La Fontaine, Les Fables - Le Héron

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La Fontaine, Les Fables - Le Héron

Message par admin » lun. 9 mars 2015 18:44

Forum d'aide pour le commentaire du texte : La Fontaine, Les Fables - Le Héron
Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,
Le héron au long bec emmanché d'un long cou:
Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours;
Ma commère la carpe y faisait mille tours,
Avec le brochet son compère.
Le héron en eût fait aisément son profit:
Tous approchaient du bord, l'oiseau n'avait qu'à prendre.
Mais il crut mieux faire d'attendre
Qu'il eût un peu plus d'appétit:
Il vivait de régime et mangeait à ses heures.
Après quelques moments, l'appétit vint: l'oiseau,
S'approchant du bord, vit sur l'eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas; il s'attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux,
Comme le rat du bon Horace.
«Moi, des tanches! dit-il; moi, héron, que je fasse
Une si pauvre chère? Et pour qui me prend-on?»
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
«Du goujon! c'est bien là le dîner d'un héron!
J'ouvrirais pour si peu le bec! aux dieux ne plaise!»
Il l'ouvrit pour bien moins: tout alla de façon
Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit: il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles:
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner,
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris. Ce n'est pas aux hérons
Que je parle; écoutez, humains, un autre conte:
Vous verrez que chez vous j'ai puisé ces leçons.

La Fontaine, Les Fables - Le Héron
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zetud
Elève
Messages : 21
Enregistré le : mer. 20 sept. 2017 11:49

Re: La Fontaine, Les Fables - Le Héron

Message par zetud » ven. 22 sept. 2017 10:04

Fiche proposant deux plans possibles et analysant la construction narrative de la fable.

2 plans proposés pour l’oral :

I- Le personnage du héron
a- aspect animal
b- aspect humain

II- L'art du récit
rapide, jeu d'enchaînements, parallélismes, connivence avec le lecteur, créer quelque chose d'agréable


I- Un personnage difficile
a- La délicatesse
b- Ses refus

II- La moquerie à l'égard de cet animal
a- le héron moqué
b- la complicité avec le lecteur


Construction narrative

Intro : apologue = histoire avec personnages fictifs avec morale, texte à valeur argumentative. Genre utile -> possède une morale malgré une apparence enfantine. Alexandrins et octosyllabes -> joue sur le rythme des rimes non régulières.

Situation initiale : vers 1 à 6. "Un jour" : mise en place d'une histoire intemporelle. Présentation du personnage principal tout en longueur -> mise en valeur de sa finesse physique avec le rythme ternaire "longs pieds", "long bec", "long cou". Il est surélevé donc peut-être hautain. Majuscule = personnification ≠ "emmanché" présenté comme emboîté donc objet. Présence du "je" -> crée une connivence avec le lecteur à l'égard du héron vers 3, 4, 5 -> imparfait de narration comme dans les contes. "Ma commère" vers 5 personnifiée, elle est familière, une amie, de même que le brochet -> connivence. Chiasme qui permet de relier les deux poissons.

Élément perturbateur : vers 9, le "mais" adversatif qui marque une coupure. Vers 7, mise en place de l'irréel du passé avec le verbe "faire" au subjonctif passé -> le héron ne le mangera pas. L'erreur se met en place avec "croire" au vers 9 -> le doute. Vers 11, le héron est présenté comme difficile, coquet, méticuleux, "il vivait de régime". Donc deux aspects : un animal et un humain. À mi-chemin entre les deux car "Héron" ≠ "oiseau".

Péripéties : connecteur temporel "après quelques moments" vers 12 -> on avance dans l'aventure. Arrivée de nouveaux personnages. Rapetissement de la proie -> les poissons sont de plus en plus petits. Les tanches sont également personnifiées, "l'oiseau" est mis en valeur car à la fin du vers, présenté comme appartenant au monde animal, mais évolue car au vers 15, "mets" est utilisé pour l'homme, comme "ne lui plut pas". Vers 18, début du dialogue -> monologue intérieur qui rend plus vivant et enlève l'ennui du récit. Rythme ternaire qui permet au héron de s'épancher sur son malheur. Passage d'une péripétie à une autre au vers 20. Esthétique de la brièveté avec le discours direct, exclamations et ironie vers 21. Aspect humain avec "dîner" Référence à la religion polythéiste, écriture aux Anciens vers 22 "aux Dieux ne plaise".

Situation finale : vers 23 enchaînement formel : reprend la même tournure pour dire autre chose. Jeu d'échos entre "pour si peu" et "pour bien moins" -> mise en valeur de la situation ridicule dans laquelle se trouve le héron. Lien de cause à conséquence avec la ponctuation ":" vers 23 -> idée de brièveté à nouveau. La chute tombe sur le "limaçon" vers 26. Donc antithèse entre la situation initiale où le héron est grand et là où le limaçon est tout petit. Retournement de situation qui rend le héron ridicule, il est décrédibilisé -> chute du héron et de l'histoire. Vers 25 parallélisme avec "tout" qui est repris et qui appuie le ridicule du retournement de situation. "Goujon", "héron", "poisson", "limaçon" -> dégradation du monde animal.

Morale : vers 29 antithèse entre "perdre" et "gagner". "On" englobe les lecteurs et le fabuliste -> il ne se met pas à l'écart. Vers 30 "vous" : le fabuliste se met en retrait. Il va donner un conseil et met en garde les lecteurs par un exemple. Impression qu'il nous annonce une histoire vraie ensuite. Fait ressortir le côté animal des humain, ça les rabaisse.

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