Platon, République : l'allégorie de la caverne

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Texte étudié :

Eh bien ! après celà, dis-je , représente-toi d'après une épreuve telle que celle-ci notre nature par rapport à l'éducation et au fait de ne pas être éduqué. Figure-toi donc des hommes comme dans une habitation souterraine ressemblant à une caverne, ayant l'entrée ouverte à la lumière sur toute la longueur de la caverne, dans laquelle ils sont depuis l'enfance, les jambes et le cou dans des chaînes pour qu'ils restent en place et voient seulement devant eux, incapables donc de tourner la tête du fait des chaînes ; et encore la lumière sur eux, venant d'en haut et de loin, d'un feu brûlant derrière eux ; et encore, entre le feu et les enchaînés, une route vers le haut, le long de laquelle figure-toi qu'est construit un mur, semblable aux palissades placées devant les hommes par les faiseurs de prodiges, par dessus lesquels ils font voir leurs prodiges.
[...]
Examine maintenant, repris-je, leur délivrance et leur guérison des chaînes et de la déraison : que serait-elle si naturellement il leur arrivait ce que voici ? Quand par hasard quelqu'un serait délivré et contraint subitement à se lever et aussi à tourner le cou et à marcher et à lever les yeux vers la lumière, tout ce que faisant, il éprouverait de la douleur et serait en outre incapable, du fait des scintillements de la lumière, d'examiner ce dont auparavant il voyait les ombres, que penses-tu qu'il dirait si quelqu'un lui disait qu'auparavant il voyait des balivernes alors que maintenant, un peu plus proche de ce qui est et tourné vers des choses qui, plus encore, sont, il voit plus droit, et si de plus, lui montrant chacune des choses qui passent, il le contraignait en le questionnant à discerner dans ses réponses ce que c'est ? Ne penses-tu pas qu'il serait dans l'embarras et qu'il croirait les choses vues auparavant plus vraies que celles maintenant montrées ?
Et même de beaucoup ! dit-il.
[...]
Et alors ces ombres, si de nouveau il lui fallait lutter jusqu'au bout, en se faisant des opinions sur elles, avec ceux qui ont toujours été enchaînés, au moment où il aurait la vue faible, avant que ses yeux ne fussent rétablis --et le temps ne serait pas court, tant s'en faut ! jusqu'à l'habitude--, ne prêterait-il pas à rire et ne dirait-on pas de lui qu'étant monté là-haut, il est revenu les yeux endommagés, et que ça ne vaut vraiment pas la peine d'essayer d'aller là-haut ? Et celui qui entreprendrait de les délivrer et de les faire monter, si tant est qu'ils puissent le tenir en leurs mains et le tuer, ne le tueraient-ils pas ?
A toute force ! dit-il.

Le traduction complète par Bernard Suzanne: http://plato-dialogues.org/fr/tetra_4/republic/caverne.htm

Platon, République - livre VII



Note du corrigé :
  • Note actuelle 4.00/5

Proposé par : mama29 (Elève)

 

Description :
J'ai eu 8/10. C'est un petit commentaire avec un lien avec Kant (Qu'est-ce que les Lumières ?)

 

Hypothèse



Des hommes habitent dans une caverne, ils n'ont pas bougé depuis qu'ils sont nés.
Ils sont assis, le dos tourné à la lumière et sont enchaînés, condamnés à ne voir que devant eux.
Derrière eux se dresse un mur. Des hommes cachés par ce mur brandissent diverses formes. Il y a un feu derrière ces figures, celle-ci projettent des ombres contre le mur au fond de la caverne. La seule chose que les prisonniers de la caverne puissent voir est ce "théâtre d'ombres"

On remarque trois étapes dans ce texte : tout d'abord la vie dans la caverne où l'âme est dans l'ignorance, ensuite la sortie de cette prison symbolise le passage vers la connaissance puis le retour à caverne évoque la volonté d'éduquer les ignorants.
L'allégorie de la caverne représente donc l'éducation de l'âme.

1) Dans la caverne

Les prisonniers sont victimes des illusions, des apparences car ils pensent naturellement que ces ombres sont la seule réalité au monde.
Ces hommes confondent la réalité et la vérité : ils sont dans l'ignorance. L'âme est alors impuissante car aliénée par les sentiments et les perceptions. Les hommes restent dans un monde illusoire.
Ils sont victimes de leurs illusions comme nous le sommes de nos opinions.

2) Sortie de la caverne

Si on détache un prisonnier et le force à découvrir la vérité. Dans un premier temps, il sera ébloui par une forte lumière et aussi par les formes, puisqu'il n'en avait vu que leurs ombres. En voyant le soleil, il comprendrait que c'est lui "qui produit les saisons et les années et gouverne tout le monde visible", de même que le feu dans la caverne permettait de voir les ombres. Cet ascension vers la lumière et le monde en dehors de la caverne symbolise la connaissance et la vérité.
Mais la libération est difficile et très douloureuse pour le prisonnier. Cet homme a tendance a vouloir retrouver ses repères car l'opinion est sécurisante. Il faut utiliser la force pour libérer le prisonnier de la simplicité de l'opinion. L'âme contrainte par un éducateur doit se délivrer de ses erreurs. Elle reste tout d'abord hébétée et stupéfaite, ne sait plus reconnaître le vrai du faux. On peut dire que l'éducation philosophique est négative et critique dans les premiers temps. Le principal, c'est que l'homme ne se repose pas sur de fausses certitudes.
Cette connaissance nécessite une longue éducation car on ne peut par être "plongé" brutalement dans la vérité. Il faut s'armer de patience pour s'élever vers le principe des choses et de son intelligence ( c'est-à-dire l'idée du bien)

3) Retour à la caverne

Et si le prisonnier maintenant devenu philosophe reprend sa place. Il essai de convaincre les autres habitants de la caverne que les ombres sur le mur viennent des reflets de formes réelles. Malheureusement personne ne le croit. Et ils finissent par le tuer. Le philosophe est souvent rejeté de la cité comme l'homme qui retourne dans la pour convertir les ignorants au profit de la vérité.
Platon pense à Socrate que les habitants d'Athènes mirent à mort parce qu'ils dérangeaint leurs représentations habituelles et il leur montrait le chemin d'une vision intérieure.

Conclusion

Pour résumer, la caverne et ses prisonniers représente le monde visible alors que la montée dans le monde extérieure symbolise la montée de l'âme dans le monde intelligible.
L'homme ne doit pas s'enfermer dans ses opinions mais plutôt être patient pour progresser vers la vérité.
La maladie des prisonniers est l'ignorance.
Pour sortir de la caverne, il faut utiliser la raison. Mais cette progression se fera qu'en remettant en cause toutes les opinions, les certitudes fausses, tout ce que nous croyons juste et mis à rude épreuve par l'examen critique.
C'est grâce à cete force, cette volonté que la lumière sera faite et la vérité mise à nu.

Comparaison entre Kant et Platon



On retrouve dans les deus textes, le thème de l'éducation de l'âme.
Chez kant : le mineur/ le tuteur
Chez Platon : prisonniers/ porteurs
Mais certains hommes sortant de ces cycles : les philosophes.
Ils essayent d'apprendre et de comprendre et non pas de s'enfermer dans des opinions préconçues. Kant et Platon définissent le philosophe.
Kant : le philosophe des Lumières tandis que Platon celui de l'Antiquité.
Kant et Platon utilisent la méthose métaphorique : ils ne nomment jamais le prisonnier sorti de la caverne comme un philosophe.