Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier - Incipit

Texte étudié :

Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l’amour ne laissait pas de trouver sa place parmi tant de désordres, et d’en causer beaucoup dans son empire. La fille unique du marquis de Mézière, héritière très-considérable, et par ses grands biens, et par l’illustre maison d’Anjou, dont elle était descendue, était promise au duc du Maine, cadet du duc de Guise, que l’on a depuis appelé le Balafré. L’extrême jeunesse de cette grande héritière retardait son mariage, et cependant le duc de Guise, qui la voyait souvent, et qui voyait en elle les commencements d’une grande beauté, en devint amoureux, et en fut aimé. Ils cachèrent leur amour avec beaucoup de soin. Le duc de Guise, qui n’avait pas encore autant d’ambition qu’il en a eu depuis, souhaitait ardemment de l’épouser ; mais la crainte du cardinal de Lorraine, qui lui tenait lieu de père, l’empêchait de se déclarer. Les choses étaient en cet état, lorsque la maison de Bourbon, qui ne pouvait voir qu’avec envie l’élévation de celle de Guise, s’apercevant de l’avantage qu’elle recevrait de ce mariage, se résolut de le lui ôter et d’en profiter elle-même, en faisant épouser cette héritière au jeune prince de Montpensier. On travailla à l’exécution de ce dessein avec tant de succès, que les parents de mademoiselle de Mézière, contre les promesses qu’ils avaient faites au cardinal de Lorraine, se résolurent de la donner en mariage à ce jeune prince. Toute la maison de Guise fut extrêmement surprise de ce procédé ; mais le duc en fut accablé de douleur, et l’intérêt de son amour lui fit recevoir ce manquement de parole comme un affront insupportable. Son ressentiment éclata bientôt, malgré les réprimandes du cardinal de Lorraine et du duc d’Aumale, ses oncles, qui ne voulaient pas s’opiniâtrer à une chose qu’ils voyaient ne pouvoir empêcher ; et il s’emporta avec tant de violence, en présence même du jeune prince de Montpensier, qu’il en naquit entre eux une haine qui ne finit qu’avec leur vie. Mademoiselle de Mézière, tourmentée par ses parents d’épouser ce prince, voyant d’ailleurs qu’elle ne pouvait épouser le duc de Guise, et connaissant par sa vertu qu’il était dangereux d’avoir pour beau-frère un homme qu’elle eût souhaité pour mari, se résolut enfin de suivre le sentiment de ses proches et conjura M. de Guise de ne plus apporter d’obstacle à son mariage. Elle épousa donc le prince de Montpensier[...].

Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier - Incipit


Note du commentaire :
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Proposé par : damianel (Elève)

 

Description :
Commentaire entièrement rédigé en deux parties :
I. Un personnage extraordinaire malgré la guerre civile
II. Comment un mariage à l’origine simple se complique

 

Introduction



Madame de La Fayette, auteur importante du XVIIème, publia La Princesse de Montpensier en 1662. Son œuvre, un roman du classicisme, rapportant les intrigues amoureuses et politiques durant les guerres de religions, pendant le règne de Charles IX, soit un siècle avant la vie de l’auteur et la parution de ce roman. Le texte est l’incipit du roman, il conte les débuts d’un amour mal partie, entre deux personnes qui ne souhaitait pas s’épouser, Marie de Mézières et le Prince de Montpensier. Les guerres de religions frappant le pays n’arrange en rien, ainsi que la grande beauté de la Princesse de Montpensier, anciennement Mlle de Mézières, qui lui valut plusieurs prétendants activant la colère de son mari. Comment Madame de La Fayette fait-elle ressentir les émotions aux lecteurs dans se passage ? Nous verrons en premier en quoi la princesse de Montpensier reste un personnage extraordinaire malgré la guerre civile, puis en second comment un mariage à l’origine simple se complique.

I. Un personnage extraordinaire malgré la guerre civile



Dans le milieu social de la noblesse, vit une jeune femme hors du communs, elle possède toute les qualités requises pour une personne de ce rang sociale, malgré les guerres de religions : Mlle Marie de Mézières.

Elle se distingue par sa beauté, l’excellence de ses qualités physiques comme le démontre le vocabulaire valorisant, elle est d’une « grande beauté », en plus d’être belle, elle est jeune, l’hyperbole « dans une extrême jeunesse » le confirme. Sa jeunesse témoigne de sa fragilité, son inexpérience. Elle est aimé et rend cette amour réciproque avec le Duc de Guise, frère du Duc du Maine accordé à la princesse, le champ lexical de l’amour le précise, il « en devint amoureux et en fut aimé », c’est un « amour » secret qu’ils cachèrent. Mlle de Mézières est comme une héroïne de conte de fées, c’est un personnage idéalisé, mais l’action se déroule dans le monde dangereux de la Cour.

