la vie ?
Si le désir peut nous aliéner, on peut aussi considérer que sans lui l’existence n’a aucune valeur.
Rousseau dans la Nouvelle Héloïse ns dit : « malheur à qui n’a plus rien à désirer, il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et on est heureux qu’avant d’être heureux. » Rousseau nous dit que sans désir ce serait l’ennui et que c’est dans l’inquiétude du désir que réside le désir. Il n’est pas raisonnable de renoncer à ses désirs. Mais il serait plus raisonnable de ne pas réaliser nos désirs.
Si l’on ne veut pas gâter l’objet de notre désir, et lui faire perdre son attrait, il faudrait s’en interdire l’approche, idée de renoncer à satisfaire nos désirs.


Vivre sans désir c’est ne plus avoir de raison de vivre. Et voir le désir comme un manque serait ignorer la puissance du désir. Une description trop stricte du désir de porter atteinte à la sphère pratique. Mais tous ces désirs ne se valent-ils pas ? Peut-on faire une économie de la discipline du désir.


III. Être raisonnable c’est pouvoir discerner les désirs qui sont nuisibles de ceux qui ne le sont pas



Il ne faut pas condamner les désirs en bloc comme dans une thérapeutie. Tous les désirs ne se valent pas et notre bonheur peut menacer certains d’eux.
La lettre à Ménécée est contre Platon qui dit que la philosophie rend heureux.
Ce qui nous rend malheureux sont :
- la peur des désirs
- la peur de la mort.
Il y a des désirs auxquels on doit renoncer, qui sont souvent classés dans un ordre croissant afin de nous rendre heureux.
Epicure nous livre une recette du bonheur, en supprimant la crainte des dieux, et celle des dieux.
Il va montrer que certains désirs nuisent au bonheur.
Dans ce passage 3 pistes :
- ceux d’ordre naturel
- les désirs vains
- certains qui va avec le bonheur
Énumération dégressive
Épicure fait preuve de sagesse épicurienne qui nous élève jusqu’au bonheur en passant par l’équilibre corporel.
Il n’est pas question de renoncer à la 1ère catégorie de désirs car l’absence de trouble dans le corps représente l’absence
de trouble dans l’âme.
Il ne faut pas renoncer au désir naturel et nécessaire. Epicure : « vivre est la condition bien vivre ».
Les désirs naturels et nécessaires sont faciles à satisfaire. Il ne veut pas dire que le bonheur c’est de manger, mais que le bien être du corps permet d’y accéder.
Les désirs naturels mais non nécessaires : manger sans faim. Ces désirs naissent d’un souci de savoir varier. Ils ne sont pas raisonnables puisqu’ils peuvent nuire au bonheur. Créer ces habitudes de luxes nous fait croire que l’on ne peut s’en dispenser. C’est ce qui entraîne la dépendance. La satisfaction d’un désir est bonne en soi, mais croire qu’elle est indispensable non. Ce genre de désirs conduisent à la lassitude.
Il est périlleux de mettre le bonheur dans quelque chose. Il faut rester vigilants face aux désirs qui peuvent rendre dépendant, face à leurs chaînes.
Le tout est de décerner à partir d’où il y aurait excès. Les désirs ne sont pas définis une fois pour toute, il faut en permanence raisonner pour pouvoir bien les choisir.
- Désirs naturels non nécessaires : il est préférable de ne pas en abuser car s’accroître vers l’excès = dépendance. Ils peuvent être aussi dénaturés.
- Désirs ni naturels ni nécessaires : ils naissent d’une opinion fausse, ce sont les désirs des insensés. La société de consommation rend malheureux : il provoque le malheur de certains désirs jamais comblés. Dans ce cas l’âme est en manque et peut être plongée dans un trouble. Aujourd'hui il n’y a plus de désirs naturels car on en veut toujours plus. Pourquoi quelqu’un qui a tout ce qu’il faut pour vivre, peut s’estimer malheureux ?
Car on lui a fait apparaître le superflu comme nécessaire.
Croire que l’on trouvera le bonheur en consommation est illusoire car le manque subsiste toujours.
On ranime toujours l’insatisfaction.
Selon Épicure, « le bonheur n’est pas dans l’avoir mais dans l’être. ».
Il y a certains désirs qu’il n’est pas raisonnable d’entretenir du point de vu du bonheur. Les Hommes désirants ne trouveront jamais le bonheur et la paix de l’âme.
Baudelaire : « A tous les désirs il faut appliquer la question suivante : que m’arrivera t’il si s’accomplit ce que cherche à obtenir mon désir, et que m’arrivera t’il si cela ne s’accomplit pas. »
Le bonheur a pour condition la paix de l’âme, un bonheur qui ne se trouve pas dans les désirs.
Le bonheur n’est pas dans l’avoir, mais dans l’Être. La société crée des désirs nouveaux, qui vont de pair avec le conformisme social.
Cette consommation est génératrice d’angoisses dangereuses.
Ne sommes nous pas malheureux parce que nous mettons notre bonheur là où il ne peut s’y trouver ?
Épicure oppose sérénité et paix totale (autarcie).
Il serait raisonnable de sélectionner nos désirs, de renoncer à certains, qui sont dérisoires et nous éloignent de notre vie.

Conclusion



Parce que nous sommes comme tout autre vivant soumis aux nécessités naturelles, il semble absurde de vouloir mettre un terme â tout désir, parce que certains d'entre eux sont relatifs à nos besoins et sont au fondement de notre vie. Nous ne pouvons être totalement autosuffisants. les désirs sont donc notre lot. Mais parce que nous sommes aussi des êtres doués de raison et d'imagination, nos désirs peuvent se porter vers une infinités d'objets: nous ne désirons pas seulement rnanger; nous désirons aussi être heureux et plaçons notre bonheur dans la possession de tel ou tel objet.. Dans la réalisation de tel ou tel souhait... En cela, le désir peut être à l'origine d'une aliénation, puisque nous faisons dépendre notre bonheur de conditions extérieures et en devenons dépendants; ce phénomène est celui de la passion. notre désir dans ce cas nous aveugle et peut nous rendre déraisonnables. Pourtant. ces désirs qui parfois nous aliènent. parfois aussi constituent la voie d'un épanouissement et nous donnent une raison d'être en donnant un sens à notre existence. Il faut donc considérer que tous les désirs ne se valent pas. Juger de la valeur des désirs, être capable de les discerner, n'est-ce pas la marque du véritable esprit critique? Dés lors, ce qui est déraisonnable, ce n'est pas d'écouter nos désirs mais de les condamner en bloc, de choisir la voie d`un ascétisme radical qui ne peul en finir avec les désirs qu'en niant la double valeur de l'existence humaine spirituelle et charnelle.

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