En plus de sa beauté et de sa jeunesse Marie de Mézières, est un personnage hors du commun par ses origines, étant la « fille unique du marquis de Mézières », elle est « une héritière très considérable », elle possède de « grands biens », cela nous rappelle que c’est bien l’héroïne éponyme de se roman. Mais aussi par ses origines sociales, elle fait partie de « l’illustre maison d’Anjou dont elle était descendue », elle est d’une grande famille renommé, et riche.

Le portrait de Mlle de Mézières est élogieux, seule les choses la valorisant sont énoncé, c’est un portrait hyperbolique qui est dressé.
Marie de Mézières vit en plein milieu des guerres de religions qui frappe la France, le champ lexical de la guerre et de la destruction est employé, « déchirait », « tant de désordre », « était menacé », prendre les armes », se vocabulaire dépréciatif de la guerre démontre l’acharnement des huguenots qui sont protestant contre les catholiques.

Malgré les guerres, Marie de Mézières est le sujet d’un mariage controversé, belle, jeune, riche et de bonne famille, plusieurs maisons souhaiteraient ardemment la voir épouser un des fils.

II. Comment un mariage à l’origine simple se complique



Tout allait bien, lorsque la maison de Bourbon souhaita faire épouser leur fils, le prince de Montpensier, à Mlle de Mézières. Le marquis de Mézières, d’accord avec la proposition de cette maison, fit tout son possible. C’est alors que l’«on travailla à l’exécution de ce dessein avec tant de succès », et sous la contrainte, le marquis et sa femme « se résolurent de la donner en mariage à ce jeune prince ». Le mariage souhaitait n’était pas seulement un choix banal, la maison de Bourbon a des motivations, les obstacles ont pour origines la jalousie envers les Guises, la manipulation et le désir de domination d’un puissant sur les autres, c’est alors là des champs lexicaux des intrigues, du complot et des négociations qui est employé «la maison de Bourbons, qui ne pouvait voir qu’avec envie l’élévation de celle de Guise », la famille du prince « s’apercevant de l’avantage qu’elle recevrait de ce mariage, se résolut de le lui ôter et d’en profiter ».

C’est alors là, une souffrance intenable pour le Duc de Guise, sa réaction est spontanée. C’est d’abord le champ lexical de l’étonnement qui est mis en place, la maison de Guise est « extrêmement surprise » de ce procédé. C’est ensuite les champs lexicaux des sentiments, de la passion, et de la douleur qui sont utilisés, il est « accablé de douleur », c’est un « affront insupportable », c’est deux citations sont des hyperboles montrant le degré de douleur touchant le Duc, « son ressentiment éclata ». Mais ces champs lexicaux laissent place à celui de la colère d’une maison mais aussi celle d’un homme extrêmement déçu de ces changements, « les réprimandes […] [de] ses oncles, qui ne voulaient pas s’opiniâtrer à une chose qu’ils voyaient ne pouvoir empêcher », « il s’emporta avec tant de violence », le duc est violent, énerver de cette décision, il éprouve « une haine » envers les jeune prince de Montpensier, cette dernière « ne finit qu’avec leur vie ».

Maintenant on aperçoit une jeune fille « tourmentée », elle se voit retirer d’une personne pour être accordé à une personne dont elle ignore tout. C’est le champs lexical de la compréhension, et de la négociation qui sont mis en œuvre ici pour montrer les choix de la Mlle de Mézières qui « ne pouvait épouser le duc de Guise » et « connaissant par sa vertu qu’il était dangereux d’avoir pour beau-frère [le Duc de Guise] qu’elle eût souhaité pour mari », elle décida donc se soumettre au choix qui lui étaient imposés, elle accepte malgré les sentiments ce mariage arrangé par obéissance pour suivre les voix de la raison, c’est donc le champs lexical du la soumission, de la résolution et de l’accord qui est placé ici, elle « se résolut […] et conjura M. de Guise de ne plus apporter d’obstacle à son mariage », « elle épousa donc le prince de Montpensier ».

Dans cette deuxième partie, on aperçoit comment à cette époque un mariage peut interférer dans des familles, c’est alors là un exemple des mariages arrangés pour l’argent et les terres sans penser aux familles et l’amour.

Conclusion



Madame de La Fayette veut montrer la réalité de ce qui se passe dans les grandes familles, même si elle vit à cette époque et qu’elle la vécu, ce passage démontre bien comment une jeune fille qui possède toutes les qualités tant physique que moral et social est le centre de conflits entre dynasties. On ne pense plus à l’amour et la passion mais seulement aux terres et l’argent que l’on peut en gagner par ces mariages arrangés. La Fayette utilise beaucoup de vocabulaire permettant le regroupement en champs lexicaux mais aussi en employant des mots et expressions forts. Ces procédés permettent le ressentiment d’émotions fortes faisant réfléchir sur les actes des Hommes nous ayant précédés